La France ressuscite le Saint Empire romain


La France défie l’Amérique et la Grande-Bretagne, s’allie à l’Église catholique et habilite une superpuissance européenne dirigée par l’Allemagne.

Sous la direction du président Emmanuel Macron, la France s’est retournée contre l’Amérique et la Grande-Bretagne. Au lieu de se ranger du côté de ses anciens alliés, la France courtise maintenant l’Allemagne, son ennemi de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.

À la lumière de la prophétie biblique, cette tournure des événements est très alarmante ! En fait, cela conduira à une crise horrible. Mais en même temps, cette nouvelle peut vous donner une grande espérance si vous comprenez les promesses de Dieu.

L’année dernière, le monde entier a été témoin d’un affrontement amer entre la France et l’Amérique. Dans une interview accordée à The Economist en novembre, le président Macron a déclaré : « Les États-Unis nous tournent le dos. Ce que nous vivons actuellement, c’est la mort cérébrale de l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique nord]. »

Les États-Unis n’ont pas parfaitement dirigé l’OTAN, mais ils paient pour la sécurité de l’Europe depuis des décennies ! Pendant ce temps, les États membres européens—y compris la France—n’ont pas dépensé les exigences minimales pour leurs forces armées, comme l’exigent les règles de l’OTAN. Mais au lieu d’appeler l’Europe à contribuer davantage à l’OTAN, Macron attise une rébellion contre les États-Unis.

Pourquoi des mots si durs ? Pourquoi Macron est-il si négatif envers les États-Unis alors que la France a tant profité de cette relation ? Sans le rôle de l’Amérique lors de deux guerres mondiales, la France ferait partie de l’Allemagne aujourd’hui !

Le président américain Donald Trump a répondu : « Personne n’a besoin de l’OTAN plus que la France, si vous regardez en arrière sur la dernière longue période de temps. Personne n’a plus besoin de l’OTAN que la France—et franchement, celui qui en profite le moins, ce sont les États-Unis. Nous en profitons le moins. Nous aidons l’Europe. »

M. Trump a parfaitement raison : La France a bénéficié le plus de l’OTAN. Mais il y a une raison profonde pour laquelle Macron s’oppose à l’Amérique comme il le fait.

Le véritable catalyseur de cette nouvelle approche de la France est l’ALLEMAGNE. L’Allemagne est la seule à bénéficier des déclarations de Macron. Il ne s’agit pas principalement de la sécurité de l’Europe. Il s’agit d’un ordre mondial en évolution. Il s’agit d’accepter ou de s’opposer à la domination de l’Amérique.

Il s’agit également de savoir si la France est disposée à capituler face à la domination allemande.

Macron ne discute pas de conflits d’intérêts mineurs ; il rejette les objectifs américains. Il croit que l’Europe et les États-Unis ont des objectifs militaires opposés.

Le premier secrétaire général de l’OTAN, Lord Hastings Ismay, a décrit les objectifs de l’alliance : « Garder les Russes dehors, les Américains dedans et les Allemands sous contrôle. »

Si vous considérez à quel point la France a souffert aux mains des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, vous penseriez que ce serait dans l’intérêt de Macron. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Russie et l’Allemagne ont fait une alliance qui a permis à l’Allemagne de conquérir presque toute l’Europe ! Après la guerre, les Alliés voulaient s’assurer que l’Allemagne ne pourrait plus se réarmer. Ils ont convenu que l’Allemagne ne devrait jamais être autorisée à déclencher une autre guerre. L’OTAN a été créée pour protéger le continent de la menace russe sans laisser l’Allemagne se réarmer.

Macron s’oppose à ces objectifs. Il pense que le temps de la coopération américano-européenne contre la Russie est révolu. « Nous sommes dans une Europe où nous avons laissé la question des armes sous le contrôle de traités antérieurs à la fin de la guerre froide entre les États-Unis et la Russie », a-t-il déclaré à The Economist. « Est-ce que cela est une Europe qui pense à son destin et qui construit ? »

La France veut que l’Europe sorte de l’ombre du parapluie militaire américain. Elle veut une Europe indépendante des États-Unis et qui ne considère plus la Russie comme l’ennemi principal.

Mais sans l’OTAN, l’ordre d’après-guerre est en grave danger ! De nouvelles alliances militaires sont destinées à se former et à modifier considérablement l’équilibre des pouvoirs. Cela est particulièrement dangereux étant donné que le monde est désormais armé de bombes nucléaires. Une rupture de la paix relative depuis la Seconde Guerre mondiale conduirait à la fin de l’humanité si Dieu le permettait !

Macron risque tout cela et vous devez comprendre pourquoi.

La trahison de la France envers l’Amérique et la Grande-Bretagne devrait être un avertissement fort à ce monde. Macron ne demande pas seulement une réévaluation des relations—il demande une armée européenne, qui sera sans aucun doute dirigée par l’Allemagne ! En laissant l’Allemagne se réarmer après la guerre, l’Amérique et la Grande-Bretagne prenaient un risque calculé—comme le disaient à l’époque leurs dirigeants et même le chef de l’Allemagne. Je prophétise qu’à moins que l’Amérique et la Grande-Bretagne ne se repentent maintenant, ils vont regretter cette décision un millions de fois de plus ! C’est ce que dit votre Bible.

Ancré à l’Allemagne

Une tendance claire se dessine : le président Macron demande ce que l’Allemagne veut. Je ne pense pas que Macron dirait ce qu’il a dit à moins que l’Allemagne ne l’approuve. Il agit comme une sorte de marionnette pour l’Allemagne !

Lors d’un discours en octobre 1995, le Premier ministre Margaret Thatcher a averti : « Vous n’avez pas ancré l’Allemagne à l’Europe », qui était le plan d’origine, « vous avez ancré l’Europe à une Allemagne nouvellement unie et dominante. À la fin, mes amis, vous verrez que cela ne fonctionnera pas ! » La position ferme de Mme Thatcher contre l’Allemagne a contribué à la faire évincer de ses fonctions, et à ce jour elle est critiquée pour cela. Mais c’est la vérité !

C’est une grande raison pour laquelle une majorité d’électeurs britanniques a choisi de quitter l’Union européenne en 2016 : ils savent que l’Europe est ancrée à l’Allemagne. Comme CNBC l’a annoncé en février 2019, « Le Brexit est une révolte contre un super-État européen dirigé par l’Allemagne. »

Si la France soutenait l’opposition britannique à la domination allemande, le contrôle de l’Allemagne sur l’Europe serait considérablement diminué ! Mais Macron fait exactement le contraire.

Dès le début de son mandat, Macron a appelé toute l’Europe à se ranger derrière Bruxelles. En septembre 2017, Macron a déclaré que les critiques « oublient que Bruxelles, c’est nous, toujours, à chaque instant !… C’est à l’Europe de faire des propositions, à nous de les soutenir, ici et maintenant. » Cette demande est à l’opposé de ce que des millions de Britanniques ont voté. Mais c’est exactement ce que veut l’Allemagne ! Pour comprendre pourquoi, vous devez comprendre qui contrôle Bruxelles.

La force économique de l’UE dépend de l’Allemagne. L’Allemagne est le plus grand contributeur net de l’UE. Avec environ 83 millions de citoyens et un PIB de près de 4 trillions de dollars américains, l’Allemagne est le pays le plus peuplé de l’UE et sa plus grande économie. Pour ces raisons, l’Allemagne envoie le plus de membres au Parlement européen.

L’Allemagne en tire un pouvoir énorme. Les finances du gouvernement sont saines ; il rembourse en fait sa dette. Si un pays européen a besoin d’être renfloué, l’Allemagne est la seule à pouvoir offrir une aide substantielle. Mais cette aide nécessite de répondre aux conditions de l’Allemagne.

Le poids de l’Allemagne signifie qu’un bon nombre des meilleurs postes à Bruxelles sont occupés par des Allemands. La présidente de la Commission européenne—la position la plus puissante à Bruxelles—est allemande. Au Parlement européen, le parti le plus important et le plus puissant est dirigé par un Allemand. Le secrétaire général du Parlement est un Allemand. Il en va de même du secrétaire général dans la version européenne de son ministère des Affaires étrangères. D’autres pays de l’UE se plaignent généralement qu’il y a trop d’Allemands dans les postes les plus importants de Bruxelles.

Macron annonce la venue de cette armée européenne. Mais l’Allemagne va le réaliser.

Une armée dirigée par l’UE ferait entrer cette domination allemande dans la sphère militaire. Le fondateur de Geopolitical Futures, George Friedman, a écrit : « Collaborer sur les budgets de défense, avec chaque nation contribuant en fonction de la taille économique, signifierait que l’Allemagne serait à la fois la première puissance économique et militaire en Europe. »

L’ensemble du système de l’UE est conçu pour créer un super-État dépendant de, et dominé par l’Allemagne. Et la Grande-Bretagne quittant l’UE donne à l’Allemagne encore plus de pouvoir. L’opposition britannique est une des principales raisons pour lesquelles Bruxelles n’a pas été plus puissante.

En appelant toute l’Europe à soutenir Bruxelles, Macron demande essentiellement la reddition à l’Allemagne ! Plus l’Europe est unie, plus il sera difficile pour la Grande-Bretagne d’échapper aux griffes de l’Allemagne. Macron trahit la Grande-Bretagne et se rend à l’Allemagne !

Imaginez si un chancelier allemand prononçait un discours comme M. Macron, exigeant que toute l’Europe soutienne les diktats de Bruxelles. L’Allemagne n’oserait pas faire une telle proposition maintenant ! Mais c’est certainement dans l’intérêt de l’Allemagne—et Macron est celui qui pousse pour cela !

Lors d’un voyage en novembre 2018, Macron a déclaré au parlement allemand : « Si vous ne comprenez pas les mots de la France, souvenez-vous que la France vous aime » (je souligne tout au long). Il l’a dit juste après avoir appelé à une « véritable armée européenne » pour protéger l’Europe « vis-à-vis de la Chine, de la Russie et même des États-Unis d’Amérique » !

L’Amérique et la Grande-Bretagne ont littéralement sauvé la France, lors de deux guerres mondiales, d’être absorbée par l’Allemagne. Pourtant, aujourd’hui, la France méprise la Grande-Bretagne et l’Amérique et aime l’Allemagne ! C’est une tournure étonnante des événements !

Macron annonce la venue de cette armée européenne. Mais l’Allemagne sera celle qui fera que cela se produise, que le reste de l’Europe le veuille ou non, et beaucoup d’entre eux n’aimeront pas ça ! La Bible révèle dans Apocalypse 17 et d’autres passages que l’Union européenne sera réduite à 10 nations ou 10 rois.

Le regretté Herbert W. Armstrong l’a prédit pendant plus de 50 ans. Il a basé son avertissement sur la parole sûre de la prophétie biblique. Nous continuons de faire retentir cet avertissement. Dieu avertit et avertit parce qu’Il ne veut pas que l’humanité subisse cette souffrance. Mais nos nations, si elles ne se repentent pas, seront sévèrement punies.

La France et le Saint Empire romain

Alors que Macron cherche une alliance plus étroite avec l’Allemagne, il s’allie également avec la plus ancienne institution d’Europe : l’Église catholique romaine. Macron entraîne ainsi la France dans une dangereuse union église-État qui sévit sur le continent depuis des siècles : le Saint Empire romain.

Au nom de la religion, des millions de personnes ont combattu et sont mortes sur le continent européen. Pour avoir rejeté le catholicisme, beaucoup ont été torturés et tués par l’État mais sur l’ordre de l’église !

En raison de cette histoire, le gouvernement français est très sensible en matière de religion. Cela a donc été considéré comme une grande provocation lorsque Macron s’est adressé aux évêques de France en avril 2018 et a déclaré : « Nous partageons sans doute le même vague sentiment que le lien entre l’église et l’État a été endommagé, et nous le croyons tous les deux qu’il est important de le réparer. »

Ce lien a été endommagé en raison des guerres et du sang qu’il a causé au cours des siècles ! Pourquoi Macron veut-il le réparer maintenant ?

L’hebdomadaire Catholic Herald du Royaume-Uni donne un aperçu de la réponse. Dans « Pourquoi Macron courtise-t-il l’Église ? » le journal a noté que Macron « encourageait activement les catholiques français à participer à la vie française en tant que catholiques », probablement en partie comme une « stratégie pour relever le plus grand défi de la France : comment intégrer une population en croissance et, dans certaines zones, la population musulmane de plus en plus militante » (19 avril 2018 ; italique dans l’original).

Photo : Le pape François accueille Emmanuel Macron au Vatican.

En réponse à une population islamique croissante qui travaille activement pour influencer la politique européenne, Macron veut faire revivre les racines chrétiennes de l’Europe . Cela signifie le Saint Empire romain.

« Le discours de Macron aux catholiques pourrait-il être le début d’efforts pour repenser la laïcité [sécularité] de manière à ‘apprivoiser’ l’Islam en France ? », demandait l’article. « À ce stade, il est trop tôt pour le dire. Mais la poursuite de cet objectif reflète l’image de soi de Macron comme quelqu’un qui a l’intention de rénover la France en affrontant des problèmes qu’aucun politicien français depuis Charles de Gaulle n’a réussi à résoudre. »

Mais Macron a de plus grandes ambitions que de simplement repousser l’Islam politique.

« En effet, c’est parce que je refuse d’être indifférent », a déclaré Macron aux évêques, « que je suis conscient de la mesure dans laquelle l’histoire que l’État et l’Église partagent depuis si longtemps est maintenant semée de malentendus et de méfiance réciproque.… Mais aujourd’hui, en cette période de grande fragilité sociale, alors que même le tissu de la nation risque de s’effondrer, je pense qu’il est de ma responsabilité de ne pas laisser la confiance des catholiques pour la politique et les politiciens s’effriter. »

Macron a une vision très positive du Saint Empire romain. Il croit qu’en temps de crise, cet empire a besoin d’être ravivé.

Dans un article adressé aux citoyens européens et publié dans divers journaux le 5 mars 2019, M. Macron a écrit que l’avenir de l’Europe doit être discuté avec des « panels de citoyens et… des universitaires, des représentants du monde des affaires et du travail et des dirigeants religieux et spirituels. »

La politique et la religion fusionnent à nouveau en Europe ! Macron veut unir l’Europe à travers la foi catholique, s’opposer à l’Islam, et en même temps rompre avec l’Amérique et la Grande-Bretagne, qui sont principalement protestantes.

Mais Macron sait qu’il ne peut faire revivre le Saint Empire romain qu’avec le soutien non seulement de l’Église catholique romaine, mais aussi de l’Allemagne.

C’est exactement ce que la Bible prophétise arrivera !

La septième résurrection

La Bible parle de sept résurrections du Saint Empire romain. L’histoire en a déjà vu six. Il en reste encore une à venir.

Apocalypse 17 est une prophétie pour les « derniers jours », le temps dans lequel nous vivons en ce moment. Avec Daniel 2, il révèle que cette dernière résurrection du Saint Empire romain sera dirigée par 10 rois. Apocalypse 17 : 12-13 se lit : « Les dix cornes que tu as vues sont dix rois, qui n’ont pas encore reçu de royaume, mais qui reçoivent autorité comme rois pendant une heure avec la bête. Ils ont un même dessein, et ils donnent leur puissance et leur autorité à la bête. »

Cette prophétie montre que l’Union européenne, qui compte actuellement 28 nations, sera réduite à 10 rois. La Grande-Bretagne s’est déjà retirée de l’UE. D’autres suivront ou seront expulsés.

Le verset 13 montre que ces 10 rois auront tous un esprit—et il tournera autour de l’esprit allemand et de l’esprit du Saint Empire romain. Ces rois « donneront leur puissance et leur autorité à la bête ». C’est une prophétie que ces nations seront ancrées à l’Allemagne ! De tous les pays, la France est la première à l’admettre ! La demande de Macron pour que la France s’allie à l’Allemagne et à l’Église catholique romaine accomplit cette prophétie à la lettre !

Ce chapitre utilise également le symbole d’une femme (versets 1-2) pour illustrer que cet empire est en union avec l’Église catholique. Même certains des plus anciens commentateurs de la Bible l’ont reconnu.

Cette résurrection du Saint Empire romain va faire des ravages ! Une centaine de prophéties dans votre Bible vous le disent ! Mais vous n’en entendez pas parler beaucoup dans ce monde, sauf dans ce magazine. Nous prophétisons depuis de nombreuses années. Dieu a donné un avertissement parce qu’Il ne veut pas que les gens souffrent. Il avertit également afin qu’ils puissent apprendre à quel point il peut être catastrophique de rejeter cet avertissement.

Le verset 14 explique comment cet empire finira : « Ils combattront contre l’agneau, et l’agneau les vaincra, parce qu’Il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois, et les appelés, les élus et les fidèles qui sont avec lui les vaincront aussi. » Tout cela est prophétisé pour arriver juste avant la Seconde venue ! Cette bête sera détruite lorsque Jésus-Christ reviendra pour sauver l’humanité !

Le Saint Empire romain contre Israël

Le Saint Empire romain est l’ennemi juré d’Israël, la nation choisie par Dieu. Comme Herbert W. Armstrong l’a expliqué dans Les Anglo-Saxons selon la prophétie , Israël est plus que la petite nation juive du Moyen-Orient qui s’appelle Israël aujourd’hui. Cette nation est la Juda biblique, seulement une tribu d’Israël.

Certains prétendent que nous ne pouvons pas identifier les autres tribus d’Israël aujourd’hui. Mais réfléchissez sur ce que Genèse 49 : 1-2 dit : « Jacob appela ses fils, et dit : Assemblez-vous, et je vous annoncerai ce qui vous arrivera dans la suite des temps [les derniers jours—selon la King James]. Rassemblez-vous, et écoutez, fils de Jacob ! Ecoutez Israël, votre père. »

Le nom de Jacob a été changé en Israël lors de sa conversion. Maintenant, tout le monde devrait « écouter » ce message, et c’est pour « les derniers jours ». Ce n’était pas pour l’ancien Israël. Il est prophétisé que cela arrivera dans les derniers jours aux 12 tribus d’Israël, qui sont devenues des nations modernes ! Rejeter ce fait clair signifie rejeter l’autorité de la Bible !

Si Dieu donne une prophétie, vous pouvez être sûr qu’Il la révèle à Ses élus pour qu’ils la comprennent. Sinon, quel est le but de la prophétiser ?

Quand Dieu prophétise ce qui arriverait aux différentes tribus d’Israël juste avant le retour du Christ, nous devons savoir  elles se trouvent aujourd’hui. Dans Matthieu 10 : 6, Christ a dit à Ses disciples « allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël ». Les disciples savaient où ils étaient et nous pouvons connaître leur identité aujourd’hui. Si vous ne savez pas quelles sont ces tribus aujourd’hui, demandez notre livre gratuit Les Anglo-Saxons selon la prophétie . Il l’explique en détail.

Le Saint Empire romain a travaillé pendant des siècles pour cacher cette vérité à l’humanité. C’est une des raisons pour lesquelles l’Église catholique a cherché à contrôler l’éducation pendant tant de siècles. Mais Dieu a fait en sorte que cette vérité soit connue de nos jours. Nous pouvons savoir quelles sont ces nations.

Remarquez Genèse 49 : 22 : « Joseph est le rejeton d’un arbre fertile, le rejeton d’un arbre fertile près d’une source ; les branches s’élèvent au-dessus de la muraille. » Ce sont les promesses du droit d’aînesse. Cela a commencé avec la Grande-Bretagne—l’empire le plus puissant de tous les temps. À partir des îles britanniques, les colonies des descendants de Joseph—de ses petits-fils Éphraïm et Manassé, sur lesquels il a placé le nom d’Israël (Genèse 48 : 13-16)—se sont répandues autour de la Terre. Éphraïm et Manassé étaient une nation jusqu’à ce qu’ils se séparent, et Manassé devint les États-Unis, la plus grande nation de tous les temps. Ses « branches s’élèvent au-dessus de la muraille » aussi, par son influence mondiale.

Pourquoi la Grande-Bretagne et l’Amérique sont-elles si riches depuis si longtemps ? Parce que les promesses du droit d’aînesse que Dieu a faites à Israël ont été transmises à Éphraïm et Manassé. Dieu ne choisit pas de favoris ici. Mais Il bénit l’obéissance—dans ce cas, l’obéissance d’Abraham.

Genèse 49 : 23-24 dit : « Ils l’ont provoqué, ils ont lancé des traits ; les archers l’ont poursuivi de leur haine. Mais son arc est demeuré ferme, et ses mains ont été fortifiées par les mains du Puissant de Jacob : il est ainsi devenu le berger, le rocher d’Israël. » Les descendants de Joseph ont donc de nombreux ennemis. Mais Dieu a promis de les protéger. Le terme « rocher d’Israël » est utilisé comme un type du trône même de David et, surtout, un type de Jésus-Christ, notre Rocher, notre Pierre et notre Berger. Il s’occupe de nous, et Il nous donne ces promesses de droit d’aînesse et de protection.

Dieu finira par verser ces bénédictions sur toute l’humanité alors qu’ils apprennent à lui obéir. Mais en cette fin des temps, l’accent est mis sur trois nations : les nations du droit d’aînesse—les États-Unis et la Grande-Bretagne—et la nation du sceptre, Juda. Juda, le père des Juifs d’aujourd’hui, a reçu la promesse du sceptre (verset 10). De sa lignée sont nés des rois qui se sont assis sur le trône de David, qui est toujours sur cette Terre en ce moment. Des puissances étrangères ont tenté de détruire ce trône depuis ses débuts. Le Saint Empire romain a également tenté de détruire le trône de David qui a été planté en Grande-Bretagne, mais a échoué.

Tristement, les descendants de Joseph n’ont pas suivi les pas d’Abraham. Au lieu de cela, ils se sont rebellés contre Dieu. Leurs bénédictions se transforment donc en malédictions (Deutéronome 28). Nous sommes dans « les derniers jours » maintenant, c’est donc une prophétie dont nous devons nous préoccuper. Pour la comprendre, il est crucial de comprendre que Ruben dans la prophétie biblique se réfère à la France. (Ceci est également expliqué dans Les Anglo-Saxons selon la prophétie .)

Les Français sont un peuple formidable. Mais en flirtant avec le Saint Empire romain, ils s’accrochent à quelque chose de vraiment dangereux.

La France dans la prophétie

Voici comment Jacob a commencé la prophétie dans Genèse 49 : « Ruben, toi, mon premier-né » (verset 3). Saviez-vous que Ruben aurait dû recevoir toutes ces grandes promesses de droit d’aînesse et être une nation riche comme la Grande-Bretagne et l’Amérique ?

La France aurait dû recevoir ces promesses, mais à cause des péchés de Ruben, les promesses du droit d’aînesse ont été données plutôt à Joseph. Précédemment dans le récit de la Genèse, nous lisons comment Ruben a trahi Joseph. C’est aussi une prophétie pour cette fin des temps : Ruben va se retourner contre son frère Joseph. C’est une tragédie, car la France fait aussi partie d’Israël.

Le verset 3 continue : « Ruben, toi, mon premier-né, ma force et les prémices de ma vigueur, supérieur en dignité et supérieur en puissance. » Dieu a des choses très élogieuses à dire sur la France. Mais Il a également quelques critiques : « Impétueux comme les eaux, tu n’auras pas la prééminence ! Car tu es monté sur la couche de ton père, tu as souillé ma couche en y montant » (verset 4). Autrefois, Ruben avait des relations avec la concubine de son père. Cette indiscrétion lubrique était un gros problème pour Ruben, et la France l’a toujours aujourd’hui.

Les Français ont toujours les mêmes caractéristiques que Ruben avait autrefois. Cela fait partie de la raison pour laquelle la France est « impétueuse comme les eaux », ce qui signifie qu’elle peut être manipulée par un pays comme l’Allemagne.

Sachez que Dieu aime toujours profondément le peuple français. Les Français sont un peuple formidable, tout comme les Allemands. Mais en flirtant avec le Saint Empire romain, ils s’accrochent à quelque chose de vraiment dangereux !

L’Amérique a restauré l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale grâce au plan Marshall. Cela a également beaucoup aidé la France. Mais l’Allemagne et la France vont maintenant trahir l’Amérique et la Grande-Bretagne et même la nation juive. Au niveau national, les cibles principales du Saint Empire romain sont l’Amérique, la Grande-Bretagne et la nation juive du Moyen-Orient. Dieu punira ces nations plus que les autres parce qu’elles ont été si richement bénies et n’ont pas écouté le message de Dieu.

Une puissance militaire prophétisée

Macron cherche à rétablir le lien entre l’Église catholique et l’État. Mais le Saint Empire romain était non seulement célèbre pour son union église-État, mais aussi pour ses forces armées.

Macron appelle à la fois à une armée européenne et à plus d’implication religieuse. C’est exactement ce qu’est le Saint Empire romain. Cet empire a un gouvernement, une religion, une armée et il règne sur diverses nations.

Mais le soi-disant Saint Empire romain n’est pas du tout saint. Il a provoqué à plusieurs reprises des fleuves de sang.

Apocalypse 13 et 17 contiennent certaines des prophéties les plus détaillées de cet empire dans le Nouveau Testament. Apocalypse 13: 4 se lit comme suit : « Et ils adorèrent le dragon, parce qu’il avait donné l’autorité à la bête ; ils adorèrent la bête, en disant : Qui est semblable à la bête, et qui peut combattre contre elle ? »

Le monde entier demandera qui pourra rivaliser militairement avec cet empire. Il s’agit d’une prophétie selon laquelle l’Europe disposera d’une armée puissante ! La France le veut et entre à nouveau dans cette union du Saint Empire romain. Mais les Français ne réalisent pas que cela les conduit à adorer le diable, comme son principal outil militaire et religieux, symbolisé par le grand dragon ! (Apocalypse 12 :12).

L’Allemagne voulait depuis longtemps une armée européenne. Elle cherche à faire revivre la puissante armée du Saint Empire romain. Les Allemands ont prévu cela avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Nous devons voir ce que Dieu fait et pourquoi Dieu permet que cela se produise. En fait, Il met même dans leurs esprits d’exécuter cela ! (Apocalypse 17 : 17).

La France peut être celle qui appelle à une puissante armée européenne, mais l’Allemagne a le pouvoir de la créer ! Les gens n’en parlent pas parce qu’ils ne veulent pas faire face à la réalité.

La Bible révèle à maintes reprises que les amoureux de l’Amérique et de la Grande-Bretagne vont les trahir (par exemple, Ézéchiel 23). L’Amérique et la Grande-Bretagne dépendent aujourd’hui de leur prestige mondial et de leur gloire passée. Mais nous ne pouvons pas nous protéger, même si nous pensons que nous le pouvons. C’est une leçon douloureuse que nous devons encore apprendre.

Se tourner vers le Berger

Dieu veut que nous nous tournions vers notre Berger « le berger, la pierre d’Israël ». Dieu est la source et le fondement de toutes nos bénédictions. Notre peuple devrait avoir une certaine humilité et reconnaître que Dieu est derrière toute sa prospérité. Mais ce monde ne regarde pas vers Dieu.

Un berger regarde et protège les moutons. Sans berger, nous sommes des moutons impuissants qui serons dévorés par des loups voraces ! Aujourd’hui, Israël a rejeté son Berger. Le Saint Empire romain se lève maintenant pour dévorer ses bénédictions.

Chacun de nous a besoin de ce Berger dans nos vies, personnellement, ou nous sommes tous aussi impuissants que des moutons. Nous devons toujours nous rappeler de regarder vers ce Rocher, Jésus-Christ. Il sera votre Berger et veillera sur vous et vous protégera.

Voici une autre prophétie pour la fin des temps : « Et toi, fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu dois écouter la parole qui sort de ma bouche, et les avertir de ma part » (Ézéchiel 33 : 7). Dieu veut que vous écoutiez Sa sentinelle, et vous devez savoir qui il est. Ce message est envoyé dans les derniers jours pour avertir Israël, principalement, mais le reste du monde aussi.

Israël sera puni en premier à cause de ses grands péchés. Le verset 11 se lit : « Dis-leur : je suis vivant ! dit le Seigneur, l’Eternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie ; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? » Ce message pourrait-il être plus fort ? Dieu veut que nous nous détournions de notre mauvaise voie ! Il sera alors notre Berger et nous sauvera, et tout ira bien !

Daniel 2 : 44 prophétise ceci au sujet de ces 10 rois : « Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d’un autre peuple ; Il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et Lui-même subsistera éternellement. » Les saints de Dieu—ceux qui défendront Christ et Son message et qui avertissent Israël aujourd’hui—recevront ce Royaume. Ils auront des positions et des récompenses comme personne n’a jamais eu !

Nous avertissons les gens aujourd’hui que la grande Tribulation et le Jour du Seigneur arrivent ! Dieu veut empêcher cela. Il veut que nous vivions, physiquement et spirituellement, et que nous prospérions de toutes les manières. Mais si Israël ne tient pas compte de Son message, alors Il doit les punir comme aucun peuple n’a jamais été puni.

C’est à nous de déclarer ce message et à Israël d’en tenir compte. Dieu bénira tous ceux qui soutiennent le message de Dieu maintenant ou en tiennent compte à l’avenir. Jésus-Christ est sur le point de revenir pour apporter la prospérité à toute l’humanité. Ceux qui soutiennent le message de Dieu aujourd’hui seront protégés de la Tribulation à venir et gouverneront avec Christ pour l’éternité ! Quel grand espoir nous avons si nous nous tournons vers notre Berger !

Source: La Trompette

Erdogan est-il en train de déclencher un nouveau conflit cataclysmique au Moyen-Orient ?


Une guerre aux conséquences multiples se préparerait-elle en Méditerranée ? Il semble bien que oui.

Selon de multiples sources, le gouvernement Erdogan se préparerait à dépêcher des djihadistes de Syrie du Nord à sa solde, encadrés par des troupes turques, pour se battre aux côtés des djihadistes libyens contre « l’Armée Nationale Libyenne » sous le contrôle du maréchal Haftar, soutenu par l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis.

Les djihadistes sous contrôle turc, en partance pour Tripoli, seraient transportés par avions ou bateaux d’un pays membre de l’OTAN, la Turquie, à travers la Méditerranée.

Il serait intéressant de connaître la réaction de cette organisation et des États-Unis, si cela devait se produire.

  • L’Algérie, qui vit une période de transition précaire, marquée par une instabilité qui semble durable et une grave crise économique, a déclaré être en totale opposition avec l’intervention turque en Libye, et s’est dite prête à agir militairement pour l’en empêcher. Rien de mieux que la fuite en avant et le risque d’un conflit pour galvaniser un peuple, surtout quand celui-ci manifeste toutes les semaines contre le gouvernement, et ne reconnaît pas les résultats des récentes élections.
    Mais, en même temps, l’Algérie a des intérêts à défendre dans la région. Autant elle a laissé les djihadistes du Nord Mali agir à leur guise, autant elle ne voit pas d’un bon œil la présence de ces mêmes forces en Libye où il deviendraient une menace pour elle et un risque pour l’islamisation du pays.
  • Erdogan est allé en Tunisie cette semaine, probablement à la recherche de soutien et d’une base arrière pour sa logistique et ses troupes. On ne connaît pas la réponse officielle tunisienne et il semble que les Tunisiens sont contre toute implication, mais comme Rachid Ghanouchi, le président de l’Assemblée nationale, est un ami personnel et un compagnon de route de plusieurs décennies de son « Frère Musulman » Erdogan, il n’est pas impossible que la Tunisie se retrouve entraînée d’une manière ou d’une autre dans ce conflit.
    D’autant que le nouveau Président de la République tunisienne, peu expérimenté politiquement, a laissé Erdogan s’exprimer contre ses «ennemis» de manière agressive, en sa présence, et à partir du territoire tunisien, pays qui partage une longue frontière avec la Libye.
  • En Libye, sont déjà présents sur le terrain des mercenaires russes très probablement envoyés par Poutine, ainsi que des Soudanais, dont Erdogan dénonce la présence en condamnant, avec une belle ironie et toute honte bue, la présence de mercenaires «étrangers» sur le territoire libyen. Ces facteurs contribuent encore plus à internationaliser ce conflit.

Quelles seront les réactions européennes, au premier rang de ce conflit, dont l’Europe subirait les conséquences directement et à plusieurs niveaux, énergétiques, migratoires, etc., et quelle intensité aurait une guerre où l’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats, la Turquie, l’Algérie et, en sous-main le Qatar qui finance la Turquie, seraient impliquées avec en plus une forte présence de djihadistes qui pourraient, comme ça a été le cas en Syrie, être rejoints par des «collègues» en provenance d’Europe ?

Déjà la Grèce, à la fois membre de l’OTAN, comme la Turquie, et de l’Union européenne, est opposée à la présence turque dans cette région, d’autant qu’elle a été accompagnée d’un accord de partage des ressources sous-marines, signé avec le GNA djihadiste de Tripoli, qui nuit à ses intérêts.

Outre la situation géographique et géostratégique de ce pays, les ressources en hydrocarbures de la Libye intéressent beaucoup de monde, et donc toutes les convoitises sont prêtes à s’exprimer avec véhémence, vigueur et bien entendu violence.

La situation y est confuse et compliquée et, à moins d’une reculade – peu envisageable dans l’état actuel des choses – de certains protagonistes, ou une intervention diplomatique de grande envergure, on ne voit pas très bien ce qui peut empêcher ce conflit de dégénérer et de prendre des proportions cataclysmiques.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Eddad Aber

L’OTAN prépare un conflit militaire de grande ampleur


L’augmentation en intensité des exercices de l’OTAN à la frontière russe sont le signe que l’Alliance atlantique se prépare à un conflit militaire de grande envergure d’après l’état-major russe, qui appelle l’OTAN à une reprise de la collaboration.

Si Emmanuel Macron a appelé l’OTAN à réorienter sa stratégie contre le «terrorisme international» lors du sommet de l’Alliance atlantique début décembre, force est de constater qu’il s’agit, en l’état actuel des choses, d’un vœu pieux. C’est le constat dressé par le chef d’état-major des forces de la Fédération de Russie armées Valéri Guérassimov lors d’un d’un discours prononcé, le 17 décembre, devant les attachés militaires étrangers, et publié par le journal russe Krasnaïa Zvezda.

Selon lui, les exercices militaires et les déploiements de troupes dans les pays baltes et en Pologne sont des signes évidents que l’Alliance atlantique considère plus que jamais la Russie comme une menace, comme elle le fait depuis trois décennies. «Le déploiement des éléments de la défense antimissile des Etats-Unis se poursuit. L’activité militaire s’intensifie dans les pays baltes et en Pologne, dans les eaux de la mer Noire et de la mer Baltique, et l’intensité des exercices militaires du bloc augmente», a-t-il ainsi souligné. Et pour le chef d’état-major, l’analyse des scénarii de ces exercices militaires est très clair : ils témoignent «de préparatifs ciblés de l’OTAN en vue d’un déploiement de ses forces dans un conflit militaire de grande ampleur».

Une analyse partagée par le Kremlin, comme l’a souligné son porte-parole Dmitri Peskov lors d’un point-presse ce 18 décembre. «Dans ce cas précis, il s’agit de l’avis d’un professionnel qui repose sur l’analyse menée par nos militaires dans le processus de suivi des manœuvres effectuées par l’OTAN. En l’occurrence, seul l’avis des professionnels peut être correct», a-t-il fait valoir, précisant que «l’administration du président ne [pouvait] pas évaluer [la situation] du point de vue militaire».

Il est nécessaire de reprendre la collaboration entre la Russie et l’OTAN dans le but de résoudre les sujets de préoccupation qui se sont accumulés

Dans son discours, Valéri Guérassimov est par ailleurs revenu sur les arguments avancés par les Occidentaux pour justifier ces mouvements de troupes et exercices, à savoir que les activités militaires de Moscou constitueraient une «menace pour la paix». «Dans le domaine de la garantie de sa sécurité militaire, toute démarche de la Russie, tout événement, est planifié et transparent pour construire une armée et une marine. Or chaque exercice est clairement présenté par les propagandistes occidentaux et des médias producteurs de fake news comme une « menace pour la paix »», a-t-il fait remarquer.

Une situation inquiétante que ne souhaite pas voir perdurer Valéri Guérassimov, qui appelle à une reprise de la collaboration entre Moscou et l’Alliance atlantique : «La réduction des risques d’incidents dangereux dans le domaine militaire doit demeurer au cœur du dialogue entre la Russie d’un côté et les Etats-Unis et l’OTAN de l’autre. Il est nécessaire de reprendre la collaboration entre la Russie et l’OTAN dans le but de résoudre les sujets de préoccupation qui se sont accumulés.»
102 exercices en 2019

Préoccupations en tête desquelles trône donc la multiplication des exercices militaires de l’OTAN aux frontières de la Russie. Dans un rapport publié le 13 octobre sur les 102 exercices prévus en 2019, l’Alliance atlantique explique en effet avoir «recentré son attention» sur «la sécurité collective et les priorités de défense à l’intérieur des frontières de l’Alliance» à la suite du rattachement de la Crimée à la Russie en 2014. «L’Alliance est aujourd’hui amenée, face à la Russie, à remobiliser des aptitudes de dissuasion politique et militaire datant de la guerre froide tout en cherchant à s’adapter à des tactiques modernes de guerre hybride», est-il notamment écrit.

La présence en rotation de l’OTAN dans la région de la Baltique ne suffirait pas à repousser une invasion de forces conventionnelles russes

C’est dans ce cadre que l’OTAN a décidé d’intensifier ces dernières années ces exercices militaires. A titre d’exemple, en 2018, l’exercice «Trident Juncture 18» qui se déroulait en Norvège constituait la plus grande manœuvre militaire organisée par l’Alliance atlantique depuis la fin de la guerre froide. 50 000 soldats, 250 aéronefs, 65 navires et quelque 10 000 véhicules terrestres en provenance de 31 Etats membres de l’OTAN y ont pris part. Ajoutez à cela que l’Alliance atlantique juge dans son rapport publié en octobre que «la présence en rotation de l’OTAN dans la région de la Baltique ne suffirait pas à repousser une invasion de forces conventionnelles russes», et l’inquiétude de l’état-major russe peut difficilement ne pas être considérée comme légitime.
«Affrontement de communications interposées»

En dépit de la sortie de l’état-major russe, le directeur du Centre européen d’analyses stratégique (CEAS) Philippe Migault, spécialiste des questions stratégiques, ne croit pourtant pas à la possibilité d’un tel conflit. Selon lui, il s’agit plutôt d’un «affrontement de communications interposées, qui vise essentiellement à influencer l’adversaire et sa propre opinion publique», comme il l’a confié à RT France. Moscou jouerait ainsi le même jeu que l’OTAN, qui «hurle au loup» à chaque fois qu’il y a une manœuvre russe, en affirmant que la Russie se prépare à envahir les pays baltes ou la Pologne.

«Je ne suis pas persuadé que ça reflète une véritable montée de la tension et à une situation dont il faut s’alarmer, en tout cas à moyen terme. […] On est vraiment dans une opération de communication à destination des opinions publiques qu’il s’agit de fédérer, afin de les convaincre qu’il existe un danger. Mais je ne pense pas que cela soit l’illustration véritablement d’une montée des tensions», explique-t-il.

Interrogé par RT France, Patrick Charaix, ancien général et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) estime, quant à lui, que les exercices menés par l’OTAN ne deviennent pas plus agressifs mais plus complexes, compte tenu des «nouvelles menaces réelles», tel que le cyber, ou encore les attaques hyper véloces de missiles nucléaires. «Il suffit de voir les attaques cyber, qui pour le coup, sont bien attribuées à la Russie. Et puis toute son activité satellitaire en missiles nucléaires, missiles balistiques et anti–missiles», note-t-il, soutenant que l’OTAN faisait ainsi preuve de dissuasion à l’égard de Moscou.

«Je rappelle que la dissuasion s’appuie sur trois crédibilités fortes: politique, technique et opérationnelle. Et l’OTAN est en train de jouer ça vis-à-vis de la Russie», explique-t-il, tout en confiant, d’un autre côté, comprendre la réaction de Moscou qui se sent «oppressé, agressé».

Source: RT France

Vladimir Poutine dénonce l’expansion continue de l’Otan


Vladimir Poutine a qualifié de «menace potentielle pour la sécurité» de la Russie les actions de l’Otan qui s’approchent du territoire russe, avant de rappeler que Moscou avait plusieurs fois invité l’Alliance à lutter ensemble contre les menaces réelles, dont le terrorisme.

Le rapprochement de l’Otan des frontières russes constitue une menace pour la sécurité nationale de la Russie, a déclaré mardi 3 décembre à Sotchi le Président Vladimir Poutine alors qu’un sommet de l’Otan se déroule à Londres à l’occasion du 70e anniversaire de l’Alliance.

«Aujourd’hui, nous sommes obligés d’agir, compte tenu du fait que l’élargissement de l’Otan et le développement de son infrastructure militaire à proximité des frontières russes représente une menace potentielle pour la sécurité de notre pays», a indiqué M.Poutine lors d’une conférence consacrée à l’évolution de la Marine nationale et de l’industrie de défense.

Il a rappelé que l’Alliance, initialement formée par 12 États, compte déjà 29 membres et que les dépenses militaires de ces pays «représentent plus de 70% des dépenses militaires mondiales».

«L’Alliance a agi d’une manière incorrecte, voire brutale, à l’égard de la Russie»

«L’Union soviétique n’existe plus, tout comme l’organisation du pacte de Varsovie, qui a été mise en place en réaction à l’apparition de l’Otan. Mais l’Otan existe toujours et ne cesse de se développer», a-t-il fait remarquer.

Moscou s’est plusieurs fois montré prêt à coopérer avec l’Alliance, l’invitant à lutter ensemble «contre les menaces réelles comme le terrorisme international, les conflits armés régionaux et le danger de la prolifération non contrôlée des armes de destruction massive», a rappelé M.Poutine.

«Nous avons fait plusieurs pas vers l’Alliance, nous avons essayé de proposer une planification constructive. Plusieurs manifestations conjointes ont eu lieu, mais notre coopération s’est de fait terminée après 2008 parce que l’Alliance a agi d’une manière incorrecte, voire brutale, à l’égard de la Russie, sans tenir compte des intérêts de notre pays», a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, la Russie poursuivra le rééquipement technique de ses Forces armées, a conclu le Président.

Source: Sputnik News

Otan: «Emmanuel Macron veut remplacer Donald Trump comme leader de l’alliance»


L’Otan est-elle en passe de mourir? Suite aux rencontres houleuses qui ont eu lieu au sommet de Londres, Sputnik revient avec Emmanuel Dupuy sur les enjeux et l’avenir de l’Alliance atlantique, et notamment la confrontation entre Emmanuel Macron et Donald Trump.

Le sommet de l’Otan qui s’est tenu à Londres ce 3 décembre avait des allures de grande réunion familiale: tout le monde était réuni, et malgré des ressentiments marqués et de profondes divergences, toute la famille a fait mine de bien s’entendre. Exemple le plus frappant, malgré «le grand respect» qu’ils aiment à rappeler qu’ils ont l’un pour l’autre, entre Donald Trump et Emmanuel Macron, les relations sont au plus bas. L’échange musclé entre les deux hommes lors de ce dernier sommet l’a confirmé.

«Quand on parle de l’ennemi, je dirais, quel est l’objectif? Protéger nos partenaires contre les menaces externes. La France le fera et nous serons pleinement solidaires vis-à-vis des États de l’Est et du Nord de l’Europe. Mais l’ennemi commun aujourd’hui, c’est les groupes terroristes. […] Et je suis désolé de dire que nous n’avons pas la même définition du terrorisme autour de la table», déplorait le Président de la République en conférence de presse avec son homologue américain.

Sur la Syrie, la lutte antiterroriste, les échanges commerciaux, sur la dissuasion nucléaire européenne, sur la notion même du rôle de l’Otan, les deux dirigeants ont des désaccords. À tout cela s’ajoute un différend profond entre Emmanuel Macron, de nombreux autres leaders européens d’une part et Recep Tayyip Erdogan de l’autre. Les deux chefs d’État s’accusent mutuellement de soutenir des groupes terroristes au Levant.

Autant de signaux qui laissent penser que l’Alliance est en assistance respiratoire, pour ne pas employer une autre métaphore médicale qui a fait florès. Pourtant, Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) et spécialiste des questions de politiques européennes de sécurité et de défense, nous explique que ce n’est qu’une impression de façade. Au-delà des quiproquos et des mésententes de chacun, l’Alliance a, aujourd’hui plus qu’à n’importe quelle époque, toutes les raisons de subsister, et pourrait même ressortir grandie de ces épisodes fâcheux. Entretien. 

Sputnik France: Comment interprétez-vous les échanges tenus hier entre Emmanuel Macron et Donald Trump? Peut-on se considérer comme alliés lorsque l’on a des désaccords aussi importants, sur des sujets aussi importants pour les deux pays?

Emmanuel Dupuy: «Je ne pense pas qu’il faille surinterpréter les propos tenus par les deux Présidents lors de cette conférence de presse. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’ils ont des propos aigres-doux l’un envers l’autre. Les questions qui posent problème, on les connaît: la guerre commerciale et divergences de visions sur l’Otan, qui, pourtant, ne sont pas si éloignées que ça l’une de l’autre.

Je crois donc que les mots n’ont pas une importance considérable dans le sens ou in fine, les deux Présidents se sont déjà éloignés l’un de l’autre, notamment depuis le G7 de Biarritz. Cela s’inscrit dans une relation qui n’est plus seulement celle d’alliés, mais aussi d’adversaires. Les deux pays sont toujours alliés d’un point de vue militaire, mais sont sur le plan économique des concurrents, il va donc falloir s’habituer à ce que le ton entre les deux rives de l’Atlantique soit plus vigoureux, et j’ose dire que c’est une bonne chose.» 

Sputnik France: Pourtant, même sur les sujets les plus consensuels, comme la lutte contre le terrorisme, il semble y avoir des divergences entre les partenaires, et ce n’est pas qu’une question de discours…

Emmanuel Dupuy: «Si votre question c’est: “est-ce que la France va sortir de l’Otan?”, la réponse est non. Ce n’est pas des mots qui vont provoquer une décision politique. Trump et Macron ont deux personnalités différentes, mais qui se rejoignent dans le sens ou les deux font de la politique-spectacle. Surtout que cette conférence de presse ne comptait que deux acteurs parmi les 29.

Par contre, ce que l’on peut dire, c’est que le Président Macron risque certainement d’essayer de profiter du vide laissé par Donald Trump, empêtré au niveau national dans des procédures de destitution. De ce vide, Emmanuel Macron veut certainement remplacer Donald Trump dans cette quête de leadership, d’une part au sein de l’Union européenne, mais surtout au sein de l’Otan. C’est peut-être de cette manière que l’on peut interpréter sa volonté de rebattre les cartes et d’évoquer un certain nombre de sujets qui fâchent…»    

Sputnik France: Sur la Turquie, est-ce possible de maintenir une alliance avec un partenaire qui nous accuse de soutenir des terroristes et vice versa?

Emmanuel Dupuy: «L’alliance compte 29 membres, bientôt 30, donc les tensions qui existent entre deux des 29 membres ne peuvent pas tout remettre en cause. Par contre, ce qui est vrai, c’est qu’il y a une opposition entre les Turcs et un Président français qui dit tout haut ce que beaucoup de membres de l’alliance pensent tout bas. Ce qu’il dit, c’est que les Turcs jouent sur plusieurs tableaux et se sont émancipés de certaines règles d’engagement en ne tenant pas compte de la présence de forces spéciales françaises, anglaises et américaines au Levant d’une part. C’est problématique, mais ça n’a pas vocation à faire exclure un membre de l’alliance.»

Sputnik France: Sur les questions de dissuasion nucléaire en Europe, pensez-vous que lorsque Macron demande de «clarifier» la situation, c’est un pas vers la proposition russe de moratoire sur les armes nucléaires de courte et moyenne portée?

Emmanuel Dupuy: «Sur cette question du nucléaire, la balle est dans le camp des Américains. Ce sont eux qui ont choisi de quitter le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, poussant par conséquent la Russie à s’en retirer, alors que ce traité était en place depuis 1987.

Je crois que la question qu’Emmanuel Macron et les autres leaders européens doivent se poser face à cette situation est celle de la défense européenne et de l’autonomie stratégique, étant entre deux puissances surarmées d’un point de vue nucléaire. Et c’est ce vers quoi l’on se dirige à l’horizon 2021/2027, avec les treize milliards d’euros que l’on va consacrer au futur programme d’engagement, avec notamment les tanks du futur, avions du futur.»

Sputnik France: Une Europe plus autonome stratégiquement n’est-ce pas une source d’inquiétude pour des Américains encore soucieux de garder cette influence, notamment d’un point de vue militaire, sur les Européens?

Emmanuel Dupuy: «C’est tout le paradoxe entre la réalité des stratégies américaines et françaises et l’aspect théâtral de la conférence de presse entre les deux Présidents. Au final, les deux se rejoignent sur le fait qu’ils souhaitent tous deux une plus grande autonomie stratégique des Européens. Cela ne veut pas dire que l’objectif final serait que les États-Unis quittent l’Otan, mais qu’il y ait une responsabilisation plus forte des Européens dans leur stratégie de Défense. Cela passe par un renforcement du budget Défense de chaque pays, ce qui va dans le sens des demandes faites par Donald Trump que chaque pays mette l’argent requis dans l’alliance.»

Sputnik France: Donc pour vous l’alliance est toujours solide et pertinente, malgré les divergences de points de vue?

Emmanuel Dupuy: «  Effectivement, d’autant plus que je pense que nous sommes à l’aune d’une reconfiguration de stratégie de l’alliance, qui est en train de comprendre que la menace n’est plus la même qu’il y a soixante ans. Les menaces aujourd’hui se trouvent sur ses flancs méridionaux et orientaux, mais l’on pourrait rajouter le cyber et le spatial. Il y a aussi une convergence d’intérêts en Asie centrale, en Arctique et en Afrique subsaharienne. Il y a là une convergence d’intérêts qui n’existait pas avant, et c’est pour cela que l’Alliance est plus que requise, alors qu’elle n’était pas nécessairement sollicitée jusqu’à présent. Quelque part, le Président turc à raison quand il dit qu’il ne faut pas simplement concentrer les forces de l’alliance dans les pays baltes, mais prendre en compte les autres menaces qui guettent l’alliance, comme les conflits hybrides, notamment.»

Source: Sputnik News

Critiques, insultes… Le sommet du 70e anniversaire de l’Otan s’ouvre dans une ambiance électrique


Deux sujets de désaccords risquent d’animer les échanges lors de ce nouveau sommet de l’Otan: l’offensive turque en Syrie et la participation des pays européens au budget de défense de l’Alliance.

Les dirigeants des pays de l’Otan se réunissent ce mardi et ce mercredi en sommet à Watford, près de Londres, pour le 70e anniversaire de l’alliance, mais l’ambiance est loin d’être festive à cause de multiples différends. Le plus virulent oppose Emmanuel Macron et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan au sujet de l’intervention lancée par Ankara dans le nord-est de la Syrie sans en informer les autres membres de l’Alliance.

Les critiques du président français contre l’Alliance, jugée en état de « mort cérébrale », ont choqué tous ses partenaires. La charge d’Emmanuel Macron a notamment ulcéré Erdogan qui a jugé que c’est le président français qui est « en état de mort cérébrale ». Le dirigeant turc veut porter le différend au sommet. Paris a déploré ses insultes, mais Emmanuel Macron assume ses propos et n’entend pas renoncer à ses griefs.

Leurs partenaires espèrent qu’ils crèveront l’abcès mardi, au cours d’une réunion sur la Syrie organisée à Londres avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson. Le président Erdogan ne sera pas beaucoup soutenu après sa décision d’acheter un système de défense anti-missile S-400 à la Russie, incompatible avec les équipements de l’Otan. Mais il sait que son pays ne peut pas être expulsé et l’appui de Donald Trump lui suffit.

Trump et le budget de la défense

L’autre inconnue sera justement le comportement du milliardaire. Le président américain n’a qu’un seul sujet de discussion depuis son élection lorsqu’il vient à l’Otan: le partage du fardeau pour les dépenses militaires et son corollaire, l’augmentation des budgets de la défense des alliés européens et canadien.

Les responsables de l’Otan espèrent que l’accord pour réduire la contribution américaine au budget de fonctionnement de l’Alliance et les efforts financiers fournis par les alliés pour augmenter leurs dépenses militaires vont l’apaiser. Le secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, assure que l’année prochaine, les alliés non américains auront augmenté leurs dépenses pour la défense de 130 milliards de dollars depuis 2016.

Mais beaucoup redoutent que cela ne suffise pas et craignent un nouveau coup de sang de Donald Trump. L’année dernière à Bruxelles, il avait pris à partie Angela Merkel, accusée de ne pas payer assez et de contribuer à l’effort militaire de la Russie avec ses achats massifs de gaz. Les alliés se sont engagés en 2014 à consacrer 2% de leur PIB pour leurs dépenses militaires en 2024. Neuf pays ont atteint cet objectif en 2019 et si la France va l’atteindre en 2025, l’Allemagne est encore très loin du but.

Un sommet bref

Le sommet sera bref: une session de travail de trois heures mercredi dans l’hôtel d’un golf prestigieux à Watford, dans la banlieue de Londres. Mais les décisions seront significatives, car à Londres, l’espace va devenir un domaine d’opérations de défense pour l’Otan et l’Alliance va se positionner face à la montée en puissance de la Chine, second budget militaire du monde et très présente dans le cyberespace.

Jens Stoltenberg pourrait par ailleurs être mandaté pour conduire une réflexion demandée par la France sur la relation de l’Otan avec la Russie et sur les futurs grands enjeux de sécurité collective, comme la menace terroriste. 

Source: BFM TV

Macron avertit du danger de guerre mondiale et d’effondrement de l’alliance atlantique


Dans le magazine The Economist, Macron avertit du danger de guerre mondiale et d’effondrement de l’alliance atlantique.

Les divisions insolubles entre les puissances impérialistes qui à deux occasions ont éclaté au XXe siècle dans une guerre mondiale sapent à nouveau les alliances internationales essentielles aux affaires du capitalisme mondial.

C’était le contenu d’un long entretien profondément pessimiste accordée à l’Economiste britannique par le président français Emmanuel Macron, déclarant que l’alliance de l’OTAN entre l’Amérique et l’Europe était morte. L’entretien contenait des déclarations pratiquement sans précédent pour un président français de mémoire d’homme.

Macron a d’abord exprimé son étonnement devant la situation mondiale et sa frustration devant la politique américaine. «J’essaye d’être lucide, mais regardez ce qui est en train de se passer dans le monde», a-t-il déclaré. «C’était impensable il y a cinq ans. S’épuiser sur le Brexit comme on le fait, avoir une Europe qui a tellement de mal à avancer, avoir un allié américain qui nous tourne le dos aussi vite sur des sujets stratégiques, personne n’aurait cru que c’était possible.»

Insistant sur le danger d’une guerre mondiale, Macron a indiqué qu’il considérait la politique américaine touchant un large éventail de sujets allant du Moyen-Orient à la Russie, en passant par la Chine et la finance mondiale comme une menace pour les intérêts vitaux de la France. Il a critiqué le retrait des troupes américaines en Syrie par Trump qui a donné le feu vert à l’attaque turque contre les milices kurdes servant de force par procuration de l’OTAN dans sa guerre en Syrie.

«Ce qu’on est en train de vivre, c’est pour moi la mort cérébrale de l’OTAN. Il faut être lucide», a déclaré Macron. Il s’est dit préoccupé par le fait que l’article 5 sur la légitime défense collective de l’Otan pourrait entraîner la France dans une guerre déclenchée par son allié de l’OTAN, la Turquie, contre la Syrie et son principal allié, la Russie: «C’est quoi l’Article 5 demain? C’est-à-dire que si le régime de Bachar al-Assad décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager, c’est une vraie question […] D’un point de vue stratégico-politique ce qui s’est passé est un énorme problème pour l’OTAN.»

Macron a également fustigé la politique américaine vis-à-vis de la Russie, une puissance nucléaire majeure: «Que les États-Unis soient très durs avec la Russie, c’est un surmoi, administratif, politique, historique.»

Macron a souligné que la politique américaine pouvait provoquer une guerre totale avec la Russie, incitant au contraire au développement d’une alliance avec Moscou: «Si nous voulons bâtir la paix en Europe, reconstruire de l’autonomie stratégique européenne, nous avons besoin de reconsidérer notre position avec la Russie.» Il a ajouté que la France peut «parler à tout le monde et donc construire des équilibres pour éviter que le monde ne s’embrase.»

Macron a également mis en garde contre « l’émergence – depuis 15 ans – d’une puissance chinoise qui crée un risque de bipolarisation et marginalise clairement l’Europe. Et à ce risque de « G2 » États-Unis/Chine, s’ajoute le retour de puissances autoritaires, au voisinage de l’Europe», telles que la Russie et la Turquie. De retour d’un voyage en Chine, où il a signé des contrats d’une valeur de 15 milliards de dollars et dénoncé les tarifs douaniers américains contre la Chine et l’Europe, Macron a déclaré qu’il était «neutre» concernant Huawei, une société que Washington a tenté d’empêcher de mettre en place un réseau d’Internet mondial et européen.

Macron a mis en exergue les luttes acharnées pour des parts de marchés menées par les principaux États capitalistes. Pointant les craintes d’un effondrement financier américain, embarquant l’Europe dans sa foulée, il a fustigé la politique américaine en matière de guerre commerciale, déclarant: «L’Europe est un des continents où il y a le plus d’épargne. Une grande partie de cette épargne sert à acheter des obligations américaines. Donc avec notre épargne on paye l’avenir des Etats-Unis, et en plus on s’expose sur une fragilisation. C’est absurde.»

Insistant sur le fait qu’il considère la politique américaine en matière de guerre commerciale comme inacceptable, Macron a ajouté: «Trump […] pose la question de l’OTAN, il la pose comme un projet commercial. Selon lui c’est un projet où les États-Unis assurent une forme d’ombrelle géopolitique, mais en contrepartie, il faut qu’il y ait une exclusivité commerciale, c’est un motif pour acheter américain. La France n’a pas signé pour ça.»

Macron a souligné à plusieurs reprises que lui et d’autres chefs d’État européens tiraient des conclusions d’une grande portée sur la viabilité non seulement des liens avec Trump, mais aussi de l’alliance vieille de 70 ans avec l’Amérique dans le cadre de l’OTAN.

Citant le rejet de ses inquiétudes sur le Moyen-Orient par Trump qui avait déclaré en privé que «C’est votre voisinage, pas le mien», Macron a ajouté: «Quand vous avez le Président des États-Unis d’Amérique qui dit ça, nous ne pouvons pas, même si on ne veut pas l’entendre, ne pas en tirer les conséquences de manière responsable, en tout cas commencer à réfléchir […] certaines alliances, ou la robustesse de ces liens sont en train d’être revisitée. Je pense que beaucoup de partenaires l’ont vu, et qu’on est en train de bouger sur ce point.»

Bien que l’Economist ait caché sa traduction anglaise de l’interview de Macron derrière un verrou d’accès payant, cela a semé la consternation parmi les responsables de l’OTAN. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, en Europe à l’occasion du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, a répondu à Macron: «Je pense que l’OTAN reste un partenariat important, essentiel, peut-être historiquement l’un des partenariats stratégiques les plus critiques de toute l’histoire.»

La chancelière allemande Angela Merkel a qualifié les remarques de Macron de «paroles drastiques», ajoutant: «Je ne pense pas que des jugements aussi radicaux soient nécessaires, même si nous avons des problèmes et devons nous ressaisir.»

En réalité, cependant, de larges couches de la bourgeoisie européenne sont d’accord avec Macron. Dans un article intitulé «Macron a raison», le magazine allemand Der Spiegel écrivait: «Le président français a déclaré que l’OTAN était en état de mort cérébrale, et il y a beaucoup d’indignation. Mais pour l’essentiel, l’analyse de Macron est correcte.»

Il a poursuivi: «Le corps d’une personne en état de mort cérébral semble vivre, mais elle est en fait morte et toute forme de thérapie n’a pas de sens. C’est ce que le président français pense de l’OTAN.» Rejetant les remarques critiques de Merkel concernant le «jugement radical» de Macron contre l’OTAN, Der Spiegel a déclaré: «En réalité, c’est une défense assez tiède de l’OTAN. Il est également clair pour Merkel que le patient se trouve vraiment dans une telle situation.»

Les discussions dans les milieux dirigeants sur l’effondrement d’une alliance de 70 ans entre des puissances impérialistes qui, à deux reprises au 20e siècle ont plongé la planète dans une guerre mondiale, laisse présager une crise très dangereuse. Le système capitaliste menace à nouveau l’humanité d’un embrasement mondial, cette fois avec des armes nucléaires. De manière significative, Macron lui-même a souligné que ce qui est en train de naître n’est pas une querelle passagère au sein de l’OTAN, mais une rupture profonde des relations internationales préparée au cours de décennies de guerres impérialistes depuis la dissolution de l’Union soviétique par stalinisme en 1991.

Source: Les moutons rebelles

L’OTAN sur le point d’imploser


Le Conseil atlantique s’est réuni au niveau ministériel, les 24 et 25 octobre 2019 au siège de l’OTAN à Bruxelles. La réunion a donné lieu à de très vifs affrontements entre d’un côté l’Allemagne, le Benelux et la France, de l’autre les États-Unis et la Turquie.

Les anciens États du Pacte de Varsovie, soucieux de ne pas baisser la garde face à la Russie, ont tenté de calmer le jeu.

À la différence des débats de 1966, lorsque la France avait refusé que son armée soit commandée par un officier supérieur états-unien et s’était retirée du Commandement intégré, le conflit ne porte pas sur l’indépendance des membres de l’Alliance face aux USA, mais sur la poursuite de l’Alliance elle-même.

L’Allemagne, le Benelux et la France ont demandé une intervention militaire au Nord-Est de la Syrie, à la fois contre les forces syriennes et turques (membres de l’OTAN), en soutien aux forces kurdes du YPG. Au contraire, les États-Unis et la Turquie ont fait valoir que les forces US n’avaient pas mandat pour être en Syrie et que les forces turques agissaient légalement dans le cadre du droit de suite en matière terroriste.

Cette situation pose la question de ce que devient l’Alliance après que les États-Unis ont décidé et commencé à ne plus être un Empire.

La nature ayant horreur du vide, l’Allemagne, le Benelux et la France sont clairement candidats à former un groupe pour prendre la relève bien qu’ils n’en aient pas seuls les moyens. Cependant, l’Allemagne estime devoir rester dans le cadre de l’Alliance[1], tandis que la France imagine cette évolution dans le cadre de l’UE (c’est-à-dire sans les États-Unis et le Royaume-Uni).

À titre de référence, lors de la dislocation de l’URSS, le Pacte de Varsovie ne survécut pas à la reconnaissance par Moscou de l’indépendance des États-membres. La « doctrine Brejnev » (1968) justifiait une intervention militaire chez les Alliés si l’identité socialiste du Bloc de l’Est était en jeu. Ainsi, Moscou put réprimer le « Printemps de Prague ». Au contraire, en 1990, Mikail Gorbatchev déclara que Moscou n’avait plus les moyens de dicter sa loi à ses alliés ; un principe qu’il nomma par dérision « doctrine Sinatra » (allusion à la chanson de Frank Sinatra My Way). Il n’y eut donc pas de répression en Hongrie et l’Allemagne de l’Est abattit soudainement le Mur de Berlin.

L’Alliance atlantique dispose pareillement de services secrets stay-behind[2], chargés de maintenir par des assassinats ou des changements de régime les États-membres dans la même ligne identitaire. Bien que ces services aient été plusieurs fois dissous, ils sont toujours effectifs. Cependant, il n’avait jamais été envisagé que le problème serait posé par les États-Unis.

Notes

[1] « L’impérialisme allemand peut-il remplacer celui des États-Unis ? », Réseau Voltaire, 24 octobre 2019.

[2] NATO’s Secret Armies : Operation Gladio and Terrorism in Western Europe, Daniele Ganser, Frank Cass (2004). Version française : Les Armées Secrètes de l’OTAN : Réseaux Stay Behind, Opération Gladio et Terrorisme en Europe, Demi-Lune (2007). Disponible en épisodes sur Voltairenet.org.

Source : Voltaire Net 

Les forces de l’OTAN mèneraient des exercices secrets simulant une guerre nucléaire


Les forces s’entraîneraient à transférer des armes nucléaires et à les fixer sur des avions de combat

L’armée de l’air allemande, en collaboration avec les pays partenaires de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), mène actuellement des exercices militaires secrets, simulant entre autres, un conflit nucléaire, a rapporté vendredi l’agence de presse allemande Dpa.

Selon cette source, l’ensemble de ces manoeuvres, baptisé « Steadfast Noon », a été lancé la semaine dernière et devrait se poursuivre.

Les forces militaires s’entraîneraient notamment à transférer des armes nucléaires depuis des galeries souterraines vers des bases allemandes et à les fixer sur des avions de combat, a indiqué l’agence de presse.

Les vols d’entraînement, cependant, s’effectuent sans le transport de ces bombes, a-t-elle précisé.

Plusieurs avions de combat Tornado de l’armée allemande stationnés à la base aérienne de Büchel, dans l’État fédéral de Rhénanie-Palatinat, participeraient aux manoeuvres. Un seul de ces avions peut transporter jusqu’à quatre bombes atomiques.

L’Allemagne ne possède pas d’armes nucléaires, mais ses avions peuvent en être équipés dans le cadre du partage nucléaire de l’OTAN.

En mai dernier, le directeur du Nuclear Information Project de la Fédération des scientifiques américains (FAS), Hans Kristensen, avait estimé que 20 ogives nucléaires américaines, de type B61, étaient entreposées dans la base aérienne de Büchel.

Mais le gouvernement allemand n’a pas confirmé la présence de ces armes étrangères dans le pays.

Source: i24 News

Une OTAN de plus en plus englobante


Depuis plus de vingt ans, les États-Unis poussent à « globaliser » l’Alliance, au motif qu’elle doit s’adapter aux nouveaux risques et menaces si elle veut, soi-disant, « rester pertinente » (en d’autres termes : prouver son utilité pour les intérêts américains et s’assurer, en échange, le maintien de l’engagement US sur le vieux continent). Le raisonnement est, somme toute, logique. Sauf que pour les Européens il aboutirait mécaniquement à abandonner toutes leurs politiques. Le défi consiste à empêcher, autant que faire se peut, que le champ de compétences de l’organisation s’étende à d’autres domaines (non-militaires) et à d’autres zones géographiques (au-delà de l’espace euro-atlantique). Car l’objectif des efforts de « globalisation » est de faire en sorte que les Européens – qui dans l’OTAN se trouvent dans une position de subordination par rapport à l’Amérique – formulent leurs politiques diverses et variées non plus en dehors, mais au sein de l’Alliance atlantique.

L’expérience montre que cela met une formidable pression sur les alliés pour épouser les priorités US, reprendre leurs arguments, leur approche, leurs normes et, au bout du compte, délaisser leurs propres analyses et modes de réflexion. Pour les Européens, la poursuite de l’extension du champ de compétences fonctionnelles et géographiques de l’OTAN risque de mettre définitivement leurs politiques dans des domaines tels le cyber, l’énergie, l’espace, et vis-à-vis de puissances comme la Russie, la Chine ou le Moyen-Orient sur une trajectoire fixée par les USA. Leur marge de manœuvre s’en trouverait singulièrement rétrécie, avec des répercussions désastreuses à la fois en matière diplomatique et économique.

La France a flairé le danger très tôt. Face à la tentation d’élargir à l’infini les compétences de l’OTAN (et de grignoter sur celles de l’UE par voie de conséquence), elle ne cesse de plaider pour un « recentrage » de l’Alliance. Le ministère de la défense a expliqué dès 2007 que les clins d’œil de l’OTAN vers des secteurs civils, ou en direction de pays partenaires en Asie et en Océanie dénotent « un changement de nature de l’Alliance » et « visent, sous l’impulsion des États-Unis, à transformer l’OTAN en une organisation de sécurité à vocation globale, tant géographique que fonctionnelle ». Or pour la France « l’OTAN ne doit pas devenir une organisation englobant des compétences disparates qui n’auraient plus aucun lien avec son cœur de métier »[1]. Dans le même esprit, le ministre Le Drian s’exprimant en 2014 à un séminaire de l’OTAN a plaidé pour « concentrer l’Alliance sur son domaine d’excellence »[2].

Expansion géographique : démultiplication à la fois des partenaires et des cibles

Face aux efforts sans relâche de la bureaucratie otanienne pour se conformer au plus près des injonctions US (avec l’acquiescement discret de la plupart des partenaires), les appels français au « recentrage » ont l’air d’un combat d’arrière-garde. La perte du focus euro-atlantique, à savoir le fait que l’établissement de partenariats et la désignation des adversaires se produit désormais à l’échelle globale, s’inscrit dans la grande mutation post-guerre froide. Comme l’a résumé l’excellent Jolyon Howorth « à partir d’une organisation dont l’objectif initial fut d’assurer un engagement américain au service de la sécurité européenne, [l’OTAN] a été transformée, presque imperceptiblement, en une autre, dont le nouvel objectif est d’assurer un engagement européen au service de la stratégie globale des Etats-Unis »[3].

Pour les Européens, cette évolution amplifie deux sortes de risques : militaires et diplomatiques. Le général de Gaulle avait déjà mis en garde sur le danger de se retrouver entraîné dans les aventures militaires des États-Unis.

« D’abord, on a vu que les possibilités de conflit, et par conséquent d’opérations militaires, s’étendaient bien au-delà de l’Europe, et qu’à leur sujet il y avait entre les principaux participants de l’Alliance atlantique des divergences politiques qui pourraient, le cas échéant, tourner en divergences stratégiques »[4].

Or « des conflits où l’Amérique s’engage dans d’autres parties du monde, risquent de prendre, en vertu de la fameuse escalade, une extension telle qu’il pourrait en sortir une conflagration générale. Dans ce cas, l’Europe, dont la stratégie est, dans l’OTAN, celle de l’Amérique, serait automatiquement impliquée dans la lutte lors même qu’elle ne l’aurait pas voulu »[5].

Avec la fin de la guerre froide, les divergences politiques d’un côté et de l’autre de l’Atlantique se multiplient et se manifestent de plus en plus ouvertement, d’abord sur le plan diplomatique. C’est le fameux « policy gap » : les intérêts des Européens et des Américains  ne coïncident pas, loin de là, sur de nombreux dossiers, qu’il s’agisse de la Russie, de la Syrie, de l’Iran, du Proche-Orient, de l’Arctique, de la Chine ou de l’Afrique. Accepter de formuler ces politiques au sein de l’OTAN, donc sous la tutelle de l’Amérique, c’est accepter de verrouiller les relations de l’Europe vis-à-vis d’autres puissances et d’autres régions du globe dans une position de suivisme et d’alignement sur les États-Unis. Comme l’a dit, avec un euphémisme remarquable, le ministre français de la défense en 1999 :

« Il est incontestable que l’Alliance n’est pas nécessairement l’entité la mieux à même d’assurer à l’Europe une voix plus puissante dans les affaires du monde »[6].

Pour ce qui est de la propension de l’OTAN à établir des partenariats à tout va, le concept semble innocent au premier regard – mais n’en comporte pas moins des dangers graves. La diplomatie française a toujours été réservée par rapport aux projets de « partenariat global » qui est, en réalité, l’association aux travaux de l’OTAN de pays géographiquement éloignés de l’espace euro-atlantique, mais qui se distinguent par leur loyauté envers les États-Unis. Il s’agit de 42 pays aujourd’hui, y compris le Japon et l’Australie, 5 ayant accès à des informations confidentielles de l’Alliance (dont la Jordanie et la Géorgie). Les réticences traditionnelles de la France s’expliquent d’abord par le refus d’instituer une sorte de grande « alliance des démocraties ». Laquelle aurait, d’une part, la vocation à peine cachée de se substituer à l’ONU, et qui établirait, de l’autre, une logique de bloc à bloc entre l’Occident et le reste du monde. A l’époque, la ministre Michèle Alliot-Marie, dénonça le risque « d’adresser un mauvais message politique : celui d’une campagne à l’initiative des Occidentaux contre ceux qui ne partagent pas nos opinions »[7].

En effet, l’élargissement continu du réseau de partenariats s’inscrit dans une logique d’extension des adversaires et des théâtres d’opérations potentiels. Ce n’est pas un hasard si en signant un accord de partenariat renforcé avec l’Australie le Secrétaire général de l’Alliance a tenu à préciser que le but est de gérer/contrer la montée en puissance de la Chine[8].

En janvier dernier, dans la revue Foreign Policy fut publié un article signé de Stephen M. Walt, un de théoriciens les plus reconnus des relations internationales, où il a écrit noir sur blanc que pour sauver l’OTAN « les Européens doivent devenir l’ennemi de la Chine »[9]. Ou de n’importe qui d’autre que les États-Unis nomment comme étant leur principal adversaire du moment. Car c’est toujours la même logique : pour s’assurer les bonnes grâces de Washington et sous prétexte de « sauver » l’Alliance, les Européens sont priés d’aligner leurs politiques sur celles des États-Unis. Il va sans dire que l’OTAN est l’enceinte tout trouvée pour faire ce travail de « coordination » entre alliés.

Expansion fonctionnelle : de la politique intérieure à l’espace extra-atmosphérique

De façon régulière, les responsables américains lancent aussi des « défis » thématiques à l’OTAN pour qu’elle prouve son utilité et sa pertinence. Comme le président Trump qui l’a traitée « d’obsolète » à moins qu’elle ne devienne plus active dans la lutte contre le terrorisme. Dans le même esprit, on assiste, depuis le début des années 2000, à une extension tous azimuts des domaines de compétence de l’Alliance. L’accent a été mis sur l’énergie et le cyber, mais la liste des domaines possibles est pratiquement sans fin – comme l’a dit Jaap de Hoop Scheffer, Secrétaire général de l’Alliance en 2006 :

« Virtuellement tous les problèmes sociétaux peuvent rapidement se transformer en un défi de sécurité »[10].

Et ça tombe bien, puisque, pour Washington, il convient surtout de réduire au minimum le nombre de sujets sur lesquels les Européens se concertent entre eux (dans le cadre de l’UE), hors de son contrôle direct. Car un des grands avantages, pour les USA, de l’élargissement du champ des compétences de l’OTAN est de bloquer/récupérer les initiatives de l’UE dans les domaines qui les intéressent.

Le scénario est toujours le même. Un sujet est projeté, sur initiative US, sur l’écran radar de l’Alliance. Les Européens, Français en tête, rechignent, en disant que l’OTAN devrait se concentrer sur son cœur de métier, et ne pas s’aventurer sur le terrain de l’UE. Toutefois, comme c’est déjà sur l’agenda, les alliés lancent des consultations. Ils en arriveront à accepter l’inclusion du nouveau sujet parmi les compétences de l’Alliance, d’une façon soigneusement circonscrite dans un premier temps. La nouvelle compétence se limite d’abord à la protection des capacités propres (infrastructures, forces en opération) de l’OTAN. Ensuite, au prétexte de la « valeur ajoutée » de l’Alliance, celle-ci se propose d’épauler tel ou tel État membre. Le sujet finira par se faufiler dans les planifications de défense, où la définition d’une « approche coordonnée » se fera, tout naturellement, sur la base des priorités des États-Unis. Cerise sur le gâteau, des voix s’élèveront pour que le nouveau domaine figure parmi ceux couvert par l’article 5. C’est ainsi que le Secrétaire général Stoltenberg a pu énoncer, en août dernier, qu’une attaque cyber contre les ordinateurs du Système de santé britannique serait susceptible de déclencher la défense collective[11].

La sécurité énergétique est un autre cas d’école. En 2006, au sommet de Riga, le président Chirac a sèchement remarqué que « La sécurité énergétique n’était pas à l’ordre du jour et n’avait pas à être à l’ordre du jour de l’OTAN. Nous n’en avons donc pas parlé »[12].

Il n’en reste pas moins qu’à la suite du sommet, des « consultations » furent lancées. La Division des défis de sécurité émergents comporte, dès 2010, une section dédiée à la sécurité énergétique, et deux ans plus tard un centre d’excellence « Sécurité énergétique de l’OTAN » a été mis sur pied[13].

Au sommet de Bruxelles de juillet 2018, les dirigeants alliés, soucieux d’apaiser le président Trump, ont déclaré que « les développements en matière d’énergie peuvent avoir des incidences importantes sur les plans politique et de la sécurité pour les Alliés », et que, pour cette raison, « Nous estimons qu’il est essentiel de veiller à ce que les pays membres de l’Alliance ne soient pas vulnérables à la manipulation des ressources énergétiques à des fins politiques ou de coercition, laquelle constitue une menace potentielle. Les Alliés continueront donc de chercher à diversifier leurs approvisionnements énergétiques »[14]. Ce n’est qu’une heureuse coïncidence si, pour beaucoup, cela revient à acheter du gaz naturel liquéfié, en provenance des États-Unis[15].

L’espace est le prochain sur la liste. L’argumentaire est bien rodé, exposé il y a deux ans dans un rapport de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN : « toute attaque sur les moyens spatiaux d’un Allié aurait des retombées sur la sécurité de tous les autres. Il lui faut donc se doter d’une approche globale qui lui permette de protéger ses intérêts dans l’espace. Il est par ailleurs indispensable, du point de vue opérationnel, d’intégrer l’espace aux structures OTAN de planification et de commandement. Enfin, les exercices de l’OTAN devraient comporter des scénarios de guerre spatiale prévoyant l’interdiction ou la désactivation temporaire de moyens spatiaux alliés »[16].

Une des décisions attendues au sommet de Londres en décembre prochain est justement la reconnaissance officielle de l’espace comme domaine de compétence et d’intervention pour l’OTAN[17].

Si elle est conçue comme « un cadeau à Trump » (une fois de plus, le fameux apaisement), elle n’en est pas moins lourde de conséquences. La France, en particulier, veut des assurances en matière de commandement (ses capacités spatiales seront-elles placées sous commandement OTAN/US dans une situation de crise) et sur l’articulation avec l’article 5 (une attaque contre le satellite d’un des pays membres serait-il susceptible d’activer la défense collective). Mais elle passe, une fois de plus, à côté de l’essentiel : dès que le spatial aura été reconnu comme domaine OTAN, c’est tout un engrenage qui se mettra en place. Un processus au cours duquel les Européens seront amenés à se conformer à la vision, aux normes, aux priorités de l’Amérique dans l’espace.

A moyen et à long terme, l’Alliance atlantique pourra être tentée de s’aventurer davantage sur le terrain du commerce et de l’économie (le Secrétaire général de l’OTAN n’a-t-il pas parlé du TTIP comme d’une OTAN économique, en soulignant que ce sont les deux faces de la « communauté transatlantique intégrée » à construire), voire sur celui de la politique intérieure de ses propres États membres (sauf le plus grand, tout naturellement)[18-19].

L’un des meilleurs spécialistes US de l’OTAN, Stanley R. Sloan a consacré son dernier livre presque entièrement au défi posé par la remise en cause de la démocratie libérale dans les États membres. Il y explique que, dès le départ, « l’OTAN était non seulement militaire, mais tout aussi politique et économique », ayant vocation « de défendre les systèmes politiquement démocratique et économiquement libéral de ses États membres »[20].

Or, poursuit-il, la question est de savoir comment l’OTAN peut-elle résister aujourd’hui, lorsque ces valeurs sont menacées au sein de l’Alliance atlantique.

Un rapport récent de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, signé du député Gerald Connolly, président de la délégation US, se penche sur le même sujet. Il constate que :

« Les menaces qui pèsent sur les valeurs de l’OTAN ne proviennent pas seulement des adversaires de celle-ci. Des mouvements politiques peu respectueux des institutions démocratiques ou de la primauté du droit prennent de l’ampleur dans de nombreux pays membres de l’Alliance. Ces mouvements préconisent la préférence nationale à la coopération internationale. Les démocraties libérales sont menacées par des mouvements et des personnalités politiques hostiles à l’ordre établi qui se situent à droite comme à gauche sur l’échiquier politique ». Il suggère donc que « l’OTAN doit se doter des moyens nécessaires pour renforcer les valeurs en question dans les pays membres », en établissant « un centre de coordination de la résilience démocratique »[21].

Ce serait une erreur de penser que ces propositions sont motivées par les seules batailles politiciennes aux États-Unis. L’idée de « surveillance démocratique », omniprésente durant la guerre froide, a été reprise au lendemain de l’effondrement de l’Union soviétique, dans un document confidentiel du Pentagone dont les fuites avaient provoqué un véritable tollé à l’époque : l’OTAN y est décrite comme « le canal de l’influence des États-Unis », et parmi les objectifs US figure le souci de « décourager, dans les pays développés, toute tentative pour renverser l’ordre politique et économique »[22].

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1] Réponse du Ministère de la défense à une question écrite à l’Assemblé nationale (Réponse publiée au JO le 13 novembre 2007, p. 7061)

[2] Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, sur les défis et priorités de l’OTAN, Ouverture du séminaire ACT à Paris, le 8 avril 2014.

[3] Jolyon Howorth, Transatlantic Perspectives on European Security in the Coming Decade, Yale Journal of International Affairs, Summer-Fall 2005, p.9.

[4] Conférence de presse du général de Gaulle, le 5 septembre 1960.

[5] Conférence de presse du général de Gaulle, le 21 février 1966.

[6] Déclaration de M. Alain Richard, ministre de la défense, sur les perspectives d’avenir de l’Alliance atlantique après cinquante ans d’existence, Paris le 4 mai 1999.

[7] « L’Otan doit rester une organisation euro-atlantique », Tribune de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, Le Figaro, le 30 octobre 2006.

[8] NATO needs to address China’s rise, says Stoltenberg, Reuters, 7 août 2019.

[9] Stephen M. Walt, Europe’s Future Is as China’s Enemy, Foreign Policy, 22 janvier 2019.

[10] Discours du Secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jaap de Hoop Scheffer, Riga, 28 novembre 2006.

[11] Cyber attack on NHS would trigger full Nato response, says alliance’s general secretary, The Telegraph, 27 août 2019.

[12] Conférence de presse de M. Jacques Chirac, Président de la République, à Riga le 29 novembre 2006.

[13] NATO Energy Security Center of Excellence (NATO ENSEC COE).

[14] Déclaration du sommet de Bruxelles, publiée par les chefs d’État et de gouvernement participant à la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord tenue à Bruxelles les 11 et 12 juillet 2018.

[15] Les ventes de gaz américain à l’Europe progressent à grande vitesse, Le Figaro, 2 mai 2019.

[16] Madeleine Moon, Domaine spatial et défense alliée, Rapport de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, 162 DSCFC 17, septembre 2017.

[17] Robin Emmott, NATO aims to make space new frontier in defense, Reuters Exclusive, 21 juin 2019.

[18] Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP).

[19] Discours du Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen à la conférence « A New Era for EU-US Trade », Copenhague, 7 octobre 2013

[20] Stanley R. Sloan, Transatlantic Traumas, Manchester University Press, 2018, p.5.

[21] 70 ans de l’OTAN : Pourquoi l’Alliance demeure-t-elle indispensable ?, Gerald E. Connolly (Etats-Unis), Rapport de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, septembre 2019.

[22] Defense Planning Guidance, extraits ébruités dans le New York Times, 8 mars 1992.

Source: Iveris