La course aux nouveaux missiles promet des apocalypses inédites


L’explosion en Russie d’un probable projectile à propulsion atomique donne un aperçu des armes du futur : effrayant.

Le lancement d’un Arrow-3, un anti-missile sur lequel Israël et les États-Unis ont collaboré. | AFP / HO / Israeli Ministry of  Defence

Sept personnes tuées dont cinq officiellement reconnues et enterrées à titre de héros de l’atome; l’évacuation de villages voisins du désastre; d’étranges coupures de programmes et des messages d’alerte sécuritaire, en pleine nuit, sur les téléviseurs moscovites; un pic de radiation et une course à l’iode chez des populations locales affolées.

Quelques mois après la diffusion de la remarquable série Chernobyl par HBO, l’explosion début août dans la région d’Arkhangelsk d’un engin a priori nucléaire, ainsi que la manière dont les autorité du pays ont joué au chat et à la souris avec la vérité, a rappelé quelques amers souvenirs à la population russe.

Des heures de vol pour Skyfall

Elle a aussi mis en émoi les analystes militaires du monde entier: le responsable de la catastrophe pourrait être un prototype du moteur atomique de petite taille destiné à propulser ce que l’OTAN nomme le SSC-X-9 Skyfall et la Russie le 9M730 Burevestnik.

Quel est cet engin, auquel un vote sur le web a failli offrir le très adéquat sobriquet de «La Surprise»? Une possible «doomsday machine», comme l’imaginait Stanley Kubrick dès 1964 dans Docteur Folamour: un missile intercontinental à portée théoriquement illimitée, doté des moyens techniques nécessaires pour voler à très grande vitesse et indéfiniment en attendant qu’une cible lui soit assigné, capable surtout de pénétrer les défenses anti-aériennes les plus sophistiquées.

«Not good!» a tweeté le président Trump. En s’empressant, pour faire bonne figure, de préciser au bon peuple américain que sa glorieuse armée travaillait sur des concepts similaires, mais en mieux.

Course à l’hypersonique

Ce que révèle l’explosion supposée d’un Burevestnik va bien au-delà de cet unique missile. Dans un contexte géopolitique instable et alors que les traités de non-prolifération vascillent, quand ils ne s’effondrent pas, la Russie est loin d’être la seule à chercher à se doter de nouveaux engins létaux.

Comme l’explique Quartz, si la course aux nouveaux missiles est engagée dans le pays de Vladimir Poutine, elle l’est aussi aux États-Unis ou en Chine, en Europe et en France, au Moyen-Orient entre l’Iran et l’Arabie saoudite, en Corée du Nord ou entre l’Inde et le Pakistan.

C’est là qu’entrent en jeu ce sur quoi les armées du monde planchent fébrilement et sans concertation, espérant ne pas se faire doubler par leurs rivales: les missiles hypersoniques, auxquels le New York Times a consacré un long article. En vol, leur vitesse de croisière atteint quinze fois la vitesse du son ou plus; ils peuvent frapper sans prévenir à n’importe quel endroit du globe. «Rapides, précis, efficaces et inarrêtables», écrit le quotidien.

La Chine, très avancée en la matière, a poussé les États-Unis à accélérer ses programmes. Soucieuse qu’un premier modèle soit opérationnel dès 2022, l’administration Trump a en 2019 alloué à la conception de ces effrayantes machines la somme de 2,6 milliards de dollars (environ 2,32 milliards d’euros).

Selon le New York Times, la Chine comme les États-Unis semblent pour l’instant ne pas souhaiter nucléariser leurs missiles hypersoniques. Ces derniers représenteraient pourtant une arme particulièrement adaptée pour des frappes soudaines et inattendues. Idéales, par exemple, pour frapper chirurgicalement un gouvernement ou des administrations –parfaitement calibrées également pour déclencher un conflit global de manière un peu trop précipitée.

La Russie, elle, a d’autres plans. En sus de son Kinzhal, elle a affirmé, en décembre 2018, avoir réussi le premier test de son «planeur hypersonique», le (bien) nommé Avangard. Celui-ci semble capable d’emporter des têtes nucléaires tout en ayant les moyens, selon Moscou, d’échapper à n’importe quel système de défense. À peine 57 ans après la crise des missiles de Cuba, l’équilibre de la terreur n’a qu’à bien se tenir.

Source : Korii

Téhéran a rejeté l’«ultimatum nucléaire» de Washington


Les États-Unis ont menacé vendredi l’Iran de nouvelles «restrictions» à son programme nucléaire civil afin de l’obliger à renoncer à l’enrichissement d’uranium et au stockage d’eau lourde. Le président du parlement iranien, Ali Larijani, a indiqué que Téhéran ne violait aucun accord et poursuivrait par conséquent ses activités dans ce domaine.

Malgré les pressions exercées par les États-Unis, l’Iran poursuivra l’enrichissement d’uranium, a déclaré le président du parlement iranien, Ali Larijani, réagissant au communiqué du département d’État américain brandissant la menace de nouvelles «restrictions» au programme nucléaire civil de Téhéran, annonce l’agence ISNA.

«En vertu de l’accord sur son programme nucléaire, l’Iran est autorisé à produire de l’eau lourde, ce qui ne viole pas cet accord», a rappelé M.Larijani, cité par la même agence.

Washington a annoncé vendredi de nouvelles «restrictions» au programme nucléaire civil iranien, précisant que toute activité de Téhéran pour transférer de l’uranium enrichi hors d’Iran en échange d’uranium à l’état naturel serait désormais «passible de sanctions». Les États-Unis ont appelé l’Iran à «cesser» d’enrichir de l’uranium. Par ailleurs, Washington a assuré ne plus tolérer que l’Iran stocke l’eau lourde produite au-delà des limites autorisées.

Les États-Unis ont également promis d’imposer des sanctions à Téhéran s’il continue d’agrandir sa centrale nucléaire de Bouchehr.

Le Président états-unien Donald Trump s’est retiré il y a un an de l’accord international censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, le jugeant trop laxiste. Pourtant, les autres signataires, à commencer par les alliés européens de Washington, restent attachés à ce texte et Téhéran continue de le respecter, selon les inspecteurs internationaux.

Il s’agit, outre la centrale de Bouchehr, du réacteur à eau lourde d’Arak, qui a été modifié sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de manière à rendre impossible la production de plutonium à usage militaire, et du site souterrain d’enrichissement de Fordo.

Source: Sputnik News