Le pape dénonce l’antisémitisme comme une renaissance « inhumaine et antichrétienne »


« Les Juifs sont nos frères et ne doivent pas être persécutés »

Le pape François a dénoncé mercredi la renaissance « inhumaine et antichrétienne » de l’antisémitisme, qui pèse sur une question qui secoue l’Italie depuis ces dernières semaines.

S’exprimant devant son auditoire, le Pape a dénoncé l’antisémitisme, affirmant qu’il faisait rage après que le monde pensait que les « brutalités » de la Shoah étaient terminées.

« Il y a une nouvelle renaissance de la persécution des Juifs. Frères et soeurs, ce n’est ni humain ni chrétien. Les Juifs sont nos frères et ne doivent pas être persécutés. Vous comprenez? », a-t-il affirmé.

En Italie, une polémique a éclaté lorsque Liliana Segre, une survivante d’Auschwitz âgée de 89 ans, a appelé à la création d’un comité parlementaire chargé de lutter contre la haine, le racisme et l’antisémitisme.

La sénatrice italienne Liliana Segre va bénéficier d’une protection à vie en raison d’une multiplication des menaces, a décidé le ministère de l’Intérieur.

Deux carabiniers vont l’escorter à chacun de ses déplacements. 

Liliana Segre dit recevoir environ 200 messages d’insultes et de menaces par jour sur les réseaux sociaux.

Source: i24 News

« Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme » (Jacques Attali)


« L’islam n’est pas une menace pour la France ; il en est une composante depuis le 8ème siècle. »

« Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme. Les juifs et les musulmans, menacés tous les deux par lui, doivent s’unir face aux fantasmes du grand remplacement, » a tweeté vendredi le polytechnicien et écrivain Jacques Attali pour présenter son nouveau billet intitulé « Derrière le souverainisme, se cache trop souvent la haine des musulmans ».

« L’islam n’est pas une menace pour la France ; il en est une composante depuis le 8ème siècle. C’est même par lui, et par les philosophes juifs, que la pensée grecque est arrivée en France au tournant du premier millénaire. Et jamais le monde ne s’est mieux porté que quand Judaïsme, Chrétienté et Islam travaillaient ensemble à faire triompher la raison sur l’obscurantisme, » considère l’écrivain.

Selon M. Attali, les discours « hostiles aux musulmans de France sont mortifères, », se référant à celui d’Eric Zemmour à la Convention de la droite samedi dernier qui a provoqué la polémique dans l’hexagone.

« En particulier quand ils viennent de juifs », ajoute-t-il « qui devraient ne pas oublier que l’antisémitisme vise à la fois les uns et les autres. Il faut donc à tout prix dénoncer les discours délirants, d’Éric Zemmour, de William Goldnadel, ou même, dans de trop nombreuses de ses déclarations, d’Alain Finkielkraut ; et de tant d’autres ». 

« Il est triste de voir des descendants de juifs d’Algérie oublier le rôle magnifique que les musulmans algériens ont joué pour soutenir et protéger leurs parents, aux temps horribles de l’antisémitisme triomphant » poursuit-il.

L’avocat Gille-William Goldnadel a réagi aux propos de Jacques Attali dans un tweet.

« Tellement ravi de faire partie du top three avec Zemmour et Finkielkraut de la liste des honnis du contrefacteur Attali . Celui qui ferma les yeux par courtisanerie aux complaisances de Mitterand pour Bousquet , l’organisateur de la déportation des petits juifs français. »

Selon Attali, « la France n’est grande que quand elle est ouverte, accueillante […] dans le brassage et l’intégration d’idées et de familles nouvelles, venues enrichir la communauté nationale. »

Source: i24 News

La Suède hôte d’une conférence internationale contre l’antisémitisme en 2020


Après les attentats de 2015 à Paris et Copenhague, le centre Simon Wiesenthal avait réclamé l’organisation d’une conférence européenne contre l’antisémitisme.

David Lammy (2 à droite), membre du Parti travailliste britannique, se joint aux membres de la communauté juive qui manifestent contre le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn et l’antisémitisme au sein du parti travailliste devant les chambres du Parlement britannique dans le centre de Londres le 26 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Tolga AKMEN)

La Suède accueillera les 27 et 28 octobre 2020 une conférence internationale contre l’antisémitisme et pour la mémoire de l’Holocauste, a annoncé vendredi le Premier ministre suédois Stefan Löfven.

La conférence se tiendra à Malmö (sud) en présence de chefs d’Etat et de gouvernement étrangers, 20 ans après la Conférence internationale de Stockholm sur la Shoah et 75 ans après la libération du camp d’Auschwitz.

« L’antisémitisme sévit en Suède, en Europe et dans le monde. L’antisémitisme n’est pas seulement un problème pour les juifs, c’est un poison pour toute la société », a indiqué Stefan Löfven dans un entretien à l’AFP.

Le chef du gouvernement suédois avait déjà fait part par le passé de sa volonté d’organiser une grande conférence sur l’antisémitisme mais son officialisation en pleine campagne pour les élections européennes est « d’autant plus importante que le scrutin est un référendum pour les forces populistes », selon lui.

« C’est un choix de valeurs, pour l’égalité entre les Hommes, il faut faire entendre cette voix », a-t-il ajouté.

Alors que la Suède entretient des rapports parfois difficiles avec Israël depuis la reconnaissance de « l’Etat de Palestine » par le premier gouvernement de Stefan Löfven en 2014, le dirigeant social-démocrate se pose en rempart contre l’antisémitisme, tant au plan national qu’international.

Après les attentats de 2015 à Paris et Copenhague, le centre Simon Wiesenthal avait réclamé l’organisation d’une conférence européenne contre l’antisémitisme.

Malmö s’était portée candidate à son organisation en rappelant qu’elle avait accueillie les juifs danois fuyant par la mer le Danemark occupé pendant la Seconde Guerre mondiale, puis des centaines de rescapés des camps de concentration nazis.

Selon leurs institutions représentatives, entre 15 000 et 20 000 juifs vivent en Suède, dans un pays de 10 millions d’habitants qui comptent plusieurs centaines de milliers de musulmans, dont une communauté importante vit à Malmö.

Le royaume scandinave a accueilli 400 000 migrants depuis 2014, plus que tout autre pays européen par rapport à sa démographie, en majorité originaires de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan et d’Erythrée.

Selon le dernier rapport du Conseil de prévention de la délinquance datant de 2016, 3 % seulement des délits déclarés liés à l’appartenance religieuse, ethnique, politique ou sexuelle revêtaient un caractère antisémite.

Mais les juifs eux-mêmes déclarent ressentir une montée des actes et paroles hostiles les visant à raison de leur confession, et plusieurs attaques ont visé ces dernières années des magasins appartenant à des juifs, ou des lieux cultuels et culturels juifs, notamment à Malmö.

La mouvance néonazie, bien qu’ultraminoritaire avec une grosse centaine de militants actifs selon la fondation antiraciste Expo, est par ailleurs visible, tirant profit du droit suédois très protecteur en matière de liberté d’expression et de manifestation.

Source: Times of Israël

Les Etats-Unis pourraient revoir leurs liens avec les pays jugés « anti-israéliens »


« C’est un sujet sur lequel nous allons avoir des conversations franches et à huis clos »

Les Etats-Unis pourraient revoir leurs relations avec les pays qu’ils jugent « anti-israéliens » après qu’un émissaire américain a annoncé dimanche un changement de politique visant à assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme.

L’envoyé spécial du Département d’Etat pour la surveillance et la lutte contre l’antisémitisme, Elan Carr, a affirmé que la nouvelle position des Etats-Unis pourrait entraîner une révision des relations avec des gouvernements ou des dirigeants étrangers hostiles à Israël. 

« Les Etats-Unis sont disposés à revoir leurs relations avec tous les pays où l’antisémitisme est une source de profonde préoccupation », a-t-il déclaré lors d’une visite en Israël.

« Je soulèverai cette question lors de réunions bilatérales que je vais mener dans le monde », a-t-il ajouté. « C’est un sujet sur lequel nous allons avoir des conversations franches et à huis clos », a-t-il encore dit. 

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo avait déjà déclaré en mars dans un discours que l’antisionisme était une forme d’antisémitisme. 

« Je ne peux évidemment pas commenter les outils diplomatiques que nous pourrions utiliser », a toutefois précisé Elan Carr. « Chaque pays représente un défi diplomatique différent, une situation différente (…) si je commençais à divulguer ce que nous pourrions faire, ce serait moins efficace », a-t-il encore fait remarquer. 

Fin mars, Mike Pompeo s’en est pris aux démêlés du Labour britannique avec l’antisémitisme, dénonçant une « honte nationale » dans une attaque inhabituelle contre un parti d’opposition d’un pays allié.

« Je suis profondément inquiet au sujet d’une vieille menace qui refait surface pour Israël et les Juifs du monde entier: la menace de l’antisémitisme », a lancé le secrétaire d’Etat lors de la conférence annuelle de l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), puissant lobby pro-israélien aux Etats-Unis.

Très applaudi et se présentant en « champion de la liberté religieuse » et en ardent défenseur d’Israël, Mike Pompeo a aussi critiqué ceux qui remettent en cause l’existence de l’Etat hébreu.

« L’antisionisme est un antisémitisme », a-t-il martelé. « L’administration Trump s’y oppose sans équivoque et le combattra sans relâche », a-t-il ajouté.

Source: i24 News

Un prêtre polonais prononce un sermon teinté d’antisémitisme à peine voilé


Andrzej Jeż a semblé viser les Juifs lors d’une messe pascale, en déclarant qu’une « certaine nation » a comploté en 1937 pour diffamer l’Église catholique en contrôlant les médias.

Le prêtre polonais Andrzej Jeż lors d’une messe en mars 2018. (Crédit : capture écran/YouTube)

Andrzej Jeż, à la tête de l’évêché de Tarnow près de Cracovie, a semblé faire référence aux Juifs lors d’une messe pascale filmée le mois dernier.

La vidéo a été diffusée jeudi dans un article de la chaîne publique israélienne Kan.

« Une certaine nation, que je ne peux pas nommer car on m’attaquera immédiatement, a dit ceci : ‘notre ennemi naturel est l’Église catholique. Nous devons la calomnier et attiser la haine à son égard, nous devons mettre au point des scandales sur la vie privée de ses fidèles pour susciter la haine et les ridiculiser. Nous devons renforcer nos médias pour disposer d’un pouvoir de contrôle puissant et sûr’ », a clamé l’évêque.

Pour Michael Schudrich, un grand rabbin de Pologne, ces propos soulignent la querelle interne qui agite l’Église catholique et oppose soutiens et opposants à la réforme qu’elle a opérée il y a près de 50 ans autour de sa doctrine antisémite (Nostra aetate).

« Je n’ai jamais entendu quelque chose comme ça », a assuré Michael Schudrich à Kan. « Ce que cet évêque a dit ne relève pas du catholicisme moderne ».

Il a également estimé que ce sermon montrait « qu’il y avait un problème à traiter au sein de l’Église catholique » polonaise, l’un des pays européens où le catholicisme est très influent.

Source: Times of Israël

Le New York Times a amendé un éditorial affirmant que Jésus était un Palestinien


Mise à jour de cet article: Un écrivain du New York Times affirme que Jésus n’était pas juif, mais un « palestinien »

Après avoir été dénoncé par les juifs et les chrétiens, le New York Times a amendé un éditorial qui affirmait que Jésus était un Palestinien, mais la correction est encore insuffisante, affichant une mauvaise pratique journalistique qui afflige actuellement les médias. Tout cela au cours d’une vague de caricatures antisémites et de demi-apologies.

Dans un éditorial publié dans le NY Times il y a deux semaines, Eric V. Copage affirmait que « Jésus, né à Bethléem, était très probablement un homme palestinien à la peau sombre ».

« En grandissant, j’ai appris que la représentation à la peau claire et aux yeux bleus de Jésus orne depuis des siècles les vitraux et les autels des églises des États-Unis et d’Europe « , a écrit Copage, qui est noir. « Mais Jésus, né à Bethléem, était probablement un Palestinien à la peau sombre. »

Cette allégation a été retweettée par le représentant Ilhan Omar, (D-Minn.) qui a une histoire de remarques antisémites flagrantes et a rejeté les attaques islamistes du 11 septembre comme étant « certaines personnes qui ont fait quelque chose ».

Il s’en est suivi une avalanche de critiques, dont une grande partie portait sur l’inexactitude flagrante de qualifier une partie quelconque de la région de Palestine. Les Arabes n’entrèrent dans la région que 700 ans après la mort de Jésus.

Une semaine après la publication de l’éditorial, le NY Times a publié une correction qui n’était pas plus exacte que l’original.

« A cause d’une erreur d’édition, un article de samedi dernier se référait incorrectement à l’arrière-plan de Jésus « , a écrit le NY Times. « Alors qu’il vivait dans une région qui allait devenir la Palestine, Jésus était un Juif né à Bethléem. »

L’éditorial a été modifié comme suit :  » Mais Jésus, un Juif né à Bethléem, avait probablement le teint d’un homme du Moyen-Orient. »

Bien que la correction soit appréciée, elle ignore toujours le fait que la région était connue sous le nom de Judée à l’époque où Jésus a vécu et est maintenant connue sous le nom d’Israël. A aucun moment de l’histoire, une entité politique indépendante connue sous le nom de Palestine n’a jamais existé.

Le NY Times a fait d’autres faux pas antisémites récemment. Jeudi dernier, le NY Times a publié une caricature politique dessinée par le caricaturiste portugais Antonio Antunes Moreira du journal Expresso basé à Lisbonne, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui représente le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu comme chien guide pour un président Donald Trump portant la kippa aveugle. Le collier de Nétanyahou est orné d’une étoile bleue de David.

La caricature a immédiatement suscité des critiques, notamment de la part de Donal Trump Jr, le fils du président, qui a envoyé un tweet : « Dégoûtant. Je n’ai pas ici de mots pour décrire l’antisémitisme flagrant. Imaginez que c’était dans autre chose qu’un journal de gauche ? »

Le NY Times a tweeté une explication.

Le Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America (CAMERA) a comparé le NYT au célèbre journal nazi Der Sturmer, notant que la réponse n’était pas, en fait, une excuse.

« Certains ont qualifié cela d’excuses – ce n’est pas le cas, c’est du sang froid et, au mieux, c’est descriptif « , a écrit la CAMERA. Ni le mot  » excuses  » ni aucun synonyme de  » excuses  » ne sont employés, et il n’y a rien au sujet de la responsabilité ou des autres mesures que le Times prendra pour s’assurer que de telles choses ne se reproduisent jamais. Cela ne s’est pas produit en vase clos, mais il n’y a rien au sujet du ou des rédacteurs en chef responsables qui ont été congédiés, ou même disciplinés. »

Le NY Times a publié une autre réponse dans laquelle il s’excusait explicitement pour la caricature. Eileen Murphy, une porte-parole du New York Times, a déclaré que le journal était « profondément désolé » d’avoir publié la caricature.

« De telles images sont toujours dangereuses et, à une époque où l’antisémitisme est en hausse dans le monde entier, c’est d’autant plus inacceptable « , a déclaré Mme Murphy dans une déclaration au nom de la section Opinion. « Nous sommes déterminés à faire en sorte que cela ne se reproduise plus. »

Malgré ces excuses, le NY Times a publié dimanche une autre caricature qui a été critiquée pour avoir perpétué des atrocités antisémites. Cette caricature montrait le premier ministre Netanyahou en train de s’autoproclamer en descendant du mont Sinaï avec une tablette de pierre décorée d’une étoile de David.

Les gaffes ne pouvaient pas tomber à un pire moment. Samedi, un homme armé est entré dans la synagogue Poway Chabad près de San Diego et a tué Lori Kaye, 60 ans, et blessé trois autres personnes.

La caricature offensante originale a été diffusée une semaine avant le jour du Souvenir de l’Holocauste, commémorant une période sombre de l’histoire, rendue encore plus sombre par le rôle joué par les médias dans la diabolisation des Juifs. Cela a été souligné dans un discours prononcé lundi par l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Ron Dermer, à l’occasion du Jour du souvenir de l’Holocauste. Dermer a reproché au NY Times d’être devenu  » une fosse septique d’hostilité envers Israël qui va bien au-delà de toute critique légitime d’une démocratie imparfaite.

« Le même New York Times qui, il y a un siècle, cachait à ses lecteurs l’Holocauste du peuple juif a fait de ses pages un espace sûr pour ceux qui haïssent l’État juif « , a dit M. Dermer. « Par une couverture biaisée, des chroniques diffamatoires et des caricatures antisémites, ses rédacteurs choisissent honteusement, semaine après semaine, de faire de l’État juif une force du mal. »

Source: Breaking News Israël

Traduit par: SENTINELLE SAPS

Le pape préoccupé par la « recrudescence barbare d’attaques antisémites »


Le pape François s’est dit préoccupé vendredi par « la recrudescence barbare dans différents pays d’attaques antisémites », rappelant que, pour un chrétien, il s’agissait d' »un rejet de ses propres origines » juives.

Le pape François s’exprime Place Saint-Pierre à Rome avant la traditionnelle prière de l’angelus, le 24 février 2019 Vincenzo PINTO (AFP)

« La diffusion dans de nombreux endroits d’un climat de méchanceté et de rage, dans lequel prennent racine des excès pervers de haine est pour moi une source de grande préoccupation », a souligné vendredi le souverain pontife qui recevait en audience au Vatican une délégation de l’une des plus grandes organisations juives américaines, The American Jewish Committee (AJC).

« Je pense particulièrement à la recrudescence barbare dans différents pays d’attaques antisémites, »a-t-il ajouté, appelant à la « vigilance » face à un tel phénomène.

« Pour un chrétien toute forme d’antisémitisme constitue un rejet de ses propres origines, une contradiction totale », a-t-il également rappelé, faisant allusion aux origines juives de Jésus.

Alors que l’Europe connaît depuis quelques mois une forte recrudescence des actes antisémites, de nouveaux tags « appelant au meurtre d’enfants juifs » ont été retrouvés lundi sur un banc d’une aire de jeu, dans le 16è arrondissement de Paris. Le même jour, une femme se faisait verbalement agresser dans le métro par un homme qui lui aurait lancé « les Juifs détiennent le monde, vous êtes le mal ».

Le mois dernier, le ministre de l’Intérieur Christophe a déploré une hausse de 74% des actes antisémites en France en 2018, après plusieurs incidents anti-Juifs à Paris et en banlieue de la capitale.

« L’antisémitisme se répand comme un poison », avait-il déclaré à Sainte-Geneviève-des-Bois, au sud de Paris, où un arbre planté en mémoire d’Ilan Halimi, jeune juif tué en 2006, a été vandalisé.

Source: i24 News

Antisémitisme: une peste plus rouge que brune


Affirmer, comme le font certains, que « les gilets jaunes sont antisémites », est à la fois une insulte et une sottise. Mais il y a des antisémites parmi eux.  On notera que les expressions anti-juives sont devenues de plus en plus récurrentes à mesure que le mouvement s’est gauchisé. 

Ce sera un chouette festival de proclamations républicaines. On se serrera les uns contre les autres, on répètera sur tous les tons que l’antisémitisme c’est mal et qu’on est contre. On dira en boucle qu’attenter aux juifs c’est attenter à la France. Les chaînes infos feront des « spéciales », les journaux titreront sur « le sursaut ». Les injures lancées à Alain Finkielkraut ont déclenché la mobilisation générale qui n’a pas eu lieu après l’assassinat de quatre enfants et d’un adulte juifs à l’école Ozar Hatorah de Toulouse en mars 2012. L’appel à « l’union contre l’antisémitisme » et à la manifestation de ce mardi a été publié quelques jours avant l’agression de l’académicien. Mais c’est l’émoi soulevé par celle-ci qui a sonné le branle-bas de combat. Ainsi, si le président a renoncé à ouvrir la marche, une grande partie du gouvernement sera présente derrière le Premier ministre. Il y aura même François Hollande qui avait tellement de mal à évoquer l’antisémitisme des quartiers. Le soir, tout le monde se félicitera de cette belle journée pour la République. Peut-être même parlera-t-on de « l’esprit du 19 février ».

L’alya de l’intérieur

Depuis des années, nous évoquons régulièrement – trop pour certains ­- la montée d’un antisémitisme qui a provoqué chez les juifs de banlieue une « alya de l’intérieur », beaucoup ayant quitté les villes islamisées pour se regrouper dans des zones plus sûres. Nous avons enragé du déni qui a recouvert cette tragédie à bas bruit que beaucoup ne voulaient pas voir. Nous devrions donc nous réjouir de ce que la haine des juifs devienne une grande cause nationale. Après tout, un excès  de bons sentiments vaut mieux que les mauvais ou que l’indifférence. Sauf qu’il y a un loup et même plusieurs.

Il y a l’usure des mots, des slogans, des marches, des bougies et de l’indignation elle-même. Certains rêvent d’un petit 11 janvier.

Il est vrai que les foules sentimentales sont réconfortantes. On a envie d’en être, de marcher et de marcher. Seulement, on sait ce qu’il est advenu de l’esprit du 11 janvier et de nos belles promesses de défendre la liberté d’expression et la laïcité. Dans nos banlieues, la sécession islamiste a continué à progresser, s’appuyant sur les calculs politiques des uns, la résignation des autres et notre indifférence à tous. Alors j’ai de plus en plus de mal à croire aux phrases qui commencent par « nous n’accepterons pas », « nous ne tolérerons pas », « nous résisterons » car elles précèdent souvent les abdications en rase campagne. On déclare, la voix grave, que rien ne sera plus comme avant. Et tout est comme avant. Ou pire.

L’obsession de Rothschild et des sionistes

Et puis, c’est un peu délicat à écrire, mais on peut craindre que cette focalisation subite et exclusive sur le malheur juif  finisse par lasser. D’accord, il y a ces tags et ces chiffres inquiétants. L’obsession de Rothschild et des sionistes qui dirigent le monde qui court les réseaux sociaux sur fond de désastre éducatif. Mais nombre d’autres groupes souffrent. Ne faudrait-il pas par exemple faire aussi place à la tristesse des catholiques qui voient des églises profanées ? Les images terribles d’autels souillés, de statues dégradées, de tabernacles déversés n’auraient-elles pas dû faire la « une » de nos journaux et tourner en boucle sur nos écrans ? On n’aimerait pas que des catholiques en arrivent, par délaissement, à penser qu’il n’y en a que pour les juifs. Comme le dit Alain Finkielkraut, « nous sommes dans le même bateau ».

Ce qui reste de la gauche (renforcée sur ce terrain qui ne mange pas de pain par la droite et la macronie) voudrait bien rejouer Carpentras et le bon temps de la lutte antifa. Rappelons pour la jeunesse qu’en 1990, après la profanation de tombes juives dans le cimetière de Carpentras, des centaines de milliers de manifestants ont défilé à Paris, derrière le président de la République soi-même. Contre le « F-Haine » et Jean-Marie Le Pen. Pas de chance, on découvrira des années plus tard que les néo-nazis qui ont fait le coup n’avaient strictement aucun lien avec le parti lepéniste. Ces jours-ci, on n’en a pas moins entendu beaucoup d’élus et de responsables de gauche invoquer cette scène fondatrice et appeler le président à participer au remake. Tous contre qui vous savez, on allait bien s’amuser. Ainsi, alors que même la France insoumise était finalement invitée après quelques atermoiements, le Rassemblement national et Debout la France ont d’abord été oubliés. Ce qui revenait à les désigner sinon comme fauteurs d’antisémitisme, comme suspects. La ficelle était un peu grosse et pas mal de voix se sont élevées pour dénoncer cette exclusion, comme celle de Jean-François Kahn qui a déclaré sur BFM : « Marine Le Pen a beaucoup de défauts, mais pas l’antisémitisme. » Olivier Faure, le patron du PS qui était à la manœuvre a finalement déclaré qu’elle était la bienvenue de même que tous les électeurs du Rassemblement national. Ce à quoi elle a répliqué qu’elle organiserait son propre hommage, ne voulant pas défiler avec tous les responsables de la montée de l’islamisme et de l’antisémitisme qui va avec. Elle se demande par ailleurs pourquoi le gouvernement ne fait rien contre les milieux d’extrême droite qui sont archi-connus.

Tous n’ont pas en tête le même antisémite

Derrière l’affiche unitaire et la pureté de la cause, les participants sont loin d’être d’accord sur la nature du fléau contre lequel ils prétendent lutter. En clair, tous n’ont pas en tête le même antisémite. Tandis que pas mal de commentateurs se réjouissaient de retrouver le vieil antisémite franchouillard qu’ils adorent détester, le gouvernement, par la voix de Benjamin Griveaux notamment, a lourdement exploité tous les dérapages pour essayer de discréditer le mouvement social qui se dressait contre lui.

Toutefois, il ne les a pas inventés, ces dérapages. Au sein du mouvement et sur les réseaux sociaux où il s’exprime, on a vu se déployer les éléments de langage du conspirationnisme qui mènent toujours aux juifs. Affirmer, comme le font certains, que« les gilets jaunes sont antisémites », est à la fois une insulte et une sottise. Mais il y a des antisémites parmi eux. Il y en a aussi chez les bouchers-charcutiers ou les cégétistes. On peut cependant observer que ces expressions anti-juives sont devenues de plus en plus récurrentes à mesure que le mouvement s’est mélenchonisé et même nuitdeboutisé. Parmi les pionniers des ronds-points, beaucoup sont partis, lassés d’entendre parler de Palestine et de vegan. Les défilés sont de plus en plus noyautés par des groupuscules organisés d’extrême droite et d’extrême gauche, sans oublier quelques islamistes en colère, auxquels se joignent quelques bataillons indigénistes, ou les membres de Justice pour Adama et de quelques autres associations, tout cela reformant le fond de sauce haineux du « Jour de colère ».

Antisémites au nom de l’antiracisme

Nombre de commentateurs ont souligné triomphalement que les déclarations antisémites intervenues dans les marges de la mobilisation des Gilets jaunes n’avaient rien à voir avec les musulmans. Sans doute ont-ils raison, quoi qu’il n’y ait guère moyen de le savoir. De toute façon, que l’antisémitisme islamiste ne soit pas au cœur de l’actualité ne permet pas de conclure à sa disparition. Et le « on est chez nous » lancé à la face de notre plus cher mécontemporain jouait bien la musique du grand remplacement. Surtout, au lieu de se demander qui sont les antisémites, exercice voué à l’échec car ils ne forment pas un groupe homogène, on ferait mieux de s’interroger sur la nature de l’antisémitisme qui a cours aujourd’hui. On ne dénonce pas les juifs comme juifs, mais comme capitalistes, comme colonialistes, et comme sionistes. « L’antisémitisme s’exprime dans la langue de l’antiracisme », résume Finkielkraut qui l’avait vu venir en 2000 dans Au nom de l’Autre. Du coup, des députés En Marche se sont mis en tête de faire de l’antisionisme un délit. Une deuxième loi Gayssot, quelle brillante idée. Non seulement la première n’a pas fait taire le négationnisme, mais en instaurant un privilège juridique pour les juifs, elle a ouvert la course à la reconnaissance mémorielle. Certes, la haine d’Israël cache ou entraîne toujours la haine des juifs. Y répondre par la censure ne serait pas seulement contre-productif, ce serait aussi une défaite intellectuelle. En attendant, ce fatras qui séduit aussi bien des fachos que des gauchos est bien, d’un point de vue idéologique, la facette gauchiste de l’islamo-gauchisme. C’est de cette matrice, et pas des années 1930, que vient la haine des juifs déguisée en haine d’Israël qui se lâche aujourd’hui. Dans son inspiration, cette peste est plus rouge que brune. Beaucoup de ceux qui s’apprêtent à défiler préfèrent ne pas le savoir. Autant dire qu’on n’attend pas grand-chose d’une mobilisation qui a toutes les chances de rester sans lendemain, à moins qu’elle n’accouche d’autres billevesées du genre de la loi anti-antisioniste. « Tout de même, me glisse un ami, c’est quand même bien que les gens se réveillent, non ? » Peut-être. Je l’avoue, ce grand raout m’agace à l’avance, mais s’il n’y avait personne ça m’inquiéterait. Ces juifs ne sont jamais contents.

Elisabeth Lévy – Causeur

Recrudescence d’actes antisémites depuis le rassemblement à République


Tag « mort au juif » sur une école, insultes ou courriers anonymes, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme tire la sirène d’alarme

Depuis le rassemblement contre l’antisémitisme du 19 février dernier, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) « constate avec effroi et inquiétude une recrudescence anormale des actes antisémites ».

Et paradoxalement, le BNVCA reçoit de plus en plus de signalements depuis ces prises de position fortes de la part de personnalités politiques contre l’antisémitisme.

« Des tags antisémites de plus en plus nombreux sont découverts dans la rue, peints sur des murs, des menaces sont adressées anonymement, des agressions sont perpétrées, » s’alarme l’association de veille qui liste quelques-uns de ces actes anti-juif.

Quelques exemples. Le 22 février dernier M.B. reçoit un message sur son portable : « Et tu prêt à mourir ? » [sic]. Le 21 février, rue du Faubourg Montmartre à Paris, un individu a insulté D.M. en ces termes « Sale juif, les juifs du CRIF, je vous nique ». Le même jour à Paris sur la façade d’un immeuble, la plaque professionnelle d’un médecin juif est taguée « Sale Juif » alors que la plaque d’un autre médecin (non juif) n’a pas été taguée. Le 20 février à Saint Cloud, F.O. a reçu un courrier anonyme avec une croix gammée « petite merde, t‘es juive ce soir on va prier à ta mort ». Le 21 février dans le 14e arrondissement de Paris sur la porte d’un immeuble un tag « Mort aux Juifs » avec une croix gammée est retrouvé.

Le BNVCA continue : « Sur une rame de métro ligne 12 l’injure ‘sioniste de merde’ est inscrite au feutre noir… Le 19/2/19 à 20h30, un adolescent juif de 17 ans G.G, qui portait une kippa, circulait à trottinette dans une rue du Pré St-Gervais (93) lorsqu’il a été agressé par 3 inconnus, qui l’ont traité de ‘sale juif’ lui ont volé son téléphone portable l’ont frappé causant une fracture de son poignet. Il a déposé plainte à la police des Lilas. Le 19/2/19, alors que madame V E, 51 ans juive domiciliée à Garges les Gonesses, rentrait à son domicile, elle a été agressée par 2 individus, l’un d’origine africaine, l’autre nord-africain, âgés d’environ 40 ans, qui lui ont crié ‘sale juive, sale pute je vais te baiser ta mère, on va tous vous brûler’. L’un d’entre eux la menaçait d’un rasoir. Puis subitement ils ont quitté les lieux. Effrayée, choquée et traumatisée, la dame a déposé plainte au commissariat de Garges. Le 21/2/19, une jeune fille juive de 16 ans de la Garenne Colombes a rapporté à I24 news qu’elle a reçu des insultes et des menaces de mort par écrit ».

A cette liste non-exhaustive vient s’ajouter la découverte d’un graffiti antisémite sur le mur d’une synagogue dans le Val de Marne : « LDNA: mort au juif » (sic), l’acronyme pouvant signifier Ligue de défense noire africaine.

Le 12 février, le ministère de l’Intérieur dévoilait les chiffres de l’antisémitisme pour 2018 : 541 actes ont été recensés l’année dernière contre 311 en 2017. Ces chiffres avaient déjà été dévoilés à l’issue d’un week-end où plusieurs inscriptions antijuives avaient été découvertes à Paris, dont une croix gammée sur un portrait de Simone Veil qui avait ému l’opinion publique. Au même moment, on découvrait la profanation de 96 stèles juives dans le cimetière de Quatzenheim (Bas-Rhin).

Source: Times of Israël