Un militant d’Extinction Rebellion grimpe sur la pyramide du Louvre pour y planter un drapeau


Le Louvre a été «pris à partie» ce 13 octobre par une dizaine de militants d’Extinction Rebellion et l’un d’eux a escaladé la pyramide pour y planter un drapeau, avant d’être arrêté par la police.

Une dizaine de militants du mouvement écologiste Extinction Rebellion se sont rassemblés ce dimanche 13 octobre sur l’esplanade du Louvre. L’un d’eux s’est mis à grimper le long de la pyramide en tenant un drapeau vert à la main. Arrivé aux deux tiers de la structure, qui fête cette année ses 30 ans, il a accroché son drapeau et s’est laissé glisser jusqu’en bas, a relaté BFM TV.

C’est là qu’il était attendu par des policiers. Il était toujours interrogé en fin d’après-midi à quelques mètres de militantes qui tenaient une pancarte avec l’inscription «État d’urgence climatique».

Sensibiliser l’opinion à l’urgence climatique

Le mouvement Extinction Rebellion, né en octobre 2018 au Royaume-Uni, s’est manifesté en France par plusieurs actions de «désobéissance civile» non violente pour dénoncer l’inaction du gouvernement, face à l’urgence du réchauffement climatique. Ainsi, des militants ont occupé le week-end dernier le centre commercial Italie 2 à Paris, se sont installés pendant plusieurs jours sur la place du Châtelet et ont bloqué samedi 12 octobre la circulation autour de l’Assemblée nationale.

À Montréal, trois grimpeurs d’Extinction Rebellion sont montés le 8 octobre, au petit matin, sur la structure du pont Jacques-Cartier, tandis que d’autres manifestants sont restés sur le trottoir, chantant et lançant des slogans pour les encourager. La circulation avait été complètement interrompue dans les deux sens pendant plus d’une heure, y compris pour les piétons et les cyclistes, ce qui a provoqué d’importants embouteillages.

Le mouvement se pose pour objectif de sensibiliser l’opinion à l’urgence climatique. Des blocages ont eu lieu également à Amsterdam, Londres, Washington ou encore Berlin.

Source: Sputnik News

Le numéro deux de la diplomatie iranienne se rendra à Paris


Alors que la France a multiplié ces dernières semaines ses contacts avec l’Iran, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, envisage de se rendre à Paris pour discuter de propositions destinées à sauver l’accord nucléaire.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, se rendra en France lundi 2 septembre pour discuter de l’accord nucléaire de 2015 fragilisé par le retrait américain, a annoncé le chef du bureau présidentiel iranien, Mahmoud Vaezi.

«Une délégation dirigée par le vice-chef de la diplomatie Araghchi se rendra à Paris», a annoncé le responsable, cité par l’agence Isna. Selon Vaezi, le diplomate sera accompagné d’une équipe d’experts spécialisés en économie, et discutera de propositions destinées à sauver l’accord nucléaire.

Entretien entre Macron et Rohani

La France a multiplié ces dernières semaines ses contacts avec l’Iran afin de maintenir à flot l’accord nucléaire de 2015. Ces efforts interviennent sur fond d’une montée des tensions dans le Golfe, où Londres a proposé le déploiement d’une mission navale européenne.

Samedi 30 août, Emmanuel Macron s’est entretenu par téléphone avec le Président iranien Hassan Rohani, l’Iran avertissant qu’il pourrait s’affranchir un peu plus de son engagement sur le nucléaire militaire, la France souhaitant pour sa part consolider sa démarche pour sortir de la crise.

M. Rohani a par ailleurs reproché une nouvelle fois aux Européens de ne pas avoir pris de «mesures concrètes» pour maintenir les échanges économiques avec l’Iran, étouffés par les sanctions américaines.

Pétrole iranien

Paris estime qu’il faut que d’un côté l’Iran revienne à ses engagements du JCPOA  [l’accord nucléaire de 2015, ndlr], et d’autre part que Donald Trump fasse une pause dans ses sanctions économiques, par exemple en laissant l’Iran exporter un peu de son pétrole.

Téhéran juge vital le maintien de sa capacité à exporter ce pétrole, le principal acquis qu’il avait tiré de l’accord conclu il y a quatre ans avec les grandes puissances en échange d’un strict encadrement de ses activités nucléaires.

M. Araghchi avait déjà souligné fin juillet à la télévision iranienne que les États européens ne devaient opposer «aucun obstacle» aux exportations iraniennes de pétrole s’ils voulaient espérer sauver l’accord, destiné à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire de Téhéran.

Vendredi 23 août, M. Zarif avait rencontré Emmanuel Macron à l’Élysée et effectué deux jours plus tard une visite surprise à Biarritz, invité par le Président français en marge du G7.

Source : Sputnik News

Netanyahou à Macron: «C’est le mauvais moment pour discuter avec l’Iran»

Alors que le Président français a récemment appelé à une rencontre entre les dirigeants américain et iranien, le Premier ministre israélien estime que le moment n’est pas opportun pour s’entretenir avec Téhéran.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déconseillé au Président français Emmanuel Macron de «discuter» avec l’Iran, que l’État hébreu accuse de chercher à fabriquer des missiles au Liban pour l’attaquer, informe l’AFP.

«C’est le mauvais moment pour discuter avec l’Iran», a dit M.Netanyahou à M.Macron lors d’une conversation téléphonique initiée par la France, estimant que l’Iran intensifiait son action belliqueuse dans la région, selon un communiqué officiel israélien.

Le Président français avait appelé plus tôt cette semaine à une rencontre entre les Présidents iranien Hassan Rohani et américain Donald Trump. Les tensions entre les deux pays n’ont cessé de s’accroître depuis le retrait unilatéral de Washington en mai 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, rappelle l’agence.

Israël a accusé jeudi 29 août l’Iran de chercher à fabriquer, via son allié le Hezbollah libanais, des missiles de précision qui pourraient causer «d’énormes pertes humaines» sur son territoire.

Faisant référence au Liban, il a ajouté au cours de sa conversation avec Emmanuel Macron que «ceux qui procurent un abri à l’agression et à l’armement (iraniens) ne seront pas épargnés», précise l’agence AFP.

Drones au-dessus du Liban

Le 28 août, l’armée libanaise a annoncé que ses soldats avaient ouvert le feu sur plusieurs drones israéliens qui avaient violé l’espace aérien du pays, près du village d’Adaisseh.

Plus tôt, le 25 août, les autorités libanaises avaient déclaré que des drones israéliens avaient attaqué la banlieue sud de Beyrouth dans la nuit du 24 au 25 août.

Source : Sputnik News

L’enfer aux portes de Paris


Arriver dans le quartier de la Chapelle, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, c’est d’abord passer une frontière invisible marquant une séparation nette entre ici et le reste de la capitale, entre ici et la normalité.

Migrants stand at a makeshift camp set up under Paris’ ring road in the north of Paris’ area of Porte de la Chapelle on January 29, 2019 during its evacuation in an operation led by local authorities to shelter volunteer migrants in nearby gymnasiums and to examinate their insalubrity condition and administrative situation. – Migrants wait (Photo by Christophe ARCHAMBAULT / AFP)

(…) Le malheureux conducteur est aussitôt assailli par une horde de zombies en guenilles. Ils s’accrochent aux portières, frappent à la vitre pour mendier de façon plus ou moins agressive un peu d’argent destiné à se payer leur dose de crack, cette drogue dure qui ronge les corps et les âmes.

« Le quartier est devenu le point de fixation des dealers et des consommateurs, raconte Sabine, une habitante. (…) Ils se concentrent tous dans notre quartier et on se retrouve avec des sans-papiers devenus toxicomanes à nos portes. Cette drogue les rend violents, ils sont prêts à tout pour une dose quand ils sont en manque. La nuit, c’est pire. Les femmes enchaînent les passes en pleine rue (…) »

(…) En 2017 déjà, une pétition titrant « La Chapelle, Pajol : les femmes, espèce en voie de disparition au cœur de Paris », dénonçait le harcèlement constant subi par les femmes dans l’espace public. Cette pétition avait déclenché une vive polémique car elle visait, selon ses détracteurs, les jeunes hommes d’origine étrangère présents en nombre et complètement désœuvrés. Pour Solange, qui vit à proximité, rien n’a changé depuis. La jeune femme dénonce l’immobilisme des pouvoirs publics.

(…) Bénédicte, employée de la RATP, profite de sa pause pour nous raconter le calvaire de son quotidien au guichet de la station de métro La Chapelle : « Je vois le pire tous les jours. Il y a du trafic, des vols, des agressions. On a même vu deux personnes se faire égorger sous nos yeux. Ce qui se passe dans ce quartier est terrible. On est à Paris, en 2019, on ne devrait pas avoir à subir cela. Ils volent, agressent, font des trafics et lorsqu’ils se font attraper, ils ne passent que quelques heures en garde à vue puis sont libérés. Ils n’ont donc peur de rien et encore moins de notre justice bien faible. Nous devrions assumer un système répressif plus dur pour remettre de l’ordre. »

Source: Le Figaro

L’incendie de Notre-Dame met en lumière un projet pré-existant de rénovation de l’Île de la Cité


Avant de débuter, j’aimerais donner une petite précision sur l’absence de post sur cet événement. Je ne voulais tout simplement pas en rajouter une couche, car bien évidemment, tout le monde en parle, partout et sans cesse. Et je ne voulais tout simplement pas donner d’informations supplémentaires. Cependant, j’ai quand même veiller à m’informer plus en profondeur sur le sujet et il parait certain qu’il ne s’agit pas d’un simple incendie accidentel, loin de là… Ce qui suit vous donnera quelques pistes de réflexion.

SENTINELLE SAPS

L’incendie de Notre-Dame a suscité et suscite toujours de nombreuses interrogations, et après avoir fait le point sur ce drame national dans un article où nous avons évoqué les différentes pistes qui expliquent – ou pas – comment cet événement aurait pu survenir de manière accidentelle, nous allons nous pencher aujourd’hui sur un certain nombre d’informations disponibles sur le Net depuis fin 2015 et tenter de comprendre qui va profiter de cet incendie pour avancer des pions qui semblent déjà prêts à entrer sur l’échiquier. 

© AFP/Jean-Sébastien Evrard
Cette photo de l’Île de la Cité ne sera-t-elle bientôt qu’un souvenir, une part d’un passé qui doit laisser la place à un projet « moderne » ?

Emmanuel Macron, les J.O. et l’Exposition universelle

Ce qui suit répondra aussi peut-être à la question de savoir pourquoi Emmanuel Macron Le Mal-Aimé, n’a eu de cesse de répéter depuis l’incendie de Notre-Dame que « nous la rebâtirons tous ensemble » « d’ici cinq années » :

« Venu sur place constater l’ampleur des dégâts, alors que les flammes n’étaient pas encore éteintes, Emmanuel Macron a brièvement pris la parole. « Cette cathédrale nous la rebâtirons tous ensemble », a affirmé le président de la République, déclarant avoir « une pensée » à la fois pour « les catholiques », « les Parisiennes et les Parisiens », ainsi que l’ensemble de ses « compatriotes ». Le chef de l’État a annoncé qu’une « souscription nationale » serait lancée dès mardi 16 avril afin d’aider à la reconstruction du monument. »

Et d’ajouter au lendemain de l’incendie de Notre-Dame qu’il souhaitait que cette dernière soit rebâtie « plus belle encore » d’« ici cinq années ». 

Mais pourquoi dans cinq ans ? Nous avons entendu ici et là dans les médias qu’au cours des dernières décennies, d’autres bâtiments historiques ailleurs en Europe avaient brûlé pour être reconstruits en cinq ans – comme le château de Windsor en Angleterre – voire moins, comme le palais de La Fenice à Venise, en Italie (en français Le Phoenix). 

Toutefois, dans cinq ans nous serons en 2024 et Paris accueillera alors les Jeux Olympiques… et aurait d’ailleurs dû accueillir l’Exposition universelle l’année suivante, mais le Premier ministre Édouard Philippe a retiré la candidature de la France alors que le président Emmanuel Macron l’ex-banquier avait donné son accord. 

Pour Gilles Dufeigneux, ancien délégué général chargé du financement de la candidature française, la décision de Matignon est « injustifiée ». Explications selon Le Figaro :

« Un projet qui péchait par concurrence : celle des Jeux olympiques de 2024 à Paris. Ancien délégué général d’ExpoFrance 2025 chargé de la préparation du dossier de candidature et de son financement, Gilles Dufeigneux considère que les arguments invoqués par Édouard Philippe sont « injustifiés » et « incompréhensibles ». Et de rappeler que le président de la République, lui-même, avait approuvé et signé le dossier de candidature. »

Ou encore à propos du financement de l’Exposition universelle :

« L’argument de la frilosité des acteurs privés à s’engager est inapproprié pour un projet dont la candidature n’est portée financièrement que par de grandes entreprises mécènes. Cette candidature, d’un budget de 30 millions d’euros est intégralement financée par des fonds privés, sans subventions publiques. »

© Inconnu
L’Exposition universelle de Paris en 1900

Plus loin dans le même article, qui est antérieur au mouvement des Gilets jaunes, le sujet des territoires délaissés en France – sujet largement mis en avant depuis le début le mouvement, par les Gilets jaunes eux-mêmes et notamment par tout un ensemble de maires des différents territoires français – est, dans le cadre de cette Exposition, résumé ainsi :

« L’Exposition universelle ne devait pas se tenir uniquement à Paris, mais aussi dans les territoires. 

La candidature est particulièrement aboutie. Elle est originale et innovante, des qualités dont notre pays a tant besoin, à maints égards. C’est celle de tout un pays, pas seulement de la ville capitale où toutes les décisions se font et se défont, mais aussi d’une quinzaine de métropoles, départements, régions où des forums thématiques mettant en avant toute la richesse et la diversité de notre territoire devaient se tenir. Renoncer en quelques jours à une infrastructure aéroportuaire stratégique pour l’ouest de la France et refuser, à ces mêmes territoires, qui aspirent au développement, au rayonnement et à la responsabilité, la chance de participer à une grande aventure de promotion collective de notre pays sont en ce début d’année de bien mauvaises nouvelles. 

[…] 

C’est en 1900 que la France a pour la dernière fois organisé l’Exposition universelle. Le pays était alors beaucoup moins développé en termes d’infrastructures et ne comptait que 40 millions d’habitants. Cela n’avait pas empêché d’accueillir 42 millions de visiteurs, pour la plus grande gloire de nos arts, de notre culture et de nos industries. »

© Inconnu
Vue aérienne de l’Exposition universelle de Paris en 1900

Il semble qu’une Exposition universelle sur l’ensemble des territoires français aurait été beaucoup plus rémunératrice et porteuse d’espoir pour tousNous ne pensons pas (du tout) que les Jeux Olympiques seront ou pourront être rentables ou à tout le moins à peu près équilibrés entre leur coût et leur remboursement par les rentrées financières qu’elle génère et qui ne vont pas dans les caisses de l’Etat, mais dans celles des entreprises privés participant aux J.O. et qui plus est la plupart du temps exonérés d’impôts). Les précédents Jeux olympiques ailleurs dans le monde ont plutôt été catastrophiques d’un point de vue de leur rentabilité. Alors, l’espoir doit-il être supprimé des cœurs français ? Ou faut-il même détruire ce que nous avons de plus sacré pour imposer le nouvel ordre post-impérialiste érigé à la gloire des adorateurs de Mammon ? Un nouveau monde dans lequel poser de légitimes questions est désormais un délit ? 

Il semble qu’une Exposition universelle sur l’ensemble des territoires français aurait été beaucoup plus rémunératrice et porteuse d’espoir pour tousNous ne pensons pas (du tout) que les Jeux Olympiques seront ou pourront être rentables ou à tout le moins à peu près équilibrés entre leur coût et leur remboursement par les rentrées financières qu’elle génère et qui ne vont pas dans les caisses de l’Etat, mais dans celles des entreprises privés participant aux J.O. et qui plus est la plupart du temps exonérés d’impôts). Les précédents Jeux olympiques ailleurs dans le monde ont plutôt été catastrophiques d’un point de vue de leur rentabilité. Alors, l’espoir doit-il être supprimé des cœurs français ? Ou faut-il même détruire ce que nous avons de plus sacré pour imposer le nouvel ordre post-impérialiste érigé à la gloire des adorateurs de Mammon ? Un nouveau monde dans lequel poser de légitimes questions est désormais un délit ? 

Il semble qu’une Exposition universelle sur l’ensemble des territoires français aurait été beaucoup plus rémunératrice et porteuse d’espoir pour tous. Nous ne pensons pas (du tout) que les Jeux Olympiques seront ou pourront être rentables ou à tout le moins à peu près équilibrés entre leur coût et leur remboursement par les rentrées financières qu’elle génère et qui ne vont pas dans les caisses de l’Etat, mais dans celles des entreprises privés participant aux J.O. et qui plus est la plupart du temps exonérés d’impôts). Les précédents Jeux olympiques ailleurs dans le monde ont plutôt été catastrophiques d’un point de vue de leur rentabilité. Alors, l’espoir doit-il être supprimé des cœurs français ? Ou faut-il même détruire ce que nous avons de plus sacré pour imposer le nouvel ordre post-impérialiste érigé à la gloire des adorateurs de Mammon ? Un nouveau monde dans lequel poser de légitimes questions est désormais un délit ? 

La mission de Dominique Perrault et Philippe Bélaval

Pour en revenir au cœur de cet article, c’est en effectuant des recherches pour tenter d’expliquer – au moins en partie – comment l’incendie de Notre-Dame a pu se produire, que nous sommes – littéralement – tombés sur des informations relatives à des projets de restructurations immobilières de l’entière Île de la Cité sur laquelle s’élève (bien que d’un peu moins haut aujourd’hui puisqu’elle a perdu sa flèche) Notre-Dame de Paris, une île dont le périmètre est le plus central de la spirale que forment les arrondissements de Paris, périmètre qui est classé au Patrimoine des Monuments historiques de l’Unesco. 

Tout commence en décembre 2015 lorsque Dominique Perrault, un architecte français dont les travaux dépassent l’hexagone pour « rayonner » dans le monde entier, se voit confier par François Hollande la mission d’un « extraordinaire » projet. Cet architecte et urbaniste français à qui l’on doit l’architecture de la Bibliothèque nationale de France François Mitterand après avoir remporté le concours en 1989, voit son œuvre exposée dans les plus grands musées du monde. 

© Inconnu
La Bibliothèque nationale de France, site « François Mitterand »

La mission présidentielle de Dominique Perrault était mené de front avec Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux, et avait obtenu l’accord d’Anne Hidalgo, Maire de Paris (comme il se doit). cette mission devait « anticiper et orienter » ce que pourrait devenir l’Île de la Cité une fois cette dernière débarrassée des activités de ces institutions que sont la Préfecture de Police et le Tribunal de Paris. Ce qui est chose faite aujourd’hui : 

Pour la Préfecture de police, cet article du Parisien en date du 20 septembre 2017, écrit que « la police judiciaire dit adieu au 36, quai des Orfèvres. »

« Le siège de la PJ de la Préfecture de police de Paris,sur l’Île de la Cité (IVe) depuis un siècle, déménage aux Batignolles, porte de Clichy.(XVIIe), dans le « Bastion », le bâtiment ultramoderne du futur tribunal, avec vue sur le périphérique 

Un immeuble vide avec deux fonctionnaires en faction comme des âmes en peine, une page d’histoire qui se tourne, de la nostalgie et quelques fêtes d’adieu un peu remuantes (voir encadré)… Le 36, quai des Orfèvres vit ses dernières heures. Ce mercredi, dans ce bâtiment mythique qui fut jadis une ruche, rythmée par les grandes affaires criminelles aux mains de la fine fleur de la police judiciaire (PJ), il régnait un calme étonnant. »

Et pour le Tribunal de Paris, cet article du Monde en date du 16 avril 2018, nous dit que « Les premières audiences se sont tenues lundi dans le nouveau tribunal, qui a quitté l’île de la Cité pour le nord-est de la capitale. »

« Après plusieurs siècles sur l’île de la Cité, le tribunal de Paris a quitté son écrin historique où Marie-Antoinette, Émile Zola ou encore Philippe Pétain ont été jugés. Alors que le déménagement a été amorcé début mars, le nouveau palais de justice, un grand bâtiment moderne dans le quartier des Batignolles, au nord-ouest de la capitale, a accueilli, lundi 16 avril, sa première audience. »

 

© François Marin
L’hôpital de l’Hôtel-Dieu

Il était également question de « vider » l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, mais ce dernier fait l’objet de rénovations qui vont entre autres le transformer en centre de recherches médicales, des travaux qui se termineront normalement à la fin de l’année 2020 et qui auront coûté la bagatelle de 100 millions d’euros.

Dans un communiqué publié il y a quelques jours, l’AP-HP indique ainsi que « l’Hôtel-Dieu accélère actuellement sa transformation avec un projet médical et de recherche innovant et une coopération renforcée avec l’hôpital Cochin (Paris) ». Dès aujourd’hui, il propose des prises en charge médicales, urgentes ou non, dans un large champ disciplinaire : urgences, au sein d’un service bi-site complémentaire de celui de l’hôpital Cochin (14e), plateau de consultations, avec ou sans rendez-vous, hôpitaux de jours, psychiatrie, imagerie (IRM et scanner) moderne et performante. 

Source en date du 18 juillet 2016

Cette mission présidentielle sous l’ère Hollande a fait l’objet d’un rapport de 56 pages qui fut présenté au Chef de l’Etat et au Maire de Paris Anne Hidalgo, en présence de Dominique Perrault (à droite du Maire de Paris) et de Philippe Bélaval (à gauche de François Hollande) le 16 décembre 2016 : 

Le « Projet » de réaménagement global de l’Île de la Cité

Voici une vidéo de présentation du projet, vidéo intitulée « Mission Île de la Cité, Le coeur du coeur – Promenade Sud » : 

Nul doute qu’Emmanuel Macron a repris le flambeau de son prédécesseur Hollande pour mener à bien ce projet dans les délais impartis à cinq ans pour l’ouverture des Jeux Olympiques. 

L’espace libéré par la délocalisation de certaines institutions comme la Préfecture de police et le Tribunal de Paris a libéré environ 100 000 m2 d’espace… qui, selon l’architecte Perrault et Philippe Bélaval, représenteront « une valeur immobilière supérieure à 1 milliard d’euros sans transformation radicale [et] sans addition de nouveaux bâtiments ou de bâtiments en hauteur. » 

Une aubaine pour l’immobilier au prix du m2 dans le 4e arrondissement de Paris : 14 344 € en moyenne avec une fourchette basse de 12 923 € et une fourchette haute de 15 625 €. Il ne fait aucun doute que ces prix monteront en flèche (sans mauvais jeu de mots) lorsque la « restructuration » de l’Île de la Cité sera achevée…

Quant à l’évaluation des coûts, le quotidien Le Monde fait état des réponses de Philippe Bélaval qui aurait déclaré selon ce site Web :

« Pour l’instant, les deux propriétaires – de l’Île de la Cité – (la Ville de Paris et l’État, environ 50 % chacun) y sont favorables. Mais aucun d’entre eux ne dispose des ressources financières nécessaires au projet », a déclaré M. Bélaval : « Des centaines de millions d’euros, voire des milliards, cela n’a pas été quantifié… »

Voilà qui est aussi réglé avec les centaines de millions d’euros qui sont d’ores et déjà acquis par les multiples donations notamment de certaines des plus grandes entreprises françaises (qui devraient voir à l’issue de la mise en œuvre du projet leurs investissements largement rémunérés), tous ces euros qui tombent du ciel comme l’illustre l’image suivante : 

Les donateurs ne sont toutefois pas l’apanage des grandes fortunes françaises et la Fondation Notre-Dame liée au diocèse de Paris annonce en date du 24 avril :

« 32 000 dons provenant du grand public, par le biais de nos sites Internet, des cagnottes en ligne, par chèques (un tiers des enveloppes a déjà été ouvert), en France et aux États-Unis via le site de notre fondation américaine Friends of Notre-Dame de Paris, jeune mais dynamique (7 000 dons d’Américains). Ces chiffres bougent tous les jours évidemment, car la mobilisation demeure forte, même passé cette première semaine, y compris pendant le week-end pascal. La vague de soutien a été vraiment mondiale. Cela représente 4,6 millions d’euros, dont 0,6 provenant d’outre-Atlantique. Au total, des promesses importantes de particuliers et d’entreprises dessinent une collecte d’au moins 213 millions d’euros. »

Vous pouvez consulter le tableau exhaustif de la liste des donateurs privés et publics et mis à jour régulièrement par Wikipédia.

Voici toutefois les « principaux dons » :

  • Famille Bettencourt & L’Oréal : 200 millions d’euros
  • Famille Arnault & LVMH : 200 millions d’euros
  • Famille Pinault & Artémis : 100 millions d’euros
  • Total : 100 millions d’euros
  • JCDecaux : 20 millions d’euros
  • BNP Paribas : 20 millions d’euros
  • Axa France : 20 millions d’euros
  • Bouygues : 10 millions d’euros
  • Fimalac : 10 millions d’euros
  • Sanofi : 10 millions d’euros
  • Groupe BPCE : 10 millions d’euros
  • Société générale : 10 millions d’euros
  • Fondation du Crédit agricole : 5 millions d’euros
  • The Walt Disney Company : 4,42 millions d’euros
  • Française des jeux : 2 millions d’euros
  • Capgemini : 1 million d’euros
  • Michelin : 1 million d’euros

Le total à ce jour dépasse le milliard d’euros et il est peu probable que le coût des travaux de rénovation de la cathédrale Notre-Dame de Paris nécessite à eux seuls une telle somme, ce qui laisse à penser qu’il s’agit bien d’argent pour la mise en place du projet de réaménagement globale de l’Île de la Cité, puisque comme nous l’avons vu plus haut, l’État et la Ville de Paris qui en sont propriétaires à hauteur de 50 % chacun n’ont pas les moyens financiers requis pour effectuer les travaux d’aménagement présentés par Dominique Perrault et Philippe Bélaval en 2016.

Voici plus en détail ce que nous connaissons du projet « extraordinaire » présenté par Dominique Perrault (également sur son site d’architecture) et Philippe Bélaval : 

© perraultarchitecture.com
Le projet de réaménagement de l’Ile de la Cité

En voici les détails pour une vue encore plus « extraordinaire » : 

– Une monumentale dalle de verre transparente recouvrirait le parvis de Notre-Dame qui s’y reflèterait et sous laquelle la crypte archéologique deviendrait visible avec une place basse qui donnerait un accès direct au fleuve : 

© perraultarchitecture.com
Parvis de verre sur l’esplanade Notre Dame

– La réunification de la Sainte-Chapelle et de la Conciergerie dans un parcours de visite unique ; 

– La transformation de la rue de Lutèce en grande promenade piétonne qui relierait le palais de Justice à l’Hôtel-Dieu. Un lieu imaginé par le directeur des monuments nationaux Philippe Bélaval, « à l’image de la Place St Marc à Venise » : 

© perraultarchitecture.com
La « nouvelle Place de Lutèce »

– Le long de la Seine, sur le Quai Sud, un débarcadère et des plates-formes flottantes hébergerait des restaurants, des cafés, une piscine (que l’on espère olympique, les équipements sportifs étant si peu nombreux au cœur de Paris), et des salles de concerts : 

© perraultarchitecture.com
Le nouvel aménagement des quais

– Le long de la Seine, une longue promenade végétalisée (avec ou sans voitures, le sujet faisant déjà débat) relierait les deux pointes Est et Ouest de l’île : 

© perraultarchitecture.com
La longue promenade végétalisée de la rive gauche de l’île de la Cité

– Deux nouvelles passerelles franchiraient le fleuve :

© perraultarchitecture.com
Une des deux passerelles

– Quantité de passages (dont des souterrains agrémentés de lumière naturelle), atriums en sous-sol ; 

– De grandes cours couvertes. 

© perraultarchitecture.com
Vue aérienne globale du projet

Ce projet a fait l’objet d’une exposition présentant le projet plus en détail, avec cartes, vidéos, maquettes et panneaux pédagogiques de très grand format rétro-éclairés, à la Conciergerie du 15 février au 17 avril 2017. On pourrait aussi se demander pourquoi un seul architecte s’est vu proposer cette mission…

© La Conciergerie

Certains experts ont avancé que cinq années serait un délai trop court pour la restauration de la cathédrale… Il est peut-être pertinent de le penser, surtout si l’on a pas connaissance à ce moment-là d’un projet pré-établi et de la manne financière qui a suivi, deux éléments qui pourraient bien justifier que le délai puisse « être raccourci » à cinq années… 

Pour aller plus loin
 : 

– Le Pdf de 4 pages contenant deux visuels qui ne sont pas inclus ci-dessus ; 

– Le Pdf du communiqué de presse contenant également plusieurs photos ; 

– Le Pdf de 56 pages du rapport intitulé « Mission Île de la cité – Le cœur du cœur » par Philippe Bélaval et Dominique Perrault dans lequel on peut lire que :

« l’Île de la Cité apparaît comme le territoire le plus propice au déploiement d’une grande ambition urbaine, culturelle, architecturale et économique, qui contribue au rayonnement de la France. »

En fin de rapport, la liste des entretiens menés pour l’élaboration du rapport fait apparaître des noms, qui, s’ils semblent logiques à ce stade, peuvent laisser un sentiment étrange… 

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Une information de dernière minute (25 avril 2019)nous informe qu’Emmanuel Macron souhaite « recourir aux ordonnances pour reconstruire Notre-Dame en 5 ans » :

« Dans la presse, on nous apprend que le texte prévoit d’autoriser le gouvernement à légiférer par ordonnances pour alléger les contraintes liées aux futurs travaux de reconstruction. Ainsi, les travaux pourraient ne pas être soumis au code des marchés publics, il y aurait aussi moins de contrainte aux normes environnementales, il pourrait par exemple ne pas avoir d’étude d’impact des travaux sur l’environnement. 

Et ce n’est pas tout. Notre-Dame pourrait s’exonérer des règles strictes qui régissent les travaux sur les monuments historiques. D’après Europe 1, il y aurait « plus de souplesse, avec moins de procédures, d’autorisations et de passages en commission ». « Cela veut dire qu’il n’y aurait pas d’architecte en chef des monuments historiques, d’ordinaire maître à bord dans ce genre de projet », indique Europe 1. »

Ben oui, si tout est prêt… il ne manque que l’officiel coup de pouce présidentiel pour que le projet n’en soit plus un et qu’il voie véritablement le jour. 
Nous pourrions avoir des réponses concrètes sous peu, et nous suivrons l’affaire de près… 

Source: Scott.net

Les services hospitaliers fichent-ils les Gilets jaunes blessés?


Soulevée par le passé par Mediapart, l’information sur le fichage par le personnel médical des Gilets jaunes blessés est de nouveau débattue ces derniers jours. Qui plus est, le Canard enchaîné a écrit que les hôpitaux avaient reçu la consigne d’inscrire non uniquement le nombre, mais aussi l’identité des blessés.

Déjà abordé en janvier dernier par Mediapart, le thème du possible fichage des Gilets jaunes par les services hospitaliers est remonté à la surface après l’acte 22 et ce, suite au tweet publié par le médecin urgentiste Gérald Kierzek. Le 13 avril, ce dernier a fait état des consignes d’appeler l’administrateur de garde lorsque des manifestants sont pris en charge à l’hôpital.

Ce post n’est pas passé inaperçu comptabilisant à ce jour plus de 2.700 retweets et plus de 200 commentaires dans lesquels les utilisateurs ont rappelé que le personnel hospitalier devait respecter le secret médical.

Contacté par CheckNews de Libération, le médecin en question dit avoir entendu une conversation téléphonique au cours de laquelle «l’infirmière en chef, disait « comme d’habitude, vous appelez l’administrateur de garde quand c’est un gilet jaune »». Et d’expliquer que, d’après les informations reçues, l’administrateur de garde doit enregistrer les données des patients en question «dans le fichier SI-VIC, qui est un fichier de traçabilité en cas d’attentats ou d’évènements graves».

Cette information n’est pas nouvelle:en effet, dans sa publication du 11 janvier 2019, Mediapart avait écrit que, lors des journées d’action des 8 et 15 décembre, la Direction générale de la santé (DGS) avait activé le dispositif SIVIC, d’habitude prévu pour les situations d’attentat, afin d’assurer un suivi des victimes et d’aider à la recherche de personnes. Le média a alors précisé que depuis mars 2018, ces informations étaient accessibles aux agents de l’Intérieur.

La Direction générale de la santé, citée dans ce même article, a alors expliqué que le SIVIC permettait d’évaluer l’impact sur l’offre de soins, d’éviter les tensions hospitalières sur un nombre limité d’établissements de santé. Il a été alors précisé que les bilans quantitatifs étaient communiqués au ministère de l’Intérieur, mais que «les forces de l’ordre ne dispos[aient] pas d’un accès aux données de l’outil SIVIC».

Or, dans sa publication parue le 17 avril et intitulée «Les blouses blanches face à un drôle de fichage des Gilets jaunes», le Canard enchaîné assure que la consigne d’inscrire non seulement le nombre, mais aussi l’identité des blessés a été reçue par les hôpitaux parisiens le 16 mars.

​Gérald Kierzek a commenté à l’antenne de LCI cette information, précisant qu’après son tweet, le directeur général de l’Assistance Publique — Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait assuré que les noms n’étaient pas entrés, et qu’il était content de voir l’enquête menée par le Canard enchaîné.

Source: Sputnik News

«Gilets jaunes»: Macron face à la colère populaire


Ce 17 novembre, les «gilets jaunes» organisent des centaines de blocages routiers à travers le pays. Ils protestent contre la politique fiscale – notamment sur le carburant – du gouvernement. Inédit de par sa nature populaire, hétéroclite et complexe, le mouvement déroute les autorités. Nos envoyés spéciaux sont sur place à Paris et à Nîmes.

«Tout le monde est tétanisé. Ça peut partir en vrille.»

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