La Cour Internationale de Justice rejette la demande de la CPI de juger les Israéliens accusés de « crimes de guerre » en Cisjordanie


La procureure de la CPI pourra toutefois soumettre une nouvelle demande si celle-ci remplit les conditions.

La Cour internationale de Justice (CIJ) qui siège à La Haye aux Pays-Bas a rejeté mardi la demande de la procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI), Fatou Bensouda, de juger les Israéliens accusés de « crimes de guerre » en Cisjordanie.

Selon la CIJ, la demande de Mme Bensouda ne respecte pas la forme demandée par la Cour, en ajoutant que la procureure pourra toutefois soumettre une nouvelle demande si celle-ci remplit les conditions.

Mme Bensouda avait déclaré le moins dernier être « convaincue qu’il existe une base raisonnable justifiant l’ouverture d’une enquête dans la situation en Palestine », et « que des crimes de guerre ont été commis ou sont en train de l’être en Cisjordanie, notamment à Jérusalem-Est, et dans la bande de Gaza ».

« La décision de la procureure de la Cour Pénale Internationale a transformé la CPI en outil politique pour délégitimer l’Etat d’Israël », avait réagi le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Le procureur général d’Israël, Avichai Mandelblit, avait également affirmé que « la CPI n’est pas compétente pour poursuivre les Israéliens accusés de ‘crimes de guerre’ par les Palestiniens ».

« Seuls les États souverains peuvent déléguer leur juridiction pénale à la CPI. Il est clair que l’Autorité palestinienne ne remplit pas les critères d’un État en vertu du droit international et du Statut fondateur de la CPI », avait-il expliqué.

Source: i24 News

Netanyahu réitère son désir d’annexer les implantations, AP et Hamas fulminent


Plus de 600 000 Israéliens vivent actuellement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, où résident également trois millions de Palestiniens.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui courtise l’électorat de droite en vue des législatives du 17 septembre, a réitéré dimanche son intention d’annexer les implantations en Cisjordanie.

« Avec l’aide de Dieu, nous allons faire valoir la souveraineté juive sur l’ensemble des communautés, au titre de la terre (biblique) d’Israël, et au titre de l’Etat d’Israël », a déclaré Netanyahu lors d’un discours dans l’implantation d’Elkana, en Cisjordanie.

Plus de 600 000 Israéliens vivent actuellement dans des implantations en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, où résident également trois millions de Palestiniens, une proximité souvent source de conflits.

A la toute fin de la campagne pour les élections d’avril, qui n’avaient pas débouché sur un gouvernement d’unité d’où le nouveau scrutin de septembre, Netanyahu avait déjà promis d’annexer les implantations.

Dimanche, le Secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erekat, a demandé à la communauté internationale de prendre des mesures afin d’empêcher M. Netanyahu de passer à l’acte.

« Ceux qui se disent préoccupés à chaque annonce de colonisation israélienne doivent désormais faire face à la réalité : le Premier ministre de la puissance occupante (Israël) annonce l’annexion des Territoires occupés », a-t-il aussitôt réagi sur Twitter.

« Assez d’impunité: la communauté internationale a la responsabilité d’imposer des sanctions à Israël après des décennies de crimes », a-t-il ajouté.

Nabil Abu Rudeineh, porte-parole du président de l’AP, Mahmoud Abbas, a aussi critiqué dimanche la déclaration de Netanyahu.

« Cette affaire est la continuation des tentatives visant à créer un statu quo inacceptable qui ne mènera ni à la paix, ni à la sécurité et ni à la stabilité », a déclaré le porte-parole dans un communiqué, selon le site officiel de l’AP, Wafa.

« La politique de construction dans les colonies, les tentatives de normalisation gratuite, en violation de l’Initiative de paix arabe, et les efforts visant à éroder la solution des deux États sont rejetés et condamnés. »

Hazem Qassim, un porte-parole du groupe terroriste palestinien du Hamas, s’est également attaqué aux déclarations de Netanyahu. « Notre peuple a pris la décision finale d’expulser l’occupation de ses terres », a-t-il affirmé dans un communiqué. « Tous les discours sur l’annexion de la Cisjordanie s’évaporeront face aux tirs intenses de la résistance en Cisjordanie. »

Source : Times of Israël

Cisjordanie: Abbas visite un camp de réfugiés pour la première fois depuis des années


Le président de l’Autorité palestinienne y a rencontré des habitants ainsi que des représentants du camp.

Le président palestinien Mahmoud Abbas s’est rendu samedi, pour la première fois depuis plusieurs années, dans un camp de réfugiés en Cisjordanie, a annoncé l’agence de presse officielle palestinienne Wafa.

M. Abbas a visité le camp de Jalazone, près de Ramallah, dans le centre de la Cisjordanie, et était accompagné du Premier ministre Mohammad Chtayyeh et du secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) Saëb Erekat, selon Wafa.

Le président de l’Autorité palestinienne y a rencontré des habitants ainsi que des représentants du camp, a indiqué l’agence.

Le bureau de M. Abbas a confirmé qu’il s’agissait de sa première visite dans un camp de réfugiés depuis plusieurs années, sans donner plus de précisions.  

Selon des analystes, l’Autorité palestinienne est impopulaire dans plusieurs camps de réfugiés –où d’autres factions palestiniennes exercent souvent une influence notable– en raison de l’incapacité de son gouvernement à améliorer la vie des habitants.

La visite M. Abbas succède à celle jeudi du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou dans l’implantation de Beit El, pour l’inauguration de 650 logements.

Selon Wafa, M. Abbas a rappelé aux habitants du camp de Jalazone que « le peuple palestinien demeurait résolument opposé à l’occupation israélienne. »

Source: i24 News

Avec le lancement du sommet du Bahreïn, un agenda chargé mais peu d’attentes


Tony Blair, Steve Mnuchin et Jared Kushner interviendront à Manama, ainsi que des technocrates et des hommes d’affaires – mais le nom des absents devrait être tout aussi parlant.

Avec, dans l’ombre, les critiques âpres émanant des Palestiniens et un certain scepticisme affiché par d’autres, l’administration Trump va donner le coup d’envoi de son initiative de paix israélo-palestinienne mardi à Manama – espérant lever des milliards de dollars pour soutenir la vision d’une économie palestinienne prospère en cas de conclusion d’un accord de paix.

Les Etats-Unis n’ont obtenu qu’un soutien peu enthousiaste de la part de leurs partenaires traditionnels de paix au Moyen-Orient alors que va s’ouvrir la conférence intitulée « De la prospérité à la paix » au sein de la minuscule capitale bahreïnie, sur fond de tensions croissantes avec l’Iran qui pourraient provoquer un conflit régional.

Cette session de travail de deux jours, qui commence mardi, s’illustrera par l’absence de délégations israélienne ou palestinienne. Elle réunira des participants gouvernementaux et du secteur privé venus de douzaines de pays, même si certains n’ont pas de lien connu avec la politique ou l’économie régionale.

Parmi les personnalités qui assisteront à la conférence, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international (FMI) et le patron de la fédération internationale de football (FIFA) Gianni Infantino.

Si Blair s’est profondément impliqué dans les aspects socio-économiques du conflit israélo-palestinien depuis fort longtemps, Infantino et Lagarde ne se sont, pour leur part, jamais particulièrement distingués dans les affaires régionales.

L’événement comprendra également une présentation effectuée par le gendre et haut-conseiller de Trump, Jared Kushner, et par le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

Certains des intervenants les plus connus qui prendront la parole à la conférence sont issus de la communauté des affaires, comme Stephen Schwarzman, directeur-général du Blackstone Group, et Dina Powell, directrice de Goldman Sachs, qui ont d’ores et déjà travaillé avec l’administration Trump dans le passé.

Powell en particulier a été profondément impliquée dans les toutes premières négociations menées par Kushner entre Israéliens et Palestiniens avant de partir pour rejoindre le secteur privé.

Mais il y a quelque chose de peut-être plus éloquent encore que le nom de ceux qui se trouveront à l’ordre du jour à Manama : C’est le nom de ceux qui n’y figurent précisément pas.

Un seul intervenant palestinien est mentionné. Aucun Israélien ne figure au programme et seuls quelques représentants des Etats arabes ayant décidé d’envoyer une délégation au Bahreïn monteront à la tribune de salle de conférence où aura lieu le sommet.

Sur le programme de la session de travail, aucune mention non plus d’Israël et de la Palestine et seulement quatre références au nom « Palestiniens ».

L’une de ces références figure dans la description du seul participant palestinien qui prendra la parole lors de la rencontre, un homme d’affaires de Cisjordanie qui travaille avec les habitants d’implantation israéliens et qui est considéré avec suspicion par une grande partie de sa communauté.

Les critiques notent également que le programme de l’atelier – qui fait sept pages – ne contient aucune discussion portant sur le moyen de résoudre les querelles politiques au cœur du conflit.

Un document de 40 pages soulignant un plan de 50 milliards de dollars dont l’objectif est de redonner un élan à l’économie palestinienne a été raillé par certains qui y ont vu des propositions utopiques, ou rabâchant de vieilles idées.

Un commentateur l’a comparé à une brochure immobilière.

« Je ne pense pas qu’ils réalisent la difficulté de l’entreprise », déclare Dave Harden, ancien directeur de mission pour l’Agence américaine de développement international (USAID) en Cisjordanie et à Gaza. « Même s’il y a des fonds, la mise en oeuvre est un défi immense ».

Les Palestiniens ont d’ores et déjà rejeté le plan, disant qu’il était une tentative de les acheter, et ils boycottent la conférence.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, pour sa part, a indiqué dimanche que son gouvernement de transition donnerait une chance au sommet. Quelques heures auparavant, néanmoins, l’un de ses ministres, Tzachi Hanegbi, avait dédaigné l’idée d’une liaison terrestre entre Gaza et la Cisjordanie, la qualifiant « d’inappropriée ».

L’administration Trump a reconnu que ses propositions économiques ambitieuses dépendent de l’acceptation d’un plan politique, dont les lignes ne seront pas révélées avant l’automne.

« Difficile de savoir si quelque chose va sortir de cet ordre du jour », estime Shibley Telhami, experte du Moyen-Orient et professeure à l’université du Maryland, au sein de l’institut Sadate pour la paix et le développement.

En passant aux affaires

Alors que pourront donc attendre de ce sommet de quarante-huit heures les personnes qui y seront présentes et celles et ceux qui la suivront viaune retransmission en direct sur YouTube ?

Le sommet doit commencer, mardi soir, par un bref discours de Kushner, suivi d’une discussion appelée « le temps est venu : Construire une coalition pour la prospérité au Moyen-Orient ».

Schwarzman, qui a dirigé pendant une courte période le forum de politique d’entreprise de Trump – qui n’existe plus aujourd’hui – et l’homme d’affaires émirati Mohamed Alabbar évoqueront la manière dont le secteur privé pourra « accompagner une nouvelle ère de prospérité », selon le programme de la conférence.

Mercredi matin, il y aura un panel réunissant Lagarde – qui a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu l’année dernière à Munich – le ministre d’Etat saoudien des Affaires économiques et du développement Mohammed Al-Sheikh et l’homme d’affaires nigérian Tony Elumelu.

Un second groupe, réunissant des personnalités des affaires des Etats-Unis, du Bahreïn, de la Turquie et du Royaume-Uni se consacreront aux moyens, pour la Cisjordanie et Gaza, de créer une « renaissance économique. »

Selon les organisateurs de l’atelier, cette renaissance ne va pas seulement « nécessiter des engagements financiers mais également un cadre politique pro-croissance et favorable pour inciter aux investissements ».

Plus tard dans la matinée, Infantino et le réalisateur de film Fernando Sulichin, basé aux Etats-Unis, évoqueront la manière dont le sport et l’industrie du divertissement pourront « dynamiser le voyage vers la prospérité économique ».

« Une industrie florissante du sport et des loisirs ne créerait pas seulement des opportunités d’emploi de haute qualité pour la population de la région mais elle présenterait également des bénéfices tangentiels et d’ampleur, avec notamment la promotion de la créativité et d’un mode de vie sain », dit le document de la conférence.

D’autres panels seront organisés entre des hommes d’affaires et des experts venus de divers pays, notamment des Emirats arabes unis et d’Inde. Powell débattra de l’émancipation des femmes avec l’entrepreneuse égyptienne Reem Fawzy et la diplomate américaine Josette Sheeran.

Après une pause-déjeuner d’une heure, le président de la Banque mondiale, David Malpass, présenté comme un « expert du développement », aux côtés du directeur-général d’AT&T, Randall Stephenson, discuteront de stratégies visant à « renforcer les institutions publiques, les processus gouvernementaux et l’environnement juridique et régulatoire » dans la région.

Ashraf Jabari, un homme d’affaires de Hébron — et l’un des quelques Palestiniens qui n’a pas boycotté l’événement – sera interrogé sur les moyens à mettre en oeuvre pour développer un environnement commercial local prospère.

Jabari est décrit dans le programme comme le président du Palestinian Business Network, ignorant son rôle de co-président de la Chambre de commerce de Judée et Samarie, un groupe pro-implantations qui prône une coopération plus étroite entre Israéliens et Palestiniens en Cisjordanie.

Plusieurs autres hommes d’affaires palestiniens devraient participer, selon l’homme d’affaire américano-israélien Charles Tawil, à la tête de la délégation, qui n’a toutefois pas souhaité révéler leurs identités en raison « d’inquiétudes en termes de sécurité »

Lundi, un autre homme d’affaires palestinien qui avait confirmé de prime abord sa présence s’est retiré après avoir vu la liste des autres participants, qui sont tous liés à Jabari, selon Tawil.

« Cela ne me fait pas honneur de me trouver à leurs côtés », a estimé Mohammed Massad, 54 ans, un homme né à Jénine qui travaille dans le développement agricole et qui vit à Haïfa depuis 22 ans. Il a refusé de détailler son positionnement.

La conférence s’achèvera par une discussion entre Blair – reconnu comme un ami fervent d’Israël et qui est également un soutien convaincu de la solution à deux Etats – et Kushner, qui, jusqu’à présent, s’est retenu d’appeler à la création d’un Etat palestinien.

« Afin d’ouvrir la voir vers une prospérité économique durable pour la Cisjordanie, pour Gaza et la région, les parties prenantes devront s’attacher aux expériences précieuses des responsables internationaux à même de saisir au plus près les réalités de la région », dit le programme.

« Ce n’est qu’en tirant les leçons apprises ailleurs dans le monde que la Cisjordanie, Gaza et la région seront en mesure de construire une plateforme de croissance et de développement économiques forte », ajoute-t-il.

Lors du panel final, les ministres des Finances s’entretiendront avec Mnuchin.

Néanmoins, l’absence d’autres noms à l’ordre du jour souligne le profond scepticisme sur la conférence qui s’exprime en coulisses, et même parmi les plus grands alliés des Américains du le Golfe qui ont refusé d’envoyer des représentants autres que des ministres de bas niveau ou des adjoints.

La plupart d’entre eux ont lancé une mise en garde, avertissant qu’ils ne soutiendraient pas un plan de paix qui ne serait pas accepté par les Palestiniens.

L’Egypte et la Jordanie, qui sont les seuls alliés de l’Etat juif dans la région, ont également minimisé la conférence et tenté d’expliquer leur participation comme étant simplement à titre d’information. Leur absence dans les panels confirment ce positionnement.

« Nous avons le droit d’évaluer et d’examiner », a dit le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shoukry dans une interview accordée à Russia Today dans la journée de lundi, défendant la présence du pays à la conférence, une initiative très impopulaire dans les rues du Caire. « Mais », a-t-il ajouté, « la décision finale en reviendra à l’Autorité palestinienne ».

Source: Times of Israël

Si le plan économique est flou, il fait allusion à des concessions israéliennes


Attendu depuis longtemps, le document au langage pompeux compte des critiques indirectes d’Israël et n’offre que peu de détails sur sa mise en pratique.

Des palestiniens protestent contre ce que le président américain Donald Trump a appelé l’Accord du Siècle dans la ville Cisjordanie d’hebron, le 22 février 2019. (Wisam Hashlamoun/Flash90)

Le plan économique de l’Administration américaine pour améliorer l’économie palestinienne – la première étape d’un plan de paix en deux parties – compte de nombreuses phrases et expressions ronflantes qui permettent habilement de ne rien dire de spécifique : donner du pouvoir au peuple, débloquer du potentiel, améliorer la gouvernance et la capacité à lancer des programmes, et parle de cadre politique institutionnalisé pro-croissance.

Le document de 40 pages publié samedi, qui promet d’investir 50 milliards de dollars pour développer l’économie palestinienne – après l’aboutissement des négociations de paix avec les Israéliens – est le premier élément tangible des efforts de paix de l’administration Trump, après plus de deux ans de rencontres, de promesses et de retards.

Malheureusement, quiconque voulant comprendre comment la Maison-Blanche envisage cet accord de paix trouvera le document profondément frustrant.

Et pourtant, s’ils font un effort pour plisser les yeux, les Palestiniens, constamment frustrés par les politiques de l’administration Trump, vont peut-être y trouver quelques rares points positifs. Le document présente bien des critiques sous-entendues d’Israël et des recommandations qui font peut-être référence à des concessions substantielles de la part de Jérusalem.

Le Plan de paix pour la prospérité, qui se focalise sur trois « piliers distinctifs de la société palestinienne : l’économie, le peuple et le gouvernement » et qui promet plus de 50 milliards de dollars d’investissements internationaux sur une décennie, a le potentiel « d’ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire palestinienne – une histoire définie, non pas par l’adversité et la perte, mais par la liberté et la dignité », annonce l’avant-propos du plan.

Samedi, des officiels à Ramallah ont rapidement rejeté le plan, avançant l’argument que l’économie palestinienne fleurira seulement une fois que l’occupation israélienne sera terminée. Husam Zomlot, l’ambassadeur palestinien à Londres, a déclaré : « La base de l’économie est qu’aucune valeur monétaire ne peut se substituer à la souveraineté économique qui est le premier pré-requis pour la prospérité. »

Pourtant, comme le dit depuis longtemps Jared Kushner, beau-fils et conseiller proche du président américain Donald Trump, qui dirige les efforts de l’administration pour négocier un accord de paix au Moyen-Orient, le premier volet économique de ce qui a été appelé « l’Accord du siècle » vise à éviter de se laisser piéger dans les aspects politiques du conflit israélo-palestinien.

Le plan choisit soigneusement d’éviter des termes comme « Palestine », « Etat », « solution à deux Etats », « Etat juif », « implantations », « occupation » ou « annexion ». Il mentionne Israël six fois, et seulement dans le contexte des pays voisins de la « Cisjordanie et de Gaza ». Le texte évite l’emploi de termes comme « Territoires palestiniens », et ne mentionne pas les zones A, B et C entre lesquelles la Cisjordanie est actuellement divisée, en respect des accords d’Oslo.

La seconde partie du plan, qui traite des questions centrales du conflit comme les frontières et la sécurité, doit être dévoilée dans une phase ultérieure (probablement vers la fin de l’année, après qu’un nouveau gouvernement israélien aura été formé).

Pourtant, le Plan de paix pour la prospérité, dont les détails seront discutés précisément lors de l’atelier de travail économique de la semaine prochaine au Bahreïn, inclut bien des critiques implicites d’Israël, et des références à des recommandations qui pourraient bien ne pas plaire à Jérusalem.

A titre d’exemple, le plan de Kosher soutient des « mesures pour améliorer la coopération palestinienne avec l’Egypte, Israël, la Jordanie, avec l’objectif de réduire les barrières régulatrices de mouvements des biens et de personnes palestiniens ».

Cela pourrait impliquer des politiques qui nécessitent une levée du blocus maritime d’Israël sur Gaza, et d’enlever les barrages routiers et autres entraves à la liberté de mouvement.

« Le peuple palestinien est quotidiennement confronté à des difficultés logistiques en Cisjordanie et à Gaza, l’empêchant de voyager, limitant son développement économique, réduisant ses exportations, et bloquant l’investissement étrange direct », précise le document.

Selon Yair Lapid, co-dirigeant du parti Kakhol lavan, cette partie du plan est un « message direct au gouvernement israélien qu’il devra faire certaines concessions sérieuses ». Lapid a écrit sur Facebook : « Nous devons clairement expliquer à l’avance que toutes les concessions sont conditionnées au fait que la liberté d’action de Tsahal en Cisjordanie reste intacte. »

Pour soulager les restrictions qui bloquent la croissance, le plan de paix pour la prospérité propose non seulement la construction de routes supplémentaires à travers la Cisjordanie et Gaza, mais aussi un nouvel « axe de circulation qui relie directement la Cisjordanie et Gaza grâce à une route principale, et éventuellement, une ligne de train moderne ».

La proposition de paix économique de la Maison-Blanche dévoilée sur son site web, le samedi 22 juin 2019. (Capture d’écran)

Ce projet va « réduire les difficultés de mouvement pour les Palestiniens et enlever les obstacles qui retardent et empêchent les biens d’aller sur les marchés en reliant directement les centres de population et en assouplissant les restrictions de mouvement ».

L’axe reliant Gaza à la Cisjordanie est l’un des projets les plus tangibles du programme. L’autre élément très concret est la construction prévue et le développement d’une « nouvelle université modèle pour les sciences humaines et la science en Cisjordanie et à Gaza » qui pourrait coûter jusqu’à 500 millions de dollars.

Un autre point offrant une critique implicite mais forte d’Israël est à retrouver dans la proposition du plan de développer l’agriculture palestinienne. Actuellement, l’agriculture représente moins de 10 % des emplois palestiniens, et ce secteur n’a pas encore atteint son potentiel complet « à cause de l’accès limité des fermiers palestiniens à la terre, l’eau et la technologie », explique le document.

Sans le dire avec beaucoup de mots, le plan de Kushner semble faire écho aux critiques qui accusent Israël d’empêcher les fermiers palestiniens de profiter des ressources naturelles déjà réduites qui sont à leur disposition.

Pour remédier à cette situation, le plan de paix pour la prospérité propose « un environnement d’affaires amélioré en Cisjordanie et à Gaza et un accès à plus de terres ».

Le plan propose aussi d’apporter son soutien à des start-ups palestiniennes en développement qui font face à des « entraves pour se développer [à cause] des contraintes en terme de ressources auxquelles elles sont actuellement confrontées ».

Il est intéressant de noter que l’administration américaine, qui a coupé les financements pour l’art aux Etats-Unis, cherche à encourager les artistes palestiniens.

La Cisjordanie et Gaza sont « les foyers de beaucoup des artistes et poètes les plus célèbres de la région », a expliqué le texte, en soulignant que « le grand héritage culturel [des Palestiniens] devrait être célébré et soutenu ».

Le document a aussi recours à de la douce flatterie, en vantant le potentiel touristique de la cuisine palestinienne.

Mais s’il y a bien certaines parties du document que les Palestiniens trouveront inoffensives, et peut-être dignes d’intérêt, certaines parties – et les Israéliens aussi, pour cette raison – seront peut-être plus difficiles à analyser en détails.

Et tout cela parce que, jusqu’à présent, le plan, et tout son vocabulaire pompeux, est seulement disponible en anglais. On ne sait pas si la Maison-Blanche publiera des versions en arabe et hébreu.

Source: Times of Israël

L’Union européenne, « opposée à la politique de colonisation », condamne à nouveau Israël


20.000 logements construits en Cisjordanie ces 10 dernières années sous les gouvernements de Netanyahou.

L’Union européenne (UE) a condamné Israël samedi après des appels d’offres lancés mercredi par le ministère du Logement pour la construction de 805 nouveaux logements dans les quartiers de Ramot et Pisgat Zeev, dans la partie Est de Jérusalem.

« La politique de peuplement et d’expansion dans le territoire occupé de Jérusalem-Est continue de compromettre la possibilité d’une solution à deux États avec Jérusalem comme future capitale, le seul moyen réaliste de parvenir à une paix juste et durable », a déclaré l’UE dans un communiqué.

« L’UE s’oppose fermement à cette politique d’Israël, illégale au regard du droit international et qui constitue un obstacle à la paix », a-t-elle insisté ajoutant qu’elle « continuera à travailler avec les deux parties ainsi que ses partenaires internationaux et régionaux pour soutenir la reprise des pourparlers pour une solution à deux États ».

L’annonce, publiée le 29 mai, comprend la construction de nouveaux logements ainsi que des zones commerciales.

Mi-mai, le mouvement extra-parlementaire israélien, La Paix maintenant, a rapporté qu’Israël avait lancé la construction de près de 20.000 logements dans les implantations israéliennes en Cisjordanie au cours des dix années passées sous les gouvernements dirigés par Benyamin Netanyahou.

Selon le rapport, Israël aurait par ailleurs alloué aux implantations plus de 10 milliards de shekels (2,8 milliards de dollars) durant ces périodes en budgets spécifiques, c’est-à-dire ne comprenant pas notamment le budget sécuritaire.

Source: i24 News

La Maison-Blanche se concentrera sur l’investissement au Moyen-Orient dans le cadre d’une proposition de paix


La Maison-Blanche a annoncé dimanche après-midi la première partie de sa proposition de paix au Moyen-Orient, ce que les responsables appellent un  » atelier  » économique pour encourager l’investissement de capitaux en Cisjordanie, à Gaza et dans la région, a déclaré un haut fonctionnaire à CNN.

L’atelier se tiendra à Manama, au Bahreïn, les 25 et 26 juin, réunissant les ministres des finances et des chefs d’entreprise mondiaux et régionaux. Cet effort est dirigé par Jared Kushner, conseiller principal de la Maison-Blanche et gendre du président, et Jason Greenblatt, envoyé de la Maison-Blanche au Moyen-Orient, qui ont consacré des années à l’élaboration de la proposition et à la composante politique, beaucoup plus complexe, dont les responsables ont déclaré qu’elle serait annoncée plus tard dans l’année.

Interrogé à ce sujet, Kushner a déclaré à CNN que « les gens laissent le conflit de leurs grands-pères détruire l’avenir de leurs enfants ». Il s’agit là d’une voie d’avenir passionnante, réaliste et viable qui n’existe pas à l’heure actuelle. »

Le plan discutera de quatre éléments majeurs, a déclaré le haut fonctionnaire de l’administration : l’infrastructure, l’industrie, l’autonomisation et l’investissement dans les ressources humaines, et les réformes de la gouvernance « pour rendre la région aussi investirable que possible ». Kushner aurait modelé les détails de la proposition économique sur ce qui a fonctionné en Pologne, au Japon, à Singapour et en Corée du Sud.

Le plan économique comprendra une « combinaison de subventions, de prêts à faible taux d’intérêt, puis aussi des capitaux privés », a déclaré une deuxième haute administration à la presse dimanche.

L’atelier tentera d’éviter studieusement les nombreuses questions politiques qui ont rendu la paix si difficile depuis si longtemps : si les Palestiniens obtiendront leur propre État, le statut de Jérusalem, les mesures prises par Israël au nom de la sécurité, et ce qui devrait arriver aux Palestiniens et à leurs descendants qui ont fui ou ont été chassés d’Israël au moment de la création de cet État en 1948. Les ministres des finances, mais pas les ministres des affaires étrangères, seront invités avec des délégations de chefs d’entreprise.

« Nous reconnaissons que cela doit aller de pair avec le plan politique, mais ce sera la première occasion de présenter les détails du plan économique », a déclaré le premier responsable, ajoutant que ce sera l’occasion de montrer aux Palestiniens, aux Jordaniens, aux Israéliens et aux Libanais que « les PDG se soucient d’eux et veulent investir dans cette région ».

Le deuxième responsable a déclaré que l’atelier se concentrera uniquement sur le plan économique  » pour montrer qu’il ne peut y avoir de paix sans stabilité et opportunités économiques, mais qu’il ne peut y avoir de possibilités économiques et de stabilité sans paix et sans terreur et sans résoudre certains de ces problèmes fondamentaux « .

« Si vous parvenez à relancer l’économie (des Palestiniens) dans la bonne direction, ils ont vraiment l’occasion de prospérer « , ont-ils ajouté.

M. Kushner qualifie l’événement d' » atelier  » plutôt que de sommet, a dit le premier responsable, car il compte sur les réactions des nombreux orateurs et autres participants invités, y compris des territoires palestiniens, à la proposition.

« Nous pensons que cela montrera le potentiel de toute la région », a déclaré le responsable. « S’il y a la paix, elle touchera non seulement la Cisjordanie et Gaza, mais aussi la Jordanie, le Liban, Israël et l’Égypte. Les économies vont s’intégrer. »

« Pensez à tout l’argent qui est dépensé en balles en ce moment, » a déclaré le responsable. « S’il pouvait être dépensé pour l’infrastructure et le capital humain, pensez à combien la région pourrait être meilleure. »

Le fonctionnaire a nié que le déploiement se faisait de cette façon afin de présenter une vision d’un territoire palestinien plus prospère et d’encourager de plus grandes concessions dans tous les pourparlers politiques à venir.
« Il est difficile de digérer à la fois les propositions économiques et politiques, car il s’agit de propositions très détaillées », a déclaré le responsable.

Le plan économique a été bien accueilli par les pays arabes qui en ont été informés, a dit le deuxième responsable, ajoutant qu' »il suscite beaucoup d’intérêt ».

Interrogé spécifiquement sur Gaza, le responsable a déclaré que « tout paquet d’investissement qui sera mis en place devra être basé sur un accord de cessez-le-feu réel, permanent et vérifiable ».

« Espérons que les habitants de Gaza verront qu’il existe un plan très, très solide qui – et beaucoup de donateurs, de pays donateurs du monde entier – sont prêts à venir investir à Gaza « , a déclaré le responsable, qui a refusé de dire combien d’engagements financiers l’administration Trump a obtenu des autres pays pour investir dans les territoires palestiniens.

Dimanche après-midi, le porte-parole du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Nabil Abu Rudeineh, a déclaré à CNN que le plan était « futile ».

« Tout plan économique sans horizon politique ne mènera nulle part, a-t-il dit, ajoutant que les Palestiniens n’accepteront aucune proposition qui n’inclurait pas un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale.

La décision de la participation ou non des Palestiniens à l’atelier sera prise par les dirigeants d’Abbas, a dit Abou Rudeineh, notant que lorsqu’une réunion similaire s’est tenue à Washington en mars 2018 pour discuter des moyens d’améliorer la situation économique et humanitaire des Gazaouis, ces derniers avaient choisi de rester à l’écart.

Les dirigeants palestiniens et d’autres dirigeants arabes ont déjà exprimé leur scepticisme à l’égard du plan de Kushner, étant donné l’appui sans faille de l’administration Trump à Israël et au gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahou, le déplacement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem de Tel Aviv et la reconnaissance de la revendication israélienne sur le plateau du Golan, tout en suspendant le financement de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens.

Source: CNN

Traduit par: SENTINELLE SAPS

Plan de paix US: Ramallah n’a pas été consulté au sujet de la conférence économique prévue à Bahreïn (PM palestinien)


Le volet économique du plan de paix, a été dévoilé sur CNN. Pour voir l’article: cliquez ici

SENTINELLE SAPS

Les Palestiniens n’ont pas été consultés au sujet d’une conférence organisée par les États-Unis à Bahreïn le mois prochain destinée à encourager les investissements internationaux en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a déclaré lundi le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayyeh.

« Le cabinet n’a pas été consulté concernant un quelconque ‘atelier’ économique, ni sur le contenu, ni sur les objectifs, ni sur le calendrier », a-t-il affirmé devant la presse, évoquant la conférence annoncée par Washington dimanche.

« La solution au conflit israélo-palestinien est purement politique, et nous ne négocierons pas nos droits politiques contre de l’argent », a-t-il par ailleurs insisté.

Les Etats-Unis vont dévoiler le volet économique du très attendu plan de paix israélo-palestinien promis par Donald Trump lors d’une conférence organisée les 25 et 26 juin à Bahreïn, a annoncé dimanche la Maison Blanche.

L' »atelier », co-organisé avec les autorités de Manama, intitulé « De la paix à la prospérité », va réunir des dirigeants de plusieurs gouvernements, de la société civile et du monde des affaires.

Les Israéliens n’ont pas encore confirmé leur participation, quant aux Palestiniens, ils ont d’ores et déjà prévenu que « les tentatives visant à promouvoir une normalisation économique de l’occupation israélienne de la Palestine seront rejetées », selon le secrétaire général de l’OLP, Saeb Erekat.

La date de la présentation du volet politique du plan américain, repoussée plusieurs fois, n’est pas encore connue, mais Jared Kushner, conseiller et gendre du président des Etats-Unis chargé par son beau-père de parvenir à « l’accord ultime » entre Israéliens et Palestiniens, a fait savoir qu’il entendait le dévoiler « très bientôt ».

Ses propositions devaient être présentées après le ramadan, avait-il confié, mais l’administration américaine a annoncé un nouveau report à une date ultérieure au 10 juin, souhaitant attendre la formation du gouvernement israélien, ainsi que la fin des fêtes juives de Shavuot, le 9 juin au soir.

Source: i24 News

Eurovision : Les organisateurs rejettent la politique, mais Israël vise le BDS


Les partisans du boycott peuvent regarder une autre émission, mais lors de l’événement principal à Tel Aviv, même les mauvais garçons islandais Hatari sont censés bien se comporter.

Globalvision, une émission BDS qui ira à l’encontre de l’Eurovision 2019, protestant contre l’organisation par Israël du concours international de la chanson, utilise le logo de cette année pour promouvoir son propre message.

Lorsque l’événement culte du Concours Eurovision de la Chanson 2019 débutera le samedi 18 mai au soir, certains fans mécontents pourraient choisir d’exprimer leur désapprobation à l’égard d’Israël, pays hôte, en regardant Globalvision, une autre émission en ligne qui soutient les artistes palestiniens.

Cette émission concurrente s’adresse aux téléspectateurs qui « soutiennent les principes fondamentaux du droit de tous les réfugiés au retour, des droits de l’homme et de la dignité pour tous », selon le site Web de l’organisation.

La retransmission de Globalvision sera diffusée en direct à Dublin, Haïfa, Londres et Bethléem et comprendra des enregistrements d’artistes tels que le musicien britannique Brian Eno, la soprano palestinienne Dima Bawab, le chanteur pop palestinien Bashar Murad ou encore l’artiste israélienne Ohal Grietzer.

Les participants à l’événement BDS sont pour la plupart des concurrents qui n’ont pas réussi à entrer dans l’Eurovision, a déclaré Adam Shay, un expert en boycott culturel du Centre des affaires publiques et de l’État de Jérusalem [Jerusalem Center for Public Affairs].

En tout état de cause, la retransmission de Globalvision est un non-événement pour l’Union européenne de radio-télévision [UER], l’organisation qui gère le Concours Eurovision de la chanson.

Kobi Merimi, candidat d’Israël à l’Eurovision de cette année, en répétition, le 12 mai 2019.

« L’UER a la capacité de faire baisser la tension concernant le BDS » – le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions contre Israël – a déclaré Shay, qui a rencontré des membres de l’organisation européenne à Tel Aviv la semaine dernière.

« Ce n’est pas une initiative israélienne, c’est l’UER, et cela leur appartient et ils la protègent avec véhémence. Ils n’autoriseront aucune déclaration ou action politique de la part des candidats – tout candidat qui essaiera de le faire sera probablement éliminé. »

Même si l’UER n’est peut-être pas concernée, Israël est très sensible à tout ce qui ressemble au BDS, dit Shay.

« Nous sommes si sensibles à propos de l’Eurovision que lorsque le groupe islandais parle de BDSM, nous pensons que c’est du BDS », dit Shay.

Le groupe islandais Hatari, qui chante un message d’anti-capitalisme vêtu de pointes, de cuir et de chaînes, a d’abord prétendu que sa chanson « Hatred Will Prevail » était une déclaration politique contre le gouvernement israélien, bien que la chanson ne fasse aucune référence à Israël.

Le groupe se définit lui-même comme un groupe techno « anti-capitaliste, BDSM [bondage-discipline-sadisme-masochisme] ».

Il s’agit de BDSM, pas de BDS, et cela n’a rien à voir avec le mouvement de boycott.

Les membres du groupe ont fait sensation plus tôt cette année en menaçant d’utiliser leur tribune pour critiquer Israël pour son traitement des Palestiniens. Ils ont également défié le Premier ministre Benjamin Netanyahu à un match amical de lutte traditionnelle islandaise.

En vérité, cependant, ils ne peuvent pas se permettre de faire des vagues politiques s’ils veulent concourir, a dit Shay.

Néanmoins, le gouvernement israélien a tranquillement mis en place une campagne de relations publiques visant à contrer les appels au boycott du concours de chansons à Tel Aviv.

L’initiative affiche sur Google des annonces qui semblent soutenir le mouvement de boycott, mais qui sont en fait liées à un site Web pro-Israël.

Et Kan, le principal radiodiffuseur du pays, qui diffusera l’Eurovision, a publié une comédie musicale de près de quatre minutes et demie pour tenter de jeter un regard satirique sur Israël, se livrant à une auto-dérision sur la manière dont le pays traite, notamment, ses Palestiniens, ses juifs gloutons, ses chauffards, sa passion du shawarma et le désastre industriel de la mer Morte.

Cette vidéo ironique contraste fortement avec un panneau d’affichage placé au-dessus de l’autoroute reliant l’aéroport international Ben Gurion à Tel Aviv par l’organisation israélienne Breaking the Silence, qui proteste contre « l’occupation » par le pays de la Cisjordanie.

L’affiche de Breaking the Silence placée au-dessus de l’autoroute entre l’aéroport international Ben Gurion et Tel Aviv, visant à attirer l’attention des touristes arrivant pour l’Eurovision 2019.

L’affiche reprend le logo de l’Eurovision, « Dare to Dream » [Oser rêver], avec les mots “of freedom” [de liberté] sur la seconde moitié, une photo de la barrière de sécurité en Cisjordanie et une tour de guet militaire. L’organisation, qui recueille des témoignages de soldats israéliens, organise régulièrement des visites à Hébron.

Netta Barzilai, la chanteuse israélienne qui a remporté l’Eurovision 2018 avec son interprétation décalée de « Toy », a condamné toute tentative de boycott.

« C’est un festival de lumière », a-t-elle déclaré la semaine dernière à l’Association de la presse étrangère à Jérusalem. « Les gens qui boycottent la lumière répandent les ténèbres. »

Source: Times of Israël

Rejet israélien d’une demande française de reprise du transfert fiscal à l’AP


Paris a demandé à Israël de reprendre les paiements, gelés à cause du soutien aux familles des terroristes ; pour Jérusalem, cette démarche violerait l’antiterrorisme européen.

Israël aurait rejeté une demande officielle soumise par le gouvernement français concernant la reprise du transfert des paiements de taxes à l’Autorité palestinienne, fustigeant Paris pour ce que Jérusalem a qualifié de demande « immorale ».

La France aurait envoyé une lettre officielle à Israël la semaine dernière, recommandant vivement au pays de « changer [la] décision portant sur le gel des transferts à l’Autorité palestinienne des fonds issus des prélèvements de taxes », a fait savoir la Douzième chaîne dimanche. Ce courrier a été envoyé après l’annonce faite par Israël, au mois de février, que l’Etat juif bloquerait le versement de 138 millions de dollars mensuels à l’AP en déduction des sommes versées par l’Autorité aux Palestiniens détenus en Israël pour terrorisme et violence, et aux familles des terroristes tués.

En signe de protestation contre l’initiative israélienne, le président de l’AP, Mahmoud Abbas, avait fait savoir qu’il n’accepterait plus aucun argent de la part d’Israël et, depuis, l’AP n’a versé à ses fonctionnaires qu’une partie seulement de leurs salaires mensuels. Israël, qui collecte les taxes au nom de l’AP, estime que les « salaires du terrorisme » encouragent à la violence. Pour l’Autorité palestinienne, ces paiements sont une forme d’allocation versée aux familles ayant perdu la personne qui assurait leurs besoins quotidiens.

Rejetant l’appel lancé par la France, Israël a répondu que sa politique serait maintenue en l’état. Utilisant un langage inhabituellement teinté d’amertume, le pays aurait également déclaré à Paris : « Votre requête n’est ni juste moralement, ni juste au niveau diplomatique, et elle contredit même les principes de la politique européenne dans la lutte antiterroriste. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’une réunion du cabinet qui a eu lieu dimanche, a répété que la politique de rétention des fonds resterait en vigueur, a noté la Douzième chaîne.

La semaine dernière, un haut-responsable de l’AP aurait averti que le Hamas voulait exploiter la situation économique en Cisjordanie et verser de l’argent aux agents de l’Autorité et aux forces de sécurité afin de prendre le contrôle du territoire.

Cet effort pourrait ressembler au coup d’Etat réalisé par le Hamas, à Gaza, en 2007, a noté le responsable, selon un reportage diffusé sur la Douzième chaîne. Le Hamas avait renversé la faction du Fatah de Mahmoud Abbas à Gaza, prenant la tête du territoire deux ans après le retrait unilatéral d’Israël. Le groupe terroriste dirige depuis lors l’enclave côtière.

« Nous craignons que le Hamas n’exploite la situation économique qui ne cesse de se détériorer pour nos officiers et pour les membres de nos forces de sécurité et qu’il ne les achète en leur versant des fonds », aurait poursuivi le responsable lors d’une réunion à huis-clos qui aurait eu lieu cette semaine. « C’est ainsi que le Hamas a pris le contrôle de Gaza lors du coup d’Etat de 2007, avec des pots-de-vins versés en dessous-de-table. »

Le ministre palestinien des Finances a annoncé des coupes de salaires pour les fonctionnaires quelques jours après qu’Israël a fait savoir que le pays gèlerait des dizaines de millions de dollars en transferts fiscaux à l’AP.

Source: Times of Israël