Les États-Unis annulent les manœuvres de troupes avec le Maroc pour les envoyer au Moyen-Orient


«Sur fond de tensions croissantes avec l’Iran» après l’élimination du général iranien Qassem Soleimani dans un raid américain, la Marine des États-Unis a renoncé à des exercices avec le Maroc pour rediriger ces forces dans la région.

Les forces navales des États-Unis ont annulé les manoeuvres qu’elles devaient mener en commun avec le Maroc au large des côtes de ce pays après le raid qui a tué en Irak le général iranien Qassem Soleimani, a annoncé le site spécialisé USNI News.

Ce dernier a précisé que le bâtiment de guerre et la force opérationnelle qui devaient participer aux manœuvres seraient redirigés vers le Moyen-Orient.

«Sur fond de tensions croissantes avec l’Iran, la Marine annule un exercice avec le Maroc et redirige le navire d’assaut amphibie USS Bataan et la 26e force expéditionnaire au Moyen-Orient», a indiqué le 3 janvier un responsable de la défense à USNI News.

L’envoi de ces forces dans la région s’explique par la nécessité de garantir la sécurité des troupes américaines après l’élimination du général iranien Qassem Soleimani.

Plusieurs médias américains ont annoncé le 3 janvier que le Pentagone dépêcherait jusqu’à 3.500 soldats de plus pour le cas où l’Iran ou les forces qu’il soutient tenteraient des représailles.

Résister aux «démarches agressives»

Qassem Soleimani, qui dirigeait l’unité d’élite des forces iraniennes Al-Qods, a été tué dans la nuit du 2 au 3 janvier dans un raid de l’armée américaine sur l’ordre de Donald Trump.

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a affirmé dès le 3 janvier que le général Soleimani préparait dans la région une «action d’envergure» mettant en danger des «centaines de vies américaines».

Plusieurs responsables iraniens ont promis de venger sa mort. Le Président iranien Hassan Rohani a affirmé ce samedi 4 janvier, dans un entretien téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, que Téhéran et Ankara devaient conjuguer leurs efforts pour résister aux «démarches agressives» des États-Unis.

Ce même jour, selon les forces de sécurité irakiennes, deux roquettes ont touché la base militaire irakienne de Balad, au nord de Bagdad, qui abrite des soldats américains. Les médias ont affirmé que trois personnes avaient été blessées.

Source: Sputnik News

Des milliers de manifestants au Maroc contre le « congrès de la honte » à Bahreïn


Des milliers de manifestants au Maroc contre le « congrès de la honte » à Bahreïn.

Des manifestants scandent des slogans et agitent un drapeau palestinien géant lors d’une manifestation à Rabat, la capitale marocaine, le 23 juin 2019 contre la conférence économique organisée à Bahreïn par les États-Unis. (Crédit photo : AFP)

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Rabat pour protester contre la conférence de Bahreïn, co-organisée par les Etats-Unis et qui doit se pencher sur le volet économique du plan américain pour le Proche-Orient – en l’absence des Palestiniens.

La « Marche du peuple marocain contre le congrès de la honte » était organisée à l’appel de l’Association marocaine de soutien au peuple palestinien (gauche panarabe) avec des appuis divers, allant du puissant mouvement islamiste Al adl wal Ihsane au parti islamiste Justice et développement (PJD) – qui dirige la coalition gouvernementale –, en passant par la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et l’Istiqlal (centre-droit).

« Mort à Israël », « Mort aux Etats-Unis », ont crié des manifestants, qui ont brûlé un drapeau israélien à proximité du Parlement.

D’autres slogans visaient les « régimes arabes traitres », décrits comme « des alliés du sionisme », tandis que des banderoles affirmaient : « Le peuple marocain refuse toute participation au congrès de Bahreïn. »

Ce refus d’une « participation du Maroc », « à quelque niveau que ce soit », figure dans la déclaration finale des organisateurs. Un sit-in est prévu mardi à Casablanca, jour d’ouverture de la conférence de Manama.

Pour Mohamed Zouitene, un député du PJD, la réunion de Bahreïn « viole les droits du peuple palestinien » – droit de retour des réfugiés et droit de bâtir son Etat avec Jérusalem-Est comme capitale.

Abderrahim, 25 ans, estime lui que « si le Maroc participe à la conférence de Bahreïn », cela « ne représentera pas le peuple marocain ».

Des manifestants déchirent un drapeau israélien lors d’une manifestation à Rabat, la capitale marocaine, le 23 juin 2019 contre la conférence économique organisée à Bahreïn par les États-Unis. (Crédit photo : AFP)

La Maison-Blanche a indiqué la semaine dernière que le Maroc serait présent à la conférence prévue mardi et mercredi. Mais, jusque-là, le royaume n’a ni confirmé ni infirmé.

Le volet économique du plan américain, divulgué samedi par Washington, prévoit de lever plus de 50 milliards de dollars pour les Palestiniens au cours de la prochaine décennie et de transformer leur économie en créant plus d’un million d’emplois.

L’Autorité palestinienne boycotte la conférence en estimant que l’administration Trump, qui affiche son plein soutien à Israël, cherche à acheter les Palestiniens et à les priver d’un Etat indépendant.

Du côté des pays arabes, l’Arabie Saoudite, grande alliée des Etats-Unis, prévoit d’envoyer son ministre de l’Economie tandis que les Emirats, également proches de Washington, y dépêcheront une délégation.

L’Egypte et la Jordanie, seuls pays arabes à avoir signé un accord de paix avec Israël, enverront des responsables de leur ministère des Finances.

En préparation du rendez-vous, le gendre du président américain, Jared Kushner s’est déplacé fin mai au Maroc, en Jordanie et en Israël. Cette visite a été l’occasion pour Rabat de répéter ses positions – pas de solution sans la reconnaissance de deux Etats ayant l’un et l’autre Jérusalem comme capitale, selon le ministère marocain des Affaires étrangères.

Source: Times of Israël

Conflit israélo-palestinien: Le Drian doute du plan de paix américain


Le volet économique du plan de paix sera dévoilé les 25 et 26 juin prochains

« Si quelqu’un a vu le plan américain, merci de nous en informer! », a lancé samedi à Rabat le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à propos du plan pour un règlement du conflit israélo-palestinien qui doit être prochainement dévoilé.

« J’en parle d’autant plus aisément que j’ai participé à la rencontre du président Macron avec le président Trump avant-hier », à l’occasion du 75e anniversaire du Débarquement allié sur les plages de Normandie, a-t-il ajouté au cours d’un point de presse avec son homologue marocain Nasser Bourita. 

Le Maroc non plus n’a pas « encore connaissance d’un quelconque plan de paix et se prononcera quand il en aura connaissance des contours, du contenu et des détails », a indiqué M. Bourita.

La Maison Blanche a prévu de présenter le volet économique de ce plan de paix les 25 et 26 juin prochains lors d’une réunion à Bahreïn. 

En préparation de ce rendez-vous, le gendre du président américain, Jared Kushner s’est déplacé fin mai au Maroc, en Jordanie et en Israël.

Cette visite « a été l’occasion pour le Maroc de répéter ses positions bien connues », a indiqué M. Bourita. 

Source: i24 News

Maroc : premières élections communautaires pour les Juifs depuis 50 ans


Le roi Mohammed VI a demandé au ministre de l’Intérieur de faciliter le vote qui n’avait pas été organisé depuis 1969, suite à un climat hostile après la guerre des Six jours.

Des Juifs marocains et des touristes juifs israéliens pendant la fête de Simchat Torah à la synagogue de Marrakech, le 12 octobre 2017. (Crédit : Fadel Senna/AFP)

Les Juifs marocains vont organiser des élections internes pour la première fois depuis un demi-siècle afin de désigner leurs représentants communautaires.

La roi Mohammed VI a donné pour instruction au ministère de l’Intérieur de faciliter le scrutin, a rapporté vendredi le site d’information le360.

Les dernières élections de ce type avaient eu lieu en 1969 dans un contexte de fortes hostilités envers les Juifs du Maroc suite à la victoire remportée en 1967 par Israël dans la guerre des Six jours.

Ce climat avait entraîné l’émigration de la dernière grande vague de départ des Juifs du pays qui, dans le passé, accueillait 270 000 membres de la communauté. Ils sont aujourd’hui environ 3 000.

Le roi Mohammed VI, à droite, salue la foule depuis sa voiture lors de l’arrivée du pape Français dans la papamobile lors de l’arrivée du souverain pontife au Maroc, le 30 mars 2019. (Crédit : Alberto Pizzoli/AFP)

La présence juive au Maroc remonte à il y a plus de 2 000 ans, mais un grand nombre d’entre eux ont été contraints de fuir – ou ont été expulsés – des pays arabes après la création de l’Etat d’Israël. Des émeutes violentes avaient alors entraîné la mort de nombreux Juifs. D’autres avaient été blessés.

Au début du mois, la fondation nationale des musées du Maroc a annoncé la prochaine ouverture d’un musée juif dans la ville de Fès.

Source: Times of Israël

Au Maroc, la vie cachée des convertis au protestantisme évangélique


Je vous partage cet article en étant agréablement surpris, c’est le cas de le dire, que celui-ci provient du Monde… Dans une époque où la persécution des chrétiens est un sujet tabou dans la presse française (presse officielle), pour une fois qu’il en parle, ça fait du bien.

SENTINELLE SAPS

Dans le pays, où l’islam est religion d’Etat, le « prosélystisme » religieux autre qu’islamique est passible de trois ans de prison.

Des chrétiens entrent dans une église protestante à Rabat, au Maroc en avril 2017. FADEL SENNA/AFP

La première moitié de sa vie, Zouhair Doukali a été un fervent musulman. De ceux qui connaissent le coran par cœur, animés d’une foi inébranlable. Son père, un imam respecté de Sidi Bennour, une petite ville de la région agricole des Doukkala, au sud-ouest de Casablanca, lui a tout appris. La prière, les ablutions, l’histoire de l’islam et des autres religions. La capacité, surtout, à ne jamais remettre en question ses croyances.

Son frère aîné a été le premier de la fratrie de sept à quitter Mahomet pour Jésus-Christ. « Il est allé poursuivre ses études à Casablanca, où il vivait chez un oncle. Un jour, l’oncle a appelé mes parents pour leur dire de venir en urgence », relate cet informaticien de 38 ans. Une bible est retrouvée dans la maison. Le frère de Zouhair, âgé alors de 16 ans, avoue s’être converti au protestantisme évangélique. « Mon père l’a renié, mon oncle l’a chassé de chez lui et il s’est retrouvé à la rue, se souvient Zouhair. Il était devenu impur, il avait trahi sa famille, son peuple, sa culture. On ne peut pas faire pire. » Zouhair sourit. Quelques années plus tard, lui aussi est devenu protestant.

« Religion étrangère »

Au Maroc, où l’islam est religion d’Etat et le roi « commandeur des croyants », les chrétiens étrangers sont libres d’exercer leur culte et sont protégés par les autorités. Mais les Marocains qui choisissent une autre confession sont contraints de vivre cachés. Car si la loi ne condamne pas explicitement le renoncement à l’islam, les convertis risquent jusqu’à trois ans de prison pour prosélytisme. « Au Maroc, le christianisme est perçu comme une religion étrangère. Les convertis n’existent pas aux yeux de la société marocaine », indique Clémence Martin, une responsable de l’ONG protestante Portes ouvertes, qui a classé cette année le Maroc 35e sur 50 à son index mondial de persécution des chrétiens.

Dans ce pays majoritairement musulman sunnite de rite malékite, les minorités religieuses représentent environ 1 % de la population. « Nous sommes beaucoup plus nombreux que la société veut le croire », assure Zouhair. La presse locale fait état de quelques milliers de convertis, pour la plupart protestants – entre 2 000 et 6 000, selon un rapport international sur la liberté religieuse réalisé en 2017 par le département d’Etat américain. Seuls les services marocains, qui surveillent de près les lieux de culte, connaissent la véritable portée de ce phénomène encore minimisé.

Ces dernières années, les musulmans convertis au christianisme ont profité d’un certain climat de tolérance pour sortir peu à peu de l’ombre. « Il y a moins d’arrestations, moins d’interrogatoires musclés. Tant qu’on reste tranquilles et qu’on ne fait pas de prosélytisme apparent, les autorités nous tolèrent », atteste Zouhair. Rassemblés au sein d’une Coordination des chrétiens du Maroc, dont il est le président, Zouhair et d’autres convertis ont saisi en 2017 le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) pour demander « la fin de la persécution » de leur communauté.

A quelques jours de la visite du pape au Maroc les 30 et 31 mars, la coordination, qui n’a pas pu obtenir un statut légal, a envoyé une lettre au souverain pontife pour lui demander de « garantir le droit de pratiquer leur foi au Maroc ». « Dans un pays où on est minoritaires, la visite du pape est un symbole fort même si on n’est pas catholiques, assure Kamal, un autre membre de la coordination. Tous les moyens sont bons pour exister. Bien sûr, Internet reste notre plus grand allié. »

« Giflée dans la rue »

L’essor des réseaux sociaux a marqué un tournant dans leur combat. Depuis quelques années, des groupes Facebook et des vidéos sur Youtube où les chrétiens marocains se rendent visibles ont fait leur apparition. Des figures comme le pasteur évangélique Saïd Oujibou, un Franco-Marocain passé par l’islam radical et converti au protestantisme dans les années 1990, militent sur Internet pour faire sortir « de leur isolement les néochrétiens venus de l’islam ».

Pour Amina, une convertie de 31 ans, il est encore trop tôt. « J’ai trop peur du regard de la société, témoigne cette mère de famille. Si jamais mon employeur venait à apprendre mon secret, je n’aurais plus de travail et mon enfant serait renvoyé de l’école. » Un épais rideau rouge masque le crucifix accroché au mur de son salon. « On m’a déjà giflée dans la rue, insultée, craché dessus. J’ai déménagé cinq fois. » Contrainte, comme les autres, de pratiquer sa religion dans la clandestinité, Amina se réunit chaque dimanche avec une dizaine de fidèles dans des églises à la maison insoupçonnables, où sont installés des autels pour prier. « Nous prions en darija (arabe dialectal marocain). Nous sommes Marocains avant tout. Pas des traîtres. Pas des étrangers. »

C’est ainsi qu’a été perçu Zouhair Zouhair lorsqu’il s’est converti à l’âge de 19 ans. « On m’a accusé de vouloir obtenir un visa pour les Etats-Unis ou d’avoir touché de l’argent », dit-il, hochant la tête. « C’est vrai que les protestants offrent parfois de l’argent, reconnaît Zouhair. Mais les wahhabites en donnent encore plus ! »

Son cheminement spirituel a commencé à l’adolescence. « Lorsque mon frère a été rejeté à cause de sa conversion, j’ai commencé à me dire : comment mon père, un homme de religion, peut-il abandonner son propre fils ? C’est ça le message que renvoie l’islam ? » Zouhair s’intéresse alors au christianisme et se met à écouter une émission évangélique diffusée en langue arabe sur la Monte-Carlo Doualiya (ex-RMC Moyen-Orient, filiale de France médias monde). « Ils ont commencé à m’envoyer des livres et j’ai échangé des correspondances avec des chrétiens à l’étranger. J’ai trouvé l’amour et la paix dans l’Evangile. » Près de vingt ans plus tard, aux yeux de ce chrétien radical, « le véritable islam est celui qu’applique l’Etat islamique et les salafistes n’ont fait qu’ouvrir les yeux sur la vraie nature de cette religion. »

« Avoir plus de clients »

Comme Zouhair Doukali, de nombreux convertis ont découvert le culte évangélique sur des chaînes radio ou télévisées étrangères où des pasteurs prêchent en arabe et même en darija comme Brother Rachid, né au Maroc d’un père imam, devenu animateur de la chaîne évangélique Al-Hayat TV, diffusée depuis Chypre. « Les croyants qui renoncent à l’islam se tournent principalement vers les protestants évangéliques car ceux-ci font du prosélytisme, une composante essentielle de leur religion. Et le processus de conversion y est peu contraignant », explique un spécialiste marocain des religions qui a requis l’anonymat.Même s’il existe des Marocains dans leur communauté, les catholiques se veulent plus prudents. « Ce n’est pas la mission de l’Eglise d’avoir plus de clients et nous ne baptisons pas de Marocains », tranche l’archevêque de Rabat, Mgr Cristobal Lopez Romero.

« Ce sont souvent des gens pieux qui ne se retrouvaient plus dans l’islam officiel et que la propagande évangélique a réussi à séduire, poursuit l’universitaire. Les discours islamiques radicaux qui se sont multipliés ces dernières années ont créé une grande confusion chez certains musulmans. Et la facilité d’accès aux informations aujourd’hui leur a permis d’avoir d’autres choix. »

La présence de missionnaires plus ou moins souterrains venus surtout des Etats-Unis n’est pas étrangère à cette vague de conversion. Ces volontaires souvent cachés sous les habits d’hommes d’affaires ou de bénévoles associatifs interviennent jusque dans les régions les plus enclavées du royaume. En 2010, une dizaine d’évangéliques œuvrant dans l’orphelinat Village de l’espérance, dans le Moyen-Atlas, avaient été expulsés, accusés de prosélytisme auprès des enfants et des populations alentour.

Dans le royaume chérifien, qui veut promouvoir une image d’ouverture et de multiculturalisme, la question est rarement abordée publiquement. Le puissant ministre des habous et des affaires islamiques, Ahmed Toufiq, en poste depuis 2002, est resté silencieux sur la question. « La composante chrétienne marocaine n’est pas un problème nouveau, mais il faut laisser le temps au temps. Une réexploration de nos lois est en cours », s’est contenté de dire Ahmed Abbadi, secrétaire général de la Rabita Mohammadia des oulémas, lors d’une conférence de presse le 18 mars à Paris sur la visite du pape au Maroc.

Pour les autorités, la gestion des Marocains protestants est depuis longtemps un difficile exercice d’équilibriste. La nouvelle Constitution, adoptée après les manifestations de février 2011, avait suscité des débats sur les libertés religieuses, mais la pression des islamistes a freiné les possibilités d’évolution. Et l’interdiction d’accès aux églises officielles fait toujours planer le risque de voir des Marocains se tourner vers des missionnaires fondamentalistes discrètement implantés dans le royaume.

Source: Le Monde

Jérusalem, « patrimoine commun » des trois religions monothéistes


Jérusalem doit demeurer un « lieu de rencontre et symbole de coexistence pacifique »

Le pape François et le roi Mohammed VI ont appelé samedi à « préserver » Jérusalem comme « patrimoine commun des trois religions monothéistes », dans un texte commun signé lors de la visite du souverain pontife au Maroc.

« Nous pensons important de préserver la Ville sainte de Jérusalem/Al Qods Acharif comme patrimoine commun de l’humanité et, par-dessus tout pour les fidèles des trois religions monothéistes », ont-ils dit dans une déclaration, soulignant son « unicité et sacralité ».

Le roi du Maroc est président du « Comité Al-Qods » (Jérusalem en arabe), issu de l’Organisation de la coopération islamique.

Jérusalem doit demeurer un « lieu de rencontre et symbole de coexistence pacifique, où se cultivent le respect réciproque et le dialogue », ont demandé le pape François et le roi Mohammed VI.

« Dans ce but, doivent être conservés et promus le caractère spécifique multi-religieux, la dimension spirituelle et l’identité culturelle particulière de Jérusalem/Al Qods Acharif » (Jérusalem la sainte, en arabe), ont-ils plaidé.

Ils ont appelé à « garantir la liberté d’accès aux fidèles des trois religions monothéistes et le droit de chacune d’y exercer son propre culte ».

Leur appel commun intervient alors que Jérusalem est au coeur de tensions diplomatiques, notamment depuis la décision du président américain Donald Trump d’y transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv.

Le statut de Jérusalem est l’une des questions les plus épineuses en vue d’un règlement du conflit israélo-palestinien. 

A la suite de la décision de M. Trump, le pape François avait réitéré à plusieurs reprises son souhait d’un statu quo international pour Jérusalem et la reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens pour une solution basée sur l’existence de deux Etats.

Venu samedi au Maroc pour une courte visite, le souverain pontife, chef des 1,3 milliard de catholiques, a été invité par le roi Mohammed VI pour une visite « placée sous le signe du développement du dialogue interreligieux », selon les autorités marocaines.

Source: i24 News

Maroc : la communauté chrétienne appelle les autorités à la laisser exercer librement son culte


Alors que le pape François est attendu au Maroc fin mars 2019, des chrétiens du Maroc ont lancé un appel aux autorités, afin qu’elles garantissent à tous la liberté de culte. Cette communauté reste ultra-minoritaire dans un pays où l’islam est la religion officielle.

Cathédrale du Sacré-Cœur construite à Casablanca en 1930 par l’architecte Paul Tournon. Cet ancien sanctuaire catholique accueille aujourd’hui expositions et manifestations culturelles. (DEGAS JEAN-PIERRE / HEMIS.FR)

Au Maroc, la Constitution de 2011 garantit la liberté de culte. Or, cette « pluralité » mise en avant, ainsi que l’image de tolérance religieuse affichée, notamment vis-à-vis des chrétiens convertis, est contredite dans les faits, d’après la Coordination des chrétiens marocains.

« Nous renouvelons l’expression de nos aspirations aux libertés de base dont nous, chrétiens marocains, sommes encore souvent privés », écrit dans un communiqué cette association, qui représente les musulmans marocains s’étant convertis au christianisme. Ces croyants sont « quelques milliers, pour la plupart protestants », selon la Coordination. De son côté, l’Observatoire des libertés religieuses estime qu’ils sont 8000 sur le territoire marocain, d’après l’AFP. 

Outre son appel au respect de la liberté de culte, la Coordination demande « aussi (aux) autorités marocaines de ne plus faire subir des pressions aux Eglises officielles du pays, dont l’Eglise catholique au Maroc, dans le but de les dissuader d’accueillir » ceux qui choisissent la voie du christianisme, poursuit-elle, à quelques jours de la visite du pape François, les 30 et 31 mars 2019. Le Saint-Père est invité par le roi et « Commandeur des Croyants » Mohammed VI. 

Ce séjour papal sera « placé sous le signe du développement du dialogue inter-religieux », ont fait savoir les autorités marocaines.

Des chrétiens du Maroc en appellent au pape

L’Association marocaine de défense des droits des minorités religieuses a, quant à elle, appelé le chef de l’Etat du Vatican lui-même, « à évoquer avec les responsables marocains, certaines violations visant des chrétiens ». Son communiqué fait état de cas survenus en 2018, indique l’AFP.

La Croix rapportait récemment, citant un journal marocain, que des chrétiens du Maroc s’étaient plaints à François, dans une lettre accusant le ministère de l’Intérieur de « persécuter les chrétiens » notamment en« procédant à des arrestations abusives ».

Vivre sa foi chrétienne lorsqu’on est Marocain et musulman de naissance peut se révéler être un calvaire. De nombreux témoignages de convertis font état de la répression, du rejet et des insultes qu’ils subissent. Ils n’ont alors d’autre choix que de vivre leur culte dans la clandestinité. 

Les minorités religieuses représentent moins de 1% de la population du royaume, majoritairement musulmane sunnite de rite malékite.

Source: France TV Info

Decathlon « assume » la commercialisation d’un « hijab » de sport


Tout ce qui peut amener à une différenciation me gêne. J’aurais préféré qu’une marque française ne promeuve pas le voile.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé

Mise à jour du 27 février: L’enseigne de sport a décidé de renoncer à la commercialisation de son hijab de course face à la polémique. Sur son compte Twitter, la marque a fait part des menaces dont ses coéquipiers ont fait l’objet. Pour plus d’informations: Capital

Le groupe français Décathlon a affirmé mardi « assumer complètement » la commercialisation prochaine d’un « couvre-tête » destiné aux pratiquantes de course à pied, déjà vendu au Maroc sous l’appellation « hijab », et qui suscite la polémique en France.

Logo de la marque Décathlon (Crédit: Décathlon)

Dans les prochaines semaines, cet « accessoire initialement développé et commercialisé au Maroc, à la demande de pratiquantes locales de course à pied », sera « rendu disponible en France et partout dans le monde dans les magasins » Décathlon qui en feront la demande, a indiqué à l’AFP Xavier Rivoire, responsable de la communication externe de Decathlon United.

« Nous assumons complètement le choix de rendre le sport accessible pour toutes les femmes dans le monde. C’est presque un engagement sociétal, si cela permet à des coureuses de pratiquer la course à pied, nous l’assumons avec sérénité », a-t-il poursuivi.

« L’engouement pour le produit a fait que nous nous sommes posé la question de le rendre disponible » ailleurs qu’au Maroc, a ajouté M. Rivoire, soulignant que « ce couvre-tête laisse le visage libre et visible ».

Responsable du jogging chez Kalenji, la gamme de course à pied de l’enseigne, Angélique Thibault, qui a conçu le « Hijab Kalenji », se dit « mue par la volonté que chaque femme puisse courir dans chaque quartier, dans chaque ville, dans chaque pays, indépendamment de son niveau sportif, de son état de forme, de sa morphologie, de son budget. Et indépendamment de sa culture ».

Interrogée mardi sur RTL, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a souligné qu’un tel produit n’était « pas interdit par la loi ». Mais « c’est une vision de la femme que je ne partage pas. J’aurais préféré qu’une marque française ne promeuve pas le voile », a-t-elle ajouté.

Pour Aurore Bergé, porte-parole de La République en marche, « le sport émancipe. Il ne soumet pas. Mon choix de femme et de citoyenne sera de ne plus faire confiance à une marque qui rompt avec nos valeurs. Ceux qui tolèrent les femmes dans l’espace public uniquement quand elles se cachent ne sont pas des amoureux de la liberté ».

« La société française, c’est une société qui dans sa tradition refuse qu’on couvre le visage et le corps humain à l’excès », a réagi François Bayrou sur BFMTV. Selon le président du Modem, « l’image de la femme en France, c’est une image de liberté ».

Valérie Rabault, la présidente du groupe PS à l’Assemblée nationale, a demandé sur Twitter le « boycott » de la marque française.

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a lui aussi appelé au boycott de la marque et a demandé que le produit soit retiré de la vente. « J’ai deux filles et je n’ai pas envie qu’elles vivent dans un pays où la place des femmes dans la société régresse comme en Arabie Saoudite », a-t-il déclaré sur France 2.

Le prix du « hijab » de Decathlon sera connu lors de sa commercialisation.

L’équipementier sportif Nike commercialise déjà un « Hijab pour femme », en noir, gris ou blanc, au prix de 30 euros.

Source: Times of Israël

Au Maroc, le Pacte de l’Onu sur les migrations serait adopté sans Macron


Après le désistement de nombreux pays, le Président Macron a décidé de ne pas se rendre en personne à Marrakech pour signer le Pacte de l’Onu sur les migrations. Selon plusieurs médias, il y sera représenté par le secrétaire d’État aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne.

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