Netanyahu : L’Iran cherche à cibler Israël depuis le Yémen


Téhéran développe sa capacité de frappes de précision au Moyen Orient, a averti le Premier ministre à Steven Mnuchin, qui promet plus de sanctions économiques contre les Iraniens

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti lundi que l’Iran cherche à développer et déployer des armes guidées qui peuvent frapper n’importe quel point au Moyen Orient, y compris en les plaçant au Yémen, dans le but d’attaquer Israël.

M. Netanyahu a fait ces remarques alors qu’il rencontrait le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin au cabinet du Premier ministre à Jérusalem, où les deux hommes ont donné une conférence de presse conjointe avant leur entretien.

« L’Iran cherche à mettre au point des missiles guidés de précision, des missiles qui peuvent atteindre n’importe quelle cible au Moyen Orient avec une circonférence de cinq à dix mètres », a déclaré M. Netanyahu dans un communiqué en anglais de son bureau. « Ils développent ça en Iran. »

« Ils veulent les placer en Irak et en Syrie, et convertir l’arsenal libanais de 130 000 roquettes [imprécises] en munitions guidées de précision », a-t-il ajouté. « Ils cherchent aussi à développer cela, et ont déjà commencé à le faire au Yémen, dans le but d’atteindre Israël de là aussi. »

« L’Iran est la plus grande menace pour la stabilité et la paix au Moyen Orient », a averti M. Netanyahu et a appelé Washington à imposer des sanctions supplémentaires afin de mettre fin à ce qu’il a appelé la « surenchère du tout pour le tout de l’Iran » au Moyen Orient.

En septembre, une attaque combinée de missiles de croisière et de drones a frappé les installations pétrolières de l’Arabie saoudite.

Les attaques, revendiquées par les rebelles Houthis soutenus par l’Iran au Yémen, ont endommagé un tiers de l’infrastructure pétrolière de l’Arabie saoudite et provoqué une flambée des prix mondiaux de l’énergie. Washington, Ryad, Berlin, Londres et Paris ont imputé à l’Iran les attentats, ce que Téhéran a nié.

Il n’était pas clair quel avantage stratégique l’Iran obtiendrait en ciblant Israël à partir du Yémen, qui est presque deux fois plus éloigné de l’État juif que son propre sol.

Lors de la réunion, Mnuchin s’est engagé à renforcer les sanctions économiques contre l’Iran, affirmant que la « campagne de pression maximum » de Washington est en train de faire cesser l’agression iranienne.

Il a déclaré que les sanctions américaines visent à forcer l’Iran à cesser « ses mauvaises activités et à exporter du terrorisme, en cherchant à créer des capacités nucléaires et des missiles ».

Washington a réimposé des sanctions à l’Iran après avoir dénoncé l’année dernière un accord nucléaire conclu avec sept pays en 2015, qui offrait à l’Iran un allègement des sanctions en échange de restrictions à son programme nucléaire. Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il se retirait de l’accord parce qu’il n’allait pas assez loin pour empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires et qu’il n’abordait pas correctement le programme balistique de l’Iran.

L’Iran nie vouloir produire des armes nucléaires et a également commencé à réduire ses engagements dans le cadre de l’accord connu sous le nom de Joint Comprehensive Plan of Action. Au fur et à mesure que le pacte s’effondre, les tensions au Moyen Orient ont augmenté avec des attaques non revendiquées contre des pétroliers dans le golfe Persique.

Hoveizeh, le nouveau missile de croisière de l’Iran, est présenté lors d’une exposition dans la capitale Téhéran, le 2 février 2019. (Atta Kenare Atta/AFP)

La semaine dernière, la radio de l’armée israélienne a rapporté qu’Israël se préparait à une attaque directe de missiles de croisière ou de drones par Téhéran en réponse aux récentes attaques contre des mandataires régionaux iraniens qui ont été attribués à l’Etat juif.

Le rapport cite des sources israéliennes anonymes qui ont déclaré que Tsahal était déjà en état d’alerte quant à cette possibilité.

Le cabinet de sécurité de haut niveau se réunira mardi pour une réunion spéciale dans un contexte de tensions avec la République islamique, selon le rapport.

Ce serait la deuxième fois ce mois-ci que l’organe, qui doit approuver les grandes opérations militaires, se réunit. Le 6 octobre, ses membres se sont rassemblés au milieu des avertissements sibyllins lancés par les dirigeants israéliens au sujet d’une menace croissante pour la sécurité de l’Iran. Cette réunion a duré près de six heures.

Contrairement aux missiles balistiques, qui volent habituellement dans un arc de cercle élevé en direction de la cible, les missiles de croisière et les drones volent à basse altitude, ce qui les rend plus difficiles à détecter.

L’Iran semble avoir intensifié ses activités et ses attaques de drones ces derniers mois. En août, des avions de combat israéliens ont effectué des frappes aériennes en Syrie pour contrecarrer une attaque planifiée contre Israël par des combattants soutenus par l’Iran utilisant des drones armés, a déclaré l’armée israélienne. L’armée israélienne a déclaré que sa frappe visait des agents de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran, ainsi que des milices chiites qui prévoyaient d’envoyer des drones d’attaque « kamikaze » en Israël armés d’explosifs.

Israël s’est juré d’empêcher les milices régionales de substitution de l’Iran d’obtenir des armes avancées à utiliser contre l’État juif et a effectué des centaines de frappes aériennes en Syrie qui, selon lui, devaient empêcher la livraison d’armes et mettre un terme au retranchement militaire de l’Iran dans ce pays.

Mnuchin dirige une délégation au Moyen Orient et en Inde pour discuter des liens économiques et des initiatives antiterroristes. Il est rejoint par Jared Kushner, conseiller principal et gendre du président américain Donald Trump, qui a également rencontré Netanyahu et son principal rival, le chef du parti Kakhol lavan, le député Benny Gantz.

M. Gantz a été chargé la semaine dernière de former un gouvernement après l’échec à le faire de M. Netanyahu à la suite des élections improductives de septembre, mais ses chances de former une coalition semblent encore plus faibles que celles du Premier ministre en exercice.

Source: Times of Israël

Iran: l’élimination d’Israël « n’est plus un rêve mais un but atteignable » (chef des Gardiens de la Révolution)


« Ce régime sinistre doit être éliminé de la carte »

La destruction d’Israël « n’est plus un rêve mais un but à portée de main », a déclaré lundi le général de division Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique d’Iran.

Au terme des 40 premières années « de la Révolution islamique, nous sommes parvenus à atteindre la capacité de détruire le régime sioniste » et, « dans la deuxième phase (de la Révolution), ce régime sinistre doit être éliminé de la carte et ceci n’est plus un idéal ou un rêve, mais un but à portée de main », a déclaré le général Salami, cité par Sepahnews, le site officiel des Gardiens.

L’officier a tenu ces propos à Téhéran lors d’une réunion biennale des commandants des Gardiens, alors que nombre d’observateurs redoutent que l’escalade des tensions entre Téhéran d’un côté et Washington et ses alliés de l’autre ne dégénère en un drame susceptible d’embraser le Proche et le Moyen-Orient. 

Les déclarations du général Salami sur Israël ont été reprises en Une par les agences Tasnim et Fars, proches des ultraconservateurs.

L’hostilité affichée de l’Iran contre Israël est une constante de la politique iranienne depuis la Révolution islamique de 1979, et Téhéran soutient ouvertement des groupes armés palestiniens comme le Hamas ou le Djihad islamique, ainsi que le Hezbollah libanais, ennemi d’Israël à sa frontière nord. 

Source: i24 News

Hajizadeh : l’Iran est prêt à une « guerre totale » contre les Etats-Unis


« Les bases américaines et leurs porte-avions à une distance de 2 000 km autour de l’Iran sont à portée de nos missiles, » a mis en garde le général iranien

Le général de brigade Amir Ali Hajizadeh, responsable des forces aériennes du Corps des gardiens de la révolution iraniens. (Crédit : capture d’écran YouTube/MEMRI)

Dimanche, un haut gradé iranien a prévenu que Téhéran était prêt à un conflit total avec les Etats-Unis, précisant que son pays pouvait lancer des missiles sophistiqués contre des bases américaines et des porte-avions à une distance de 2 000 kilomètres.

La déclaration a semblé être une réponse à l’accusation lancée samedi par Washington contre l’Iran après que des rebelles Houthi du Yemen ont mené des attaques de drone contre la plus grande installation de traitement du pétrole en Arabie Saoudite et un très important champ pétrolier, déclenchant des incendies gigantesques sur un lieu sensible pour l’approvisionnement en énergie mondiale.

Le ministre de l’Energie d’Arabie saoudite a déclaré que le royaume avait temporairement arrêté sa production sur les deux usines d’Aramco qui ont été attaquées par les rebelles yéménites, bloquant environ la moitié de la production totale de l’entreprise.

Les rebelles Houthis soutenus par l’Iran, qui contrôlent la capitale du Yémen, Sanaa, et d’autres territoires dans le pays le plus pauvre du monde arabe, ont revendiqué les attaques dans le cadre du conflit contre la coalition conduite par l’Arabie saoudite qui lutte depuis 2015 pour remettre en place le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. Les Etats-Unis ont accusé l’Iran, et le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo a tweeté : « Il n’y a pas de preuves que les attaques venaient du Yémen ».

« L’Iran a maintenant lancé une attaque sans précédent contre un fournisseur mondial de l’énergie », a ajouté Pompeo.

Dimanche, le commandant des Forces aériennes des Gardiens de la révolution, Amir Ali Hajizadeh, a été cité par l’agence de presse semi-officielle Tasnim comme ayant déclaré : « Tout le monde devrait savoir que toutes les bases américaines et leurs porte-avions à une distance de 2 000 kilomètres autour de l’Iran sont à portée de nos missiles », selon Reuters.

« L’Iran a toujours été prêt pour un conflit total », a ajouté Hajizadeh, sans mentionner directement les attaques en Arabie Saoudite.

Dimanche également, le ministre iranien des Affaires étrangères a rejeté comme étant « infondées » les accusations américaines, suggérant qu’il s’agissait d’un prétexte pour riposter contre la République islamique.

« De telles accusations et remarques inutiles et aveugles sont incompréhensibles et infondées », a déclaré un porte-parole du ministère Abbas Mousavi, cité dans un communiqué.

Les accusations sur les frappes de samedi auraient pour but de justifier de « futures actions » contre l’Iran, a-t-il ajouté.

Les attaques de drone ont affecté jusqu’à la moitié des sources d’approvisionnement du plus grand exportateur de pétrole dans le monde, même si la production devrait revenir à la normale dans les prochains jours, ont annoncé de multiples agences de presse, citant des sources non-identifiées. On ne sait pas précisément si quelqu’un a été blessé à l’usine de production de pétrole d’Abqaiq et dans le champ de pétrole de Khurais.

Les attaques ont suivi plusieurs semaines d’attaques similaires de drones contre l’infrastructure pétrolière du royaume, mais aucune des frappes précédentes n’avait semblé causer autant de dégâts. Les attaques vont probablement renforcer les tensions dans la zone du Golfe persique en pleine crise entre les Etats-Unis et l’Iran au sujet de l’accord sur le nucléaire iranien.

L’Iran a été plus vif dans ses attaques verbales contre les Etats-Unis en réaction à la décision du président Donald Trump de quitter l’accord sur le nucléaire de 2015 et sur les sanctions économiques dures imposées contre la République islamique, qui ont sérieusement entravé l’économie.

Il y a cependant eu des rumeurs sur une potentielle rencontre entre Trump et son homologue iranien, Hassan Rouhani, même si ce dernier a déclaré que des négociations avec les Etats-Unis sont inutiles à moins que les sanctions ne soient d’abord levées. Alors que Trump a dit qu’il était prêt à une rencontre sans pré-condition, le Secrétaire américain au Trésor Steve Mnuchin a déclaré jeudi qu’une telle rencontre n’était pas encore prévue.

Source: Times of Israël

Hamas: le Hezbollah et l’Iran interviendront si Israël cherche à nous « détruire »


Un officiel du groupe terroriste de Gaza a évoqué auprès d’un journal libanais les accords conclus le mois dernier à Téhéran.

Le guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei rencontre une délégation du Hamas, à Téhéran le 22 juillet 2019. (Crédit : Bureau du guide suprême iranien via AP)

Samedi, un officiel du groupe terroriste palestinien a déclaré à un journal libanais que lors du prochain conflit majeur, si les maîtres de Gaza ont le sentiment qu’Israël essaie de « détruire » le groupe, ses alliés régionaux joindraient leurs forces au Hamas.

C’était l’un des accords scellés entre le Hamas et l’Iran lors d’une rencontre de haut rang à Téhéran le mois dernier, a annoncé le journal libanais pro-Hezbollah al-Akhbar (en arabe) samedi.

« Si l’ennemi israélien lance une agression contre la bande de Gaza, et que nous estimons qu’il s’agit d’une bataille limitée qui ne se transformera pas en guerre pour nous détruire, nous y ferons face seuls », a déclaré l’officiel, cité par le journal.

« Mais si l’ennemi [Israël] tente de détruire la résistance, le reste de l’axe nous rejoindra dans la bataille », a-t-il continué, en référence à l’Iran et à ses alliés, le Hezbollah chiite libanais.

La République islamique est depuis longtemps un soutien financier de l’aile armée du Hamas, les brigades Izz ad-Din al-Qassam, qui a juré la destruction d’Israël, et des brigades al-Quds, l’aile armée du Jihad islamique. L’Iran finance aussi le Hezbollah, qui a également juré la destruction d’Israël.

En juillet, lors d’une rencontre avec neuf officiels du Hamas – dont Saleh al-Arouri, le vice-chef du bureau politique du Hamas, et le guide suprême de l’Iran l’Ayatollah Ali Khamenei – l’Iran aurait accepté d’augmenter massivement les paiements mensuels pour le groupe terroriste en échange de renseignements sur les capacités de missile d’Israël, a déclaré la Douzième chaîne d’Israël plus tôt ce mois.

Téhéran a déclaré être prêt à augmenter le soutien financier mensuel au groupe terroriste à la valeur sans précédent de 30 millions de dollars par mois, selon l’article citant une source arabe restée anonyme.

Cela constituera une augmentation massive du soutien iranien pour les maîtres des Gaza. Un article du site d’information Ynet datant d’août 2018 et citant des sources palestiniennes, a déclaré que les paiements de l’Iran au profit du Hamas se situaient à l’époque autour de 70 millions de dollars par an (soit moins de 6 millions de dollars par mois).

En échange du financement, Téhéran a demandé au Hamas de fournir des renseignements sur la localisation de lieu de stockage de missiles israéliens, a noté l’article. On ne savait pas précisément si l’augmentation de l’aide était strictement conditionnée aux renseignements fournis par le groupe terroriste.

Les membres du Hamas ont déclaré qu’ils allaient faire part de la demande aux chefs du mouvement à Gaza.

Selon l’article, Qassem Soleimani, le commandant des Gardiens de la Révolution iranienne al-Quds, a aussi participé à la réunion et des membres de l’aile armée du Hamas ont rendu compte des difficultés qu’ils rencontraient et des pénuries en armes et en équipements auxquelles ils sont confrontés.

Le Hamas aurait demandé à Téhéran de servir de médiateur pour le groupe terroriste avec le régime de Bashar Assad en Syrie, après que les liens ont été rompus lors de la guerre civile syrienne.

L’article a également noté qu’avant la visite, l’Arabie saoudite avait tenté, sans succès, de faire pression sur le Hamas pour qu’il mette fin à ses liens avec l’Iran.

Lors de sa visite à Téhéran, al-Arouri a déclaré que le Hamas et l’Iran sont sur « la même voie » dans la lutte contre Israël, a déclaré l’agence de presse semi-officielle de l’Iran Fars à l’époque.

« Nous sommes sur la même voie que la République islamique – la voie de la lutte contre l’entité sioniste et les arrogants », avait-il déclaré, selon l’article.

Arouri s’est rendu en Iran en compagnie de plusieurs hauts responsables du Hamas, dont Moussa Abu Marzouk, Maher Salah, Husam Badran, Osama Hamdan, Ezzat al-Rishq et Ismail Radwan.

Ismail Haniyeh, le chef du Hamas, avait alors déclaré à des journalistes turcs qu’il espérait que la visite de la délégation obtiendrait des « résultats importants ».

Arouri, qui a été élu comme vice-chef du Hamas début octobre 2017, s’est rendu en Iran au moins cinq fois ces deux dernières années. Il a souvent salué l’aide de l’Iran.

« L’Iran est le seul pays à dire que l’entité [Israël] est cancéreuse et qu’elle devrait être déracinée de la région, a-t-il déclaré à al-Quds TV pro-Hamas en février 2018. C’est le seul pays qui est prêt à fournir une aide réelle et un soutien public à la résistance palestinienne et à se confronter à l’entité ».

Un article publié en août par le quotidien Haaretz avait rapporté que des officiels israéliens du renseignement pensaient que le Hamas et l’Iran avaient passé un accord pour que le groupe terroriste ouvre un front contre Israël depuis l’enclave côtière du sud en cas de conflit avec des alliés de l’Iran à la frontière nord de l’Etat juif.

L’article citait un officiel de la sécurité affirmant que les responsables du renseignement israéliens estimaient que les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique allaient essayer de forcer Israël à déplacer des forces et des systèmes de défense aérienne vers le sud au détriment des troupes combattant dans le nord.

L’article précisait que des sources au sein des services de renseignement israélien pensaient que l’Iran avait renforcé son rôle dans la bande de Gaza afin de transformer le Hamas en bras opérationnel contre Israël.

Source: Times of Israël

Elections en Israël : Un nouveau problème pour le plan de paix Trump


Pour d’anciens diplomates et des experts du Moyen Orient, le temps travaille contre le plan car la campagne électorale américaine battra son plein quand Israël aura un gouvernement.

La surprenante défaite du Premier ministre Benjamin Netanyahu la semaine dernière, lorsqu’il n’a pas réussi à former une coalition majoritaire et a déclenché de nouvelles élections, a plongé Israël dans une période de paralysie politique et d’incertitude.

De l’autre côté de l’Atlantique, elle a également remis en question le sort du plan de paix tant attendu du président américain Donald Trump pour le Moyen Orient, que l’administration avait prévu de dévoiler cet été.

Aujourd’hui, alors qu’Israël se dirige vers les élections du 17 septembre et que l’Amérique se prépare pour ses propres élections, d’anciens diplomates et experts américains de la région disent que la proposition de Trump pourrait ne pas voir le jour de sitôt.

« De toute évidence, cela signifie qu’il faut attendre que le gouvernement soit formé avant d’agir », a déclaré l’ambassadeur Dennis Ross, un diplomate américain expérimenté qui travaille depuis des décennies sur le dossier israélo-palestinien.

« Cela signifie qu’étant donné le moment des élections et des vacances, on parle de novembre », a dit M. Ross au Times of Israel. « Alors la question est de savoir dans quelle mesure l’administration est déterminée à aller de l’avant maintenant, puisque nos propres élections vont commencer ? »

Dans le passé, M. Trump a déclaré qu’Israël « paiera le prix » de sa décision de déplacer l’ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, et des responsables de la Maison Blanche comme Jared Kushner ont indiqué que la proposition obligerait les deux parties à faire des compromis difficiles.

Mais Trump ne voudra peut-être pas soumettre un plan qui comporte des éléments impopulaires pour la plupart des composantes de sa base.

« La question est de savoir si l’administration sera prête à présenter des éléments dont certains de ses partisans – évangéliques, juifs orthodoxes – seront mécontents », a dit Ross.

Kushner et l’envoyé de la Maison Blanche pour la paix au Moyen Orient, Jason Greenblatt, avaient déjà déclaré que le plan serait publié en juin. Le mois dernier, l’administration a annoncé qu’elle accueillait à Bahreïn un « atelier économique » pour discuter des stratégies d’amélioration de l’économie palestinienne, qui doit avoir lieu les 25 et 26 juin.

L’Autorité palestinienne a déclaré qu’elle boycotterait la conférence, affirmant qu’elle est biaisée et est en faveur d’Israël. Les Saoudiens, les Émirats arabes unis et le Qatar ont déclaré qu’ils y participeraient.

Jeudi, le Département d’Etat a déclaré que les Etats-Unis participeront toujours à la table ronde. Mais certains observateurs américains sont sceptiques.

« Je pense qu’il y a de vraies questions sur l’utilité d’un tel effort, quelles que soient les circonstances, mais surtout maintenant », a déclaré Susie Gelman, présidente du conseil d’administration du Israel Policy Forum, un groupe de pression qui préconise une solution à deux États. « Ils ne pourront pas organiser l’atelier économique et le faire suivre d’un plan politique en temps opportun. »

Mais Aaron David Miller, négociateur de paix de longue date au Moyen Orient dans les administrations démocrate et républicaine, a prédit que la réunion aurait lieu – au moins pour convaincre les acteurs régionaux qu’ils travaillent, en fait, sur un plan de paix.

Je pense que Bahreïn continuera d’être ce que j’appelle une « preuve de vie », a déclaré M. Miller au Times of Israel. « Qu’il existe quelque chose qui s’appelle le plan Kushner.

« Je pense qu’ils se débattent avec le timing de la deuxième partie de ce plan », a-t-il ajouté, faisant référence à la partie politique du plan. L’administration Trump a suggéré que sa proposition comporte deux composantes principales – économique et politique.

Miller a dit que l’équipe de Trump sera probablement aussi en train d’attendre Netanyahu, un proche allié du président.

Trump a été perçu comme aidant le Premier ministre israélien alors qu’il faisait face à une réélection difficile en mars dernier. Dans les jours et les semaines qui ont précédé les élections du 9 avril, M. Trump a reconnu la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan et a plus tard désigné le Corps des gardiens de la révolution iranienne comme un groupe terroriste – les deux étant considérés comme des cadeaux de campagne au Premier ministre.

« Si l’objectif est de naviguer entre l’échec total d’une part et ne pas mettre Netanyahu dans une position très difficile d’autre part, les élections ont seulement augmenté l’incertitude et la vulnérabilité de Netanyahu, » a dit Miller. « S’il y a quoi que ce soit là-dedans qui repousse les limites, et que nous entendons dire qu’il y aura quelque chose qui sera difficile pour les Israéliens, il est difficile de voir comment cela pourrait avoir un sens d’ici la mi-septembre ».

Pendant ce temps, ceux qui ont hâte de savoir ce que sera en fin de compte le plan de paix très attendu de Trump ne devraient pas retenir leur souffle.

« J’ai l’impression qu’ils tiennent compte de trois choses : ne pas échouer, ne pas aggraver les choses pour Netanyahu, et toujours garder un œil sur 2020 », explique Miller.

Source: Times of Israël