Le Sommet des deux rives, un dialogue entre pays de la Méditerranée sans chefs d’Etat


Le 23 juin 2019

La rencontre, qui se déroule à Marseille dimanche et lundi, ne sera pas la grande relance politique du dialogue des pays de la Méditerranée, voulue par Emmanuel Macron.

C’est au Palais du Pharo à Marseille que se déroulera le Sommet des deux Rives ce lundi. (Photo by ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP) ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

La Méditerranée est une mer dangereuse. Politiquement aussi. Pas sûr qu’Emmanuel Macron, qui veut « renouer le fil d’une politique méditerranéenne », y parvienne avec son Sommet des deux rives qui s’ouvre ce dimanche 23 juin dans la soirée à Marseille pour se refermer dès lundi midi. Initialement prévue pour permettre un dialogue des chefs d’Etat, cette réunion se fera entre ministres.

Le président français avait pourtant bien monté son plan. Il allait porter le coup de grâce à l’Union pour la Méditerranée (UpM) de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, qui vivote depuis 2008, en lançant une initiative politique resserrée à la Méditerranée occidentale. Pendant un an, des initiatives allaient s’élaborer et il allaitréunir triomphalement les chefs d’Etat des dix pays concernés. Son choix d’un dialogue de format 5 + 5 (cinq pays de la rive nord : Espagne, France, Italie, Malte et Portugal et autant de la rive sud : Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) lui permettrait à coup sûr de réussir ce que M. Sarkozy avait raté à cause du périmètre trop large des 43 pays de l’UpM. L’histoire en a toutefois décidé autrement.

Emmanuel Macron a bien fait l’annonce à Tunis dès février 2018 de ce rendez-vous pour relancer un dialogue au point mort depuis dix ans, et pas manqué de le rappeler dans son discours aux ambassadeurs d’août 2018. Son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a encore insisté à Malte en janvier dernier, lors d’un des rendez-vous d’étape, soulignant alors être là dans un « processus visant à réunir, à l’invitation du président de la République, le 24 juin prochain à Marseille, des représentants des sociétés civiles et les chefs d’Etat et de gouvernement de Méditerranée occidentale pour le Sommet des deux rives, Forum de la Méditerranée” ».

Le seul chef d’Etat présent sera Emmanuel Macron

Puis, l’Elysée s’est rendu à l’évidence que monter ce sommet sans avoir un invité crédible en provenance d’Algérie posait problème. Or, qui inviter dans l’état actuel du pays ? Comme Paris se refusait à reculer la date de l’événement, la mention de « chefs d’Etat », voire de « chefs de gouvernement », a simplement été effacée du site des affaires étrangères comme elle semble avoir disparu des mémoires dans l’entourage d’Emmanuel Macron.

Même l’ambassadeur Pierre Duquesne, en charge du projet et qui l’évoquait encore le 22 mai, paraît frappé d’amnésie et habille désormais le fiasco institutionnel du rendez-vous de Marseille en « grand rendez-vous de la société civile ». On penserait presque avoir rêvé si Patricia Ricard, présidente de l’institut océanographique Paul Ricard, chef de file de la délégation des représentants de la société civile française, ne reconnaissait, elle, que le Sommet devait bien réunir des chefs d’Etat qui auraient dû répondre depuis Marseille à l’appel lancé à Tunis par les cent représentants de la société civile (dix par pays) pour une relance du dialogue méditerranéen.

Le seul chef d’Etat présent sera M. Macron qui fait un aller-retour lundi. Le Sommet réunira des ministres des affaires étrangères, voire des secrétaires d’Etat, et la grande relance de la politique des pays de la Méditerranée se réduira pour l’heure à la validation d’une quinzaine de projets nord-sud.

« On a compris que le choix des projets avait été fait sans nous »

Si, pour Patricia Ricard, ce processus reste « une réussite » et si elle se félicite que la France ait « inventé un formidable modèle » en mettant la société civile en avant, ce bilan ne fait pas l’unanimité. Les dix délégations, une par pays, se sont rencontrées dans cinq villes des rives nord et sud pour faire émerger des projets communs à plusieurs pays et lancer à Tunis leur « appel des 100 » les 11 et 12 juin.

« En arrivant à Tunis, la réunion finale, on a compris que le choix des projets avait été fait sans nous. Alors comme les délégations commençaient à s’énerver, on nous a réunis une demi-journée en ressortant des projets qu’on savait déjà éliminés pour les rediscuter. Ensuite, on a pu poser des questions, ce qui a calmé un peu la tension », raconte une membre de la délégation française qui souhaite garder l’anonymat.

Cette opacité du processus a laissé libre court à des guéguerres entre délégations, certains faisant même remonter que le Maroc aurait pris la main et proposé à lui seul plus d’un tiers des projets… En face, la délégation algérienne pâtit d’avoir été désignée avant le 22 février et la fin du règne de Bouteflika. Ce qui lui vaut d’être qualifiée d’« apparatchiks » pour les uns, de « représentants Sonatrach » pour d’autres (du nom de l’entreprise publique d’hydrocarbures).

La délégation libyenne, elle, souffre d’un autre mal : elle s’est vu refuser les visas pour participer aux rendez-vous d’étape. Une telle absence aurait pu permettre de discuter de la question de la circulation autour de cette mer commune, si le sujet avait été dans la liste…

« Ce qui devait être un aboutissement devient un départ »

Cinq thèmes (énergies ; jeunesse-éducation-mobilité ; économie-compétitivité ; culture-medias-tourisme ; environnement-développement durable) donnent, en effet, un cadre au débat et tous les projets doivent s’y intégrer. Même si certains estiment qu’en 2019 la Méditerranée présente d’autres facettes. Ainsi, le chef de l’Etat qui avait souhaité associer des intellectuels à ce débat a dû se passer de Benjamin Stora, président du Musée de l’histoire de l’immigration et farouche partisan d’un dialogue nord-sud, qui l’avait même interpellé sur ce point durant la grande nuit des intellectuels du 18 mars. L’historien a claqué la porte au forum préparatoire de Montpellier, estimant que « parler de la Méditerranée sans évoquer les migrations est une aberration ».

En dépit de ces aléas, 272 projets sont finalement arrivés entre les mains des « cent », une centaine étant retenus et retravaillés pour avoir un peu d’ampleur et couvrir à la fois des pays du nord et du sud. Pour Karim Amellal, un des membres de la délégation française « un bout de chemin a été fait qu’il faut prolonger encore dans les temps à venir ». Constat que partage Benjamin Stora pour qui « ce qui devait être un aboutissement politique devient un départ ».

Un secrétariat devrait d’ailleurs se mettre en place pour suivre ces projets et certains veulent croire que les prochains rendez-vous bénéficieront d’un portage politique plus marqué. En attendant, le Sommet de Marseille n’aura pas été vraiment différent de ce que fait l’UpM depuis 2008 : labelliser des projets et les mettre en lien avec des financeurs. Sous Nicolas Sarkozy hier, sous Emmanuel Macron aujourd’hui, il manque donc la véritable impulsion politique, qui toujours se heurte au terrain quand il s’agit de politique méditerranéenne.

Source: Le Monde – le 23 juin 2019

L’OMS déclare qu’Ebola représente une “urgence internationale” alors que le virus traverse les frontières


En avril, nous avons souligné qu’au cours des mois précédents, de nombreux experts du secteur de la santé publique avaient affirmé que l’épidémie mortelle du virus Ebola qui ravage le Congo ne deviendra pas une menace sanitaire internationale, malgré des événements récents dont le pronostic est nettement moins favorable. Nous avons également averti que malgré le fait que les Occidentaux pensent souvent qu’Ebola est une maladie qui ne frappe que les “superstitieux locaux” dans les jungles les plus profondes de la République démocratique du Congo, il y a maintenant des signes avant-coureurs et il est temps de commencer à y prêter attention.

Selon Reuters, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se prépare maintenant à déclarer une “urgence internationale” face à la récente épidémie d’Ebola qui se propage rapidement en Afrique centrale.

La maladie mortelle, qui peut ne prendre que quelques jours pour tuer une personne infectée, a maintenant franchi la frontière de la République démocratique du Congo, où l’épidémie la plus récente a été attestée, en Ouganda.

Le nombre total de cas confirmés est rapporté comme suit :

L’épidémie du Congo est la deuxième plus grave au monde depuis l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014-16, avec 2 084 cas et 1 405 décès depuis sa déclaration en août. L’OMS a déclaré jeudi que deux personnes étaient mortes en Ouganda en arrivant du Congo avec la maladie.

Malgré l’espoir que le virus puisse être contenu en Ouganda, étant donné qu’il n’y a eu jusqu’à présent aucun cas connu de sa propagation d’homme à homme en Ouganda, les responsables sanitaires pressent toujours l’OMS d’aller de l’avant rapidement en déclarant une urgence internationale.

Le Comité d’urgence (CE) de l’OMS s’est réuni vendredi pour évaluer si l’épidémie constitue une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC) dans un contexte de pressions croissantes pour que la déclaration soit faite immédiatement.

Reuters fait état de l’épidémie :

L’OMS, dans une déclaration faite du jour au lendemain, a déclaré qu’étant donné que les trois cas confirmés en Ouganda appartiennent à une seule famille, le niveau de préparation et l’expérience des autorités ougandaises pour gérer les précédentes éclosions d’Ebola et leur détection rapide des cas dans une zone géographique limitée, “le niveau global du risque au niveau national est jugé modéré”.

“Cependant, le risque régional global posé par l’épidémie en RDC reste très élevé. Le risque global au niveau international reste faible”, a-t-il déclaré.

Jeremy Farrar, directeur de l’organisation caritative médicale mondiale Wellcome Trust, a déclaré que l’OMS devrait déclarer une urgence de santé publique d’intérêt international.

Une telle déclaration, en plus de mobiliser davantage l’aide internationale et les mesures de santé publique, se traduirait par une plus grande attention aux voyages et aux points d’entrée internationaux cruciaux.

Source: Zero Hedge

Traduction Nouvelordremondial.cc

Mali: Une centaine de morts dans un village dogon ravagé


Le centre du Mali est en proie depuis plusieurs mois à des atrocités entre communauté opposées.

Illustration de la région du Sahel, au nord du Mali. — PETIT TESSON-POOL/SIPA

Une centaine de morts, des maisons incendiées, des animaux abattus : un village dogon a été « quasiment rasé » dans le centre du Mali, en proie à un cycle d’atrocités entre communautés de plus en plus antagonistes, lors d’une attaque dans la nuit de dimanche à lundi.

Une violente opposition entre ethnies

« C’est un choc, une tragédie », a confié à l’AFP le chef de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, dans les couloirs des Nations unies à New York, alors que se répandaient les informations sur cette nouvelle tuerie.

Elle fait suite au massacre le 23 mars de quelque 160 Peuls par de présumés chasseurs dogons dans cette région, proche de la frontière avec le Burkina Faso, devenue la plus violente du pays. Depuis l’apparition en 2015 dans le centre du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs « groupes d’autodéfense ».

95 morts et 19 disparus

« Des hommes armés, soupçonnés d’être des terroristes, ont lancé un assaut meurtrier contre le paisible village de Sobame Da », également connu sous le nom de Sobane-Kou, sur la commune de Sangha, dans la région de Mopti, a indiqué le gouvernement. Le bilan provisoire « fait état de 95 morts et de 19 portés disparus, plusieurs animaux abattus et des maisons incendiées », précise le gouvernement, qui parle d’un « large ratissage pour traquer les auteurs » de ce « carnage ».

« C’est un village dogon qui a été quasiment rasé », a confié une source de sécurité malienne sur place. Les assaillants étaient venus pour « tirer, piller et brûler », a estimé un élu local, en évoquant des « corps calcinés ».

Selon un rescapé, Amadou Togo, les assaillants étaient « une cinquantaine d’hommes lourdement armés, venus à bord de motos et de pick-up ». « Ils ont d’abord encerclé le hameau avant de lancer l’assaut, tous ceux qui ont voulu fuir ont été abattus », a-t-il raconté à l’AFP.

« Certains ont été égorgés et éventrés, des greniers et du bétail ont été brûlés. Personne n’a été épargné : femmes, enfants et vieilles personnes », a souligné Amadou Togo.

« Déclaration de guerre »

L’association de chasseurs dogons Dan Nan Ambassagou, dont le gouvernement avait annoncé la dissolution le 24 mars, au lendemain du massacre d’Ogossagou, a condamné un « acte terroriste et génocidaire intolérable ». Dans un communiqué, le mouvement « considère cette attaque comme une déclaration de guerre et en prend acte ».

Le groupe, qui avait démenti en mars toute implication dans la tuerie d’Ogossagou mais rejeté sa dissolution et refusé de « déposer les armes », réitère « sa disponibilité » aux populations pour « assurer davantage leur sécurité » face aux carences de l’Etat et de la communauté internationale.

Risque de nouvelles « atrocités »

Dans son dernier rapport sur le Mali, daté du 31 mai, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait mis en garde contre de nouvelles « atrocités » dans le centre du Mali. Afin de les prévenir, il avait appelé le gouvernement malien à « s’attaquer aux mouvements extrémistes, aux tensions intercommunautaires, à la prolifération des armes légères et de petit calibre et à l’acquisition d’armes par des groupes d’autodéfense fondés sur l’appartenance ethnique ».

La Mission de l’ONU (Minusma) a annoncé le 16 mai avoir recensé « au moins 488 morts » depuis janvier 2018 dans des attaques de « chasseurs traditionnels contre des membres civils de la population peule » dans les régions de Mopti et Ségou (centre). Dans le même temps, les groupes armés peuls ont « causé 63 morts » parmi les civils de la région de Mopti, selon la Minusma.

Réunion prévue mercredi

Une réunion sur les pays contributeurs de troupes à la Minusma est prévue mercredi aux Nations unies, dont le Conseil de sécurité doit se prononcer le 27 juin sur le mandat de cette mission. Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, malgré la signature en 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes, dont l’application accumule les retards. Depuis 2015, ces violences se sont propagées du Nord vers le centre, voire parfois le Sud. Elles se mêlent très souvent à des conflits intercommunautaires, un phénomène que connaissent également le Burkina Faso et le Niger voisins.

Source: 20 Minutes

Crise humanitaire au Cameroun: selon l’Onu, la situation est «urgente», Yaoundé relativise


Au cours de la réunion informelle du Conseil de sécurité de l’Onu tenue le 13 mai au sujet de la crise séparatiste au Cameroun, le représentant de l’organisation à souligner l’«urgence» d’accroître l’aide humanitaire dans le pays et à la financer. Au moment où tous les signaux sont au rouge, Yaoundé continue de relativiser sur la situation.

«Un Camerounais sur six a besoin d’aide humanitaire, de protection»,soit près de 4,3 millions de personnes, notamment des enfants et des femmes, a déclaré lundi 13 mai le secrétaire général adjoint de l’Onu pour les affaires humanitaires Mark Lowcock. «Huit régions sur les 10 du pays sont touchées par la crise humanitaire»a-t-il ajouté lors d’une réunion informelle inédite du Conseil de sécurité sur le Cameroun, qui traverse une violente crise séparatiste dans sa partie anglophone depuis deux ans.

Pour le secrétaire général adjoint de l’Onu, au Cameroun, «il y a urgence» à accroître l’aide humanitaire et à la financer, a-t-il laissé entendre lors de sa déclaration. Une détérioration de la situation qui a longtemps été signalée par les organisations de défense des droits de l’Homme et des observateurs comme Joseph Lea Ngoula, expert des questions sécuritaires.

«La situation sécuritaire et humanitaire au Cameroun est des plus alarmante. Les besoins humanitaires nés du conflit anglophone sont les plus sous-financés du continent, seulement 13% des fonds requis ont été levés pour le moment. Nous avons paradoxalement affaire à la crise humanitaire la plus dynamique en Afrique. Entre 2018 et 2019, le nombre de Camerounais ayant besoin d’une aide humanitaire a évolué de 31%. L’immobilisme des Nations unies ne pouvait être interprété que comme de l’indifférence devant une tragédie. Une perception qui devait davantage écorner l’image de l’Onu», explique l’analyste au micro de Sputnik.

Une session informelle, organisée à l’initiative des États-Unis, en dépit de l’opposition de Yaoundé et des membres africains du Conseil, qui craignent une ingérence dans les affaires internes du Cameroun.

«La diplomatie africaine est restée fidèle au paradigme de la réappropriation africaine de ses affaires internes. C’est-à-dire laisser aux Africains le soin de trouver en toute autonomie des solutions africaines aux problèmes africains. Elle a jugé que cette crise n’avait pas un impact à l’échelle régionale et donc qu’il revient à l’État du Cameroun de décider si oui ou non il a besoin d’une aide venue des acteurs extérieurs», constate pour Sputnik Joseph Lea Ngoula.

Au cours de la réunion, Anatolio Ndong Mba, ambassadeur de Guinée équatoriale, membre non permanent du Conseil de sécurité, a justement défendu la posture africaine estimant que la situation humanitaire au Cameroun «n’est pas une menace pour la paix et la sécurité internationale» et qu’«elle doit être gérée par le gouvernement camerounais». Il s’exprimait aussi au nom des deux autres pays africains de cette instance, l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire.

«Ce sont les Africains qui doivent régler les problèmes africains», a-t-il ajouté, en évoquant plusieurs organisations régionales africaines. «Pour autant que les autorités camerounaises le souhaitent», a-t-il précisé.

Cependant, sur le terrain, la situation n’est guère reluisante. Selon un récent rapport de l’International Crisis Group, en 20 mois, le conflit séparatiste dans les régions anglophones du Cameroun a fait 1.850 morts. Selon l’Onu, le Nigeria accueille 35.000 réfugiés, pour la plupart des femmes et des enfants. Aujourd’hui, «500.000 personnes sont des déplacés internes, la plupart restant cachées dans des forêts» et «plus de 600.000 enfants sont privés d’éducation» dans les régions anglophones du nord et du sud concernées, a précisé Mark Lowcock comme pour montrer l’ampleur de la crise.

«Nous avons besoin d’une riposte plus globale», notamment de financement international. Les besoins sont de 300 millions de dollars mais seulement 38 millions ont été mis à disposition», a indiqué le responsable de l’Onu.

S’exprimant à son tour, l’ambassadeur du Cameroun aux Nations unies a estimé que cette réunion «ne rencontre pas l’adhésion du Cameroun» et qu’elle est «susceptible d’être malicieusement exploitée par des esprits malveillants». Le représentant du Cameroun a de ce fait déroulé les efforts entrepris par le gouvernement de Yaoundé pour résoudre la crise anglophone remettant constamment en question la nécessité de la tenue de cette assise.

Dans la même journée du 13 mai, le ministère camerounais des Relations extérieures a également tenté de relativiser l’importance de la réunion de l’Onu, précisant qu’il ne s’agissait que d’un «échange de vues» n’engageant «en rien» le Conseil de sécurité. Le communiqué salue par ailleurs «l’intérêt que de nombreux pays portent à la situation humanitaire au Cameroun», tout en critiquant «l’obsession de certains pays et autres acteurs à agiter et exagérer le spectre d’une crise humanitaire dans le vain espoir de susciter une intervention dite humanitaire».

Une position que tente d’expliquer notre expert des questions sécuritaires.

«Yaoundé s’y est opposé depuis le début, anticipant sans doute sur l’écho qu’une telle réunion pouvait avoir au sein de l’opinion. Les opposants au régime ont vite fait de présenter cette réunion comme le signe d’une défiance internationale contre le pouvoir de [Paul, ndlr] Biya, une manœuvre diplomatique devant aboutir in fine à un durcissement de sanctions vis-à-vis du pouvoir central. Le Cameroun craint aussi que l’inquiétude sur la situation humanitaire puisse servir de prétexte à une ingérence politique. La sortie du ministre des Affaires étrangères visait donc à banaliser la portée d’une telle réunion», croit-il savoir.

Cette réunion du Conseil de sécurité fut-elle informelle, est un événement, puisque hormis dans les rapports formels du bureau onusien pour l’Afrique centrale, la crise que traverse le pays n’avait encore jamais été abordée.

«Cette discussion a eu deux grandes vertus. Tout d’abord, elle a permis de sensibiliser les acteurs internationaux sur le drame humanitaire qui se vit au Cameroun et donc elle pourra aboutir à l’accroissement de l’aide humanitaire. Ensuite, elle a permis de révéler les positions des acteurs de la scène internationale sur le Cameroun. Donc, elle va sans doute permettre à la diplomatie américaine qui s’est montrée très offensive sur cette question de savoir qu’elle sera l’enceinte idéale pour discuter d’un régime de sanctions multilatéral contre le Cameroun. Ce ne sera sans doute pas au sein du Conseil de sécurité de l’Onu étant donné que la Chine, la Russie et les diplomates africains ont clairement dégagé leur position anti-ingérence. Il faudra s’attendre à des concertations en bilatéral entre les États-Unis et l’Union européenne ou entre les États-Unis et les partenaires européens, pour définir un régime de sanctions, si jamais la situation au Cameroun ne s’améliore pas»,conclut Joseph Lea Ngoula au micro de Sputnik.

Source: Sputnik News

Des lions élevés dans des cages puis tués pour le plaisir des chasseurs : une horrible réalité dévoilée


On l’appelle « chasse en boîte », et rien qu’avec le nom, on comprend qu’il n’y a rien de bon là dedans. C’est une pratique abominable en Afrique du Sud, où les animaux sauvages naissent et grandissent dans des cages et sont ensuite tués par de riches chasseurs.

Un business très rémunérateur, vu que ces riches hommes armés sont prêts à payer jusqu’à 50.000 dollars pour ressentir le « frisson » de tuer un lion de leurs mains. Les animaux sont quant à eux gardés dans de petites cages fermées, élevés exclusivement pour être la cible de ces plaisirs macabres.

Plus l’animal est gros, plus il faut payer : une farce sanglante dans laquelle les lions sont simplement des « marchandises », des « objets » qui apportent de l’argent.

Oui, parce qu’une fois tués, le sort des majestueux félins sauvages continue d’être brutal. Leurs os sont utilisés pour produire des médicaments et vendus « au kilo » à des pays comme le Vietnam, la Thaïlande et le Laos.

Les enquêtes ont estimé que de l’Afrique du Sud, où il existe de véritables « fermes » dédiées à cette activité, sont exportés environ 800 squelettes de lions élevés et tués en captivité, qui peuvent coûter plus de 100 dollars par kilo, et jusqu’à 6 000 pour un squelette entier.

Et les lions destinés à ces terribles pratiques, toujours selon les enquêtes et les plaintes des environnementalistes, pourraient s’élever à environ 12 000.

Les dernières révélations, chiffrées et détaillées, sont venues de l’homme politique britannique Michael Ashcroft. Cependant, une solution nécessaire et urgente pour mettre un terme une fois pour toutes à ces pratiques horribles semble encore loin d’être trouvée.

Au contraire, la perspective la plus probable est qu’en Afrique du Sud, et pas seulement, il existe de nombreux autres centres d’élevage de ce type qui, étant totalement illégaux, parviennent à échapper à tout recensement.

L’impitoyabilité de l’homme semble sans fin au point de rendre encore plus cruelle une pratique telle que le braconnage.

Source: Lord Ashcroft

Traduit par: Curioctopus

Burkina Faso : Six personnes tuées dans une nouvelle attaque contre une église


Six personnes dont un prêtre catholique ont été tuées en pleine messe dimanche 12 mai à Dablo dans le nord du Burkina Faso. Au cours de la messe, des individus armés ont fait irruption dans l’église catholique et ont commencé à tirer sur les fidèles qui tentaient de s’enfuir, révèle le Monde.

Depuis quatre ans le Burkina Faso est confronté à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières, attribuées à divers groupes djihadistes. Ces attaques surviennent deux jours après la libération de quatre otages dans le nord du pays, par les forces spéciales françaises. Les assaillants – entre vingt et trente – ont incendié l’église, des boutiques et un bar avant de piller un centre de santé, rapporte le maire de Dablo.

Le 28 avril, l’église Assemblée de Dieu de Silgadji, toujours dans le nord du Burkina Faso avait aussi été attaquée en plein culte, faisant six morts, dont le pasteur.

Source: Evangéliques.info

«La crise séparatiste au Cameroun, aussi meurtrière en 20 mois que Boko Haram en 4 ans»


L’ONG International Crisis Group déplore dans un récent rapport l’enlisement de la crise qui secoue les régions anglophones du Cameroun et fait des recommandations. Selon l’ONG, la crise anglophone «s’est embourbée» et a déjà fait 1.850 morts en 20 mois d’affrontements. Pour elle, «la solution pérenne réside dans le dialogue et le consensus».

En vingt mois d’affrontements armés dans les deux régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, le conflit a fait «1.850 morts, 530.000 déplacés internes et des dizaines de milliers de réfugiés».

Dans son récent rapport sur la crise anglophone au Cameroun, rendu public le 2 mai, International Crisis group (ICG), une ONG spécialisée dans la prévention et le suivi des conflits, plante d’emblée le décor avec des chiffres alarmants.
Ils traduisent bien l’escalade qui s’est instaurée depuis l’éclatement de la crise sociopolitique en octobre 2016, à la suite des revendications corporatistes des enseignants et des avocats, muées au fil du temps en revendications séparatistes.

«En seulement 20 mois, la crise qui s’est installée dans les régions anglophones du Cameroun a généré le même nombre de victimes civiles et militaires que le conflit Boko Haram en quatre ans. Un record dans l’histoire récente du Cameroun, alors même que les forces gouvernementales ne parviennent pas à stopper l’irrésistible ascension des milices séparatistes», commente Joseph Lea Ngoula, analyste des questions sécuritaires interrogé par Sputnik.

Pour l’ICG, «l’intransigeance des belligérants risque de générer de nouvelles violences et de prolonger le conflit, qu’aucun camp ne semble en mesure de remporter militairement dans la courte durée», avertit l’organisation. Le rapport de l’ICG s’inquiète du fait que

«Le conflit dans les régions anglophones du Cameroun s’est embourbé. Il n’existe aucun dialogue entre Yaoundé et les séparatistes, qui campent sur leurs positions: l’un mise sur une victoire militaire et refuse toute discussion sur la forme de l’État, les autres exigent l’indépendance.»

En conséquence, l’ONG estime qu’il devient plus qu’urgent de s’engager sur la voie du «dialogue et du consensus». Cependant, pour en arriver à ces pourparlers, elle estime qu’il faudra parvenir à des concessions réciproques à même de rétablir un minimum de confiance et d’enrayer la spirale de la violence.

«Le gouvernement camerounais devrait soutenir la conférence générale anglophone pour permettre aux anglophones de se mettre d’accord sur leurs représentants à un éventuel dialogue national, tout en redonnant une voix aux anglophones non séparatistes», préconise le think tank.

Pour rappel, les leaders religieux, conduits par le cardinal Christian Tumi, avaient initié l’organisation de la conférence générale des anglophones en 2018. Une rencontre qui devait débattre des solutions à apporter pour faire cesser la crise en cours dans ces régions du Cameroun, dans un contexte où les options explorées jusqu’ici se sont avérées inefficaces. La conférence n’a jamais eu lieu, faute d’une autorisation officielle de Yaoundé. Des mesures dilatoires que commente pour Sputnik Moussa Njoya, un analyste politique camerounais:

«Avec les différentes pressions extérieures que subit le gouvernement camerounais, celui-ci pourrait finir par favoriser la tenue de cette conférence. En 2018, le gouvernement a essayé par tous les moyens que cette conférence n’ait pas lieu. Il a même réussi à créer une suspicion de connivence entre le Cardinal Christian Tumi [initiateur de cette conférence, ndlr] et les séparatistes.

De l’autre côté, vous avez certains sécessionnistes radicaux qui font dans la surenchère. Ils claironnent partout que ceux qui vont dialoguer avec le régime de Yaoundé sont des traîtres. Tandis que dans le camp gouvernemental, nombreux sont ceux qui estiment que les fédéralistes comme les sécessionnistes sont des ennemis de la nation et qu’il n’est donc pas possible de dialoguer avec eux», explique l’analyste Moussa Njoya à Sputnik.

Selon l’ICG, il est important que le Président Paul Biya fasse preuve de conciliation entre les belligérants:

«Dans le cadre d’un discours réconciliateur, le Président camerounais devrait reconnaître l’existence du problème anglophone et la légitimité des revendications exprimées par les populations anglophones. Il devrait aussi ordonner des enquêtes sur les abus des forces de sécurité, prévoir des compensations pour les victimes et s’engager à reconstruire les localités détruites. Enfin, il devrait libérer les centaines d’activistes anglophones actuellement détenus, y compris des figures importantes du mouvement séparatiste», recommande encore le rapport.

Pour ce qui est des concessions prescrites aux séparatistes, l’organisme estime que

«Les séparatistes devraient renoncer à leur stratégie de villes mortes le lundi et de boycott de l’école et exclure de leurs rangs les combattants qui ont commis des abus contre les civils.»

Des mesures qui sont proposées par nombre d’acteurs de la société civile comme préalable au dialogue entre les parties prenantes au conflit. À ce sujet, Moussa Njoya explique:

«Le gouvernement camerounais pourrait démontrer sa bonne foi et sa volonté de décrisper la situation, dans un contexte sociopolitique véritablement tendu, en procédant à la libération d’un certain nombre d’acteurs de la crise tels que Mancho BBC, Ayuk Tabe et les autres leaders anglophones qui ont été appréhendés depuis 2017. 


Côté séparatistes, il faudrait pouvoir espérer un mouvement global de dépôt des armes et de normalisation. Mais pour l’instant, nous avons affaire à un ensemble d’acteurs qui tirent profit de cette situation à travers les kidnappings contre paiement de rançon, ou les butins de guerre, à travers les impôts que l’on impose aux populations. Des combattants s’approprient des biens en termes de véhicules, de maisons, etc. dans ces zones en crise au nom de la lutte», analyse-t-il.

Cependant, l’ICG ne s’arrête pas là et prescrit, dans son rapport, une palette de sanctions internationales contre les réfractaires:

«L’Union européenne et les États-Unis, en particulier, devraient envisager des sanctions ciblées contre les pontes du pouvoir et les hauts gradés qui continuent de faire obstacle au dialogue (interdictions de voyages, gels des avoirs) et les séparatistes qui prônent ou organisent la violence (poursuites judiciaires). La procureure générale de la Cour pénale internationale devrait ouvrir des enquêtes préliminaires sur les abus des deux parties, afin de souligner que la poursuite des violences aura des conséquences judiciaires», suggère notamment l’ONG.

Concernant la mise en place d’un dispositif de pressions internationales plus accentuées sur le Cameroun, l’expert des questions sécuritaires Joseph Lea Ngoula note quant à lui que d’autres partenaires ignorés jusqu’à présent, comme la Russie et la Chine, pourraient être appelés à la rescousse par les autorités camerounaises:

«En dehors des partenaires occidentaux, dont le rôle a été abondamment souligné dans le rapport, les acteurs russes et chinois semblent négligés. Pourtant, ces deux membres permanents du Conseil de sécurité vont jouer un rôle capital au sein des arènes onusiennes dans les mois qui viennent sur la question camerounaise. 

Yaoundé semble de plus en plus s’appuyer sur eux comme des alliés face à la pression occidentale qui s’accentue. Ils seront sans doute sollicités pour combler le désavantage suscité par une baisse de l’aide occidentale et entraver l’inscription de la question camerounaise au Conseil de sécurité. Un rôle qui pourrait ne pas déplaire à la Russie, qui cherche à se repositionner en Afrique», affirme Joseph Lea Ngoula.

Face à la mauvaise volonté des deux camps pour tenter de trouver une résolution à cette crise, ce nouveau rapport d’International Crisis Group tire, une fois de plus, la sonnette d’alarme sur le risque d’un enlisement à long terme du conflit. Entre la sécession voulue par les séparatistes et la décentralisation en trompe-l’œil proposée par Yaoundé, «des solutions médianes doivent être explorées pour conférer plus d’autonomie aux régions», prône l’ICG. Pour Moussa Njoya, si un tel rapport a le mérite de mettre chacun devant ses responsabilités, il n’y a que peu d’espoir qu’il sera suivi d’effet:

«Espérons que le gouvernement camerounais et les partenaires au développement en tiendront compte. Il y a toujours des enseignements à tirer de ce genre de rapport. C’est pour cela que je déplore la réaction frileuse du gouvernement camerounais à chaque fois qu’un rapport le rappelant à l’ordre paraît. Il devrait plutôt prendre ce qu’il y a de bon et rejeter ce qu’il estime ne pas correspondre à la réalité du terrain. Tout va donc dépendre de la volonté des autorités de Yaoundé, mais j’ai peu d’espoir», conclut Moussa Njoya au micro de Sputnik.

Source: Sputnik News

Madagascar : deux morts et ving-deux maisons de policiers incendiées


Cette information date du mois dernier. Mais elle prouve que partout, partout, tout va extrêmement mal…

SENTINELLE SAPS

Des émeutes ont eu lieu en fin de semaine (Information datant du 9 avril dernier) dernière à Maraoantsetra. Les incidents ont débuté samedi, après la mort en garde à vue d’un jeune de 19 ans. Ces incidents ont abouti à la mort d’un manifestant et à des scène de violences pendant 24 heures. Vingt maison de policiers ont été incendiées.

La ville Maroantsetra restera longtemps marquée par les incidents graves qui se sont déroulés le week-end dernier. 

Samedi, en fin de journée, la famille d’un jeune de 19 ans est informée qu’il est décédé au cours de sa garde à vue au commissariat de police note lexpress.mg

Un médecin légiste, a examiné le corps du malheureux et a relevé des traces de coups. En colère et voulant obtenir des explications, ses proches se sont rendus au poste de police avec le corps du défunt.

Un policier tire et tue un assaillant

Devant la foule en colère, les policiers se sont retranchés dans leurs locaux. Ce premier incident terminé, des groupes de jeunes de la ville ont pris le relai et on tenté de s’introduire dans le bâtiment. L’un des représentants des forces de l’ordre a alors fait usage de son arme tuant l’un des assaillants. 

Cette tragédie a mis le feu aux poudres. Vers 17 heures, la foule toujours plus importante a décidé d’attaquer les domiciles des policiers. Les gendarmes ont juste eu le temps de prendre en charge les familles et de les protéger dans leur camp militaire.

Le ministre de la Sécurité publique veut obtenir la vérité sur les morts

À deux heures du matin, dimanche, les émeutiers sont rentrés chez eux. Le bilan est de 20 maisons incendiées et de deux magasins. 19, des 20 cases prises pour cible, étaient louées par les familles des forces de l’ordre. 

Le ministre de la Sécurité publique et le secrétaire d’Etat charge de la gendarmerie se sont rendus sur place pour rencontrer les familles des jeunes hommes décédés. Il a rencontré la population pour affirmer son intention de faire toute la lumière sur les circonstances des décès, mais également sur les responsabilités dans les maisons incendiées écrit madagascar-tribune.com.

Source: France TV Info – La 1ère

Algérie: Saïd Bouteflika et les généraux Toufik et Tartag arrêtés en Algérie, selon TSA


Les services de sécurité algériens ont arrêté Saïd Bouteflika ainsi que les généraux Toufik et Tartag, deux anciens patrons des services de renseignement, indique le site d’information Tout sur l’Algérie (TSA) se référant à une «source sûre».

Saïd Bouteflika, ancien conseiller spécial et frère cadet de l’ex-chef de l’État, ainsi que le général Mohamed Mediène, surnommé Toufik, et le général Athmane Tartag ont été arrêtés et sont actuellement auditionnés par les services de la DGSI, dans le cadre de l’enquête sur leurs activités, indique TSA.

​Le site précise que le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, avait auparavant appelé Toufik à cesser ses activités l’accusant publiquement de comploter contre l’armée et le mouvement populaire.

Quant au général Tartag, qui a quitté son poste de chef de la Direction des services de sécurité (DSS) le jour de la démission d’Abdelaziz Bouteflika, il était considéré, selon le site, comme proche du clan présidentiel, notamment de Saïd Bouteflika.

Ce dernier est accusé par Gaïd Salah d’être à la tête d’un groupe qui a confisqué le pouvoir présidentiel dans le pays. Selon le général Khaled Nezzar, Saïd Bouteflika voulait instaurer l’état d’urgence ou l’état de siège, et avait envisagé de limoger Gaïd Salah.

Plusieurs médias algériens, dont Alg24 et Ennahar TV, confirment ces arrestations.

Source: Sputnik News

Algérie: Il insiste sur la tenue d’une présidentielle avant d’appeler au dialogue – Gaïd Salah entretient le flou sur les intentions de l’armée


Le chef d’état-major de l’ANP entretient le flou autour des intentions de l’armée concernant la crise politique actuelle. Alors que l’impasse est totale, Ahmed Gaïd Salah donne l’impression de vouloir continuer à manœuvrer pour… imposer une feuille de route rejetée par le mouvement populaire.

Comme ce fut le cas la semaine dernière, le premier militaire du pays est revenu, cette fois-ci encore, avec deux discours, qualifiés par les observateurs de «contradictoires».

En visite depuis lundi dernier à la 5e Région militaire, il s’est «sacrifié» à ce qui est devenu, depuis le début de la révolution populaire, un rituel : donner l’avis, voire les recommandations, du haut commandement de l’armée pour une sortie de crise.

En effet, dans son premier discours, prononcé mardi dernier, le vice-ministre de la Défense a fait un virage à 180 degrés. Il ignore carrément «les solutions possibles» évoquées le 24 avril dernier et plaide pour la tenue d’«une présidentielle dans les meilleurs délais».

«Dans cette optique et dans le respect de la Constitution et des institutions de l’Etat, il nous incombe d’œuvrer à réunir les conditions idoines pour l’organisation d’une élection présidentielle le plus tôt possible, du fait qu’elle constitue la solution idéale pour sortir de la crise, faire face à toutes les menaces et tous les dangers qui guettent notre pays et déjouer les desseins hostiles visant à nous mener vers le vide constitutionnel et entraîner le pays dans les spirales de l’anarchie et la déstabilisation», lance-t-il.

Selon lui, «ce mécanisme constitutionnel permettra d’élire un président de la République ayant la légitimité et les prérogatives pour concrétiser le reste des revendications populaires légitimes et constitue la règle de base pour que notre pays reprenne le cours du développement et de l’édification».

«Dialogue avec les institutions de l’État»

Moins de 24 heures après, Ahmed Gaïd Salah prononce un nouveau discours, dont le texte est diffusé sur le site du MDN, pour prôner, cette fois-ci, le «dialogue avec les institutions de l’Etat». «(…) Je demeure entièrement convaincu qu’adopter le dialogue constructif avec les institutions de l’Etat est l’unique moyen pour sortir de la crise, étant conscient que le dialogue est l’un des moyens les plus civilisés et les plus nobles dans les relations humaines et la voie la plus judicieuse pour présenter des propositions constructives, rapprocher les points de vue et atteindre un consensus autour des solutions disponibles», précise-t-il.

Le chef d’état-major de l’ANP se félicite, dans la foulée, de «l’adhésion de nombreuses personnalités et partis à l’idée de l’importance d’adopter le principe de dialogue, qui doit aboutir à des mécanismes raisonnables de sortie de crise». «C’est là une position qui leur sera reconnue durant cette phase, où l’intérêt de la nation doit être le dénominateur commun entre toutes les parties», ajoute-t-il.

Dénonçant à nouveau «des parties aux intentions malveillantes», sans toutefois les citer, Ahmed Gaïd Salah estime aussi le peuple a accepté «ses propositions». «L’ensemble des dispositions jusque-là prises a suscité un consensus national que nous avons perçu à travers les slogans scandés lors des marches dans les différentes wilayas du pays, à l’exception de certaines parties qui rejettent toutes les initiatives proposées et œuvrent à semer les graines de la discorde en conformité avec leurs intérêts étroits et ceux de leurs commanditaires», dit-il, alors que les manifestations réclamant le départ de tout le système et de ses représentants se poursuivent dans tout le pays.

«Le MDN détient des dossiers de corruption»

«Ces parties aux intentions malveillantes ont été démasquées et dénoncées par les différentes franges du peuple, qui ont fait preuve d’une conscience nationale exceptionnelle et authentique, dans la mesure où elles ont rejeté leurs thèses visant à porter atteinte à la crédibilité et aux efforts des institutions de l’Etat à dégager et trouver des sorties de crise pacifiques», indique-t-il.

Le chef d’état-major de l’ANP est revenu aussi, dans son discours de mardi dernier, sur la justice et la lutte contre la corruption.

Alors que des juristes et des politiques mettent en garde contre toute interférence dans le travail des juges, Ahmed Gaïd Salah persiste et signe.

Après avoir annoncé que le MDN détient des «dossiers lourds de corruption», il appelle au traitement de toutes les affaires sans délai. «Nous insistons également sur la nécessité d’éviter tout retard dans le traitement de ces dossiers, sous le prétexte de révision des procédures légales, laquelle requiert beaucoup de temps, ce qui donne la possibilité à certains d’échapper à la justice», recommande Gaïd Salah.

Source: El Watan