La Syrie en feu crie famine : Assad et la Russie brûlent les champs de terres agricoles dans la province d’Idlib


L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a déclaré aux journalistes de la publication à but non lucratif New Humanitarian que la Syrie était menacée par la famine avec 40 000 hectares (400 km carrés) de terres agricoles incendiés dans le pays depuis le 10 mai.

Des champs de blé et d’autres terres brûlent principalement dans la zone de l’offensive des forces d’Assad lancée il y a deux mois dans la province d’Idlib, au nord-ouest du pays, principal centre de production agricole en Syrie, avec une population d’environ 2,5 millions d’habitants.

L’opposition syrienne affirme qu’Assad et ses alliés russes, qui ont dirigé le bombardement de la région, ont délibérément détruit les récoltes afin de geler ou d’obliger les opposants à Assad à prendre la fuite

Les défenseurs des droits de l’homme de Human Rights Watch soulignent que, même si ces accusations sont sans fondement, le lien entre les incendies et les attentats à la bombe dans la zone d’attaque par les forces gouvernementales est presque certain.

L’armée syrienne utilise des bombes incendiaires et à fragmentation, et l’extinction des incendies provoqués par les bombardements est compliquée par les conditions météorologiques. Au milieu du mois de mai, une anomalie climatique est enregistrée dans tout le Moyen-Orient.

La température de la surface de la Terre est très supérieure à la norme saisonnière.

Source: Infos-Israel.News

Le Qatar, la Russie et la Syrie rejettent les conclusions de la ligue arabe sur l’Iran


Les conclusions des sommets arabes qui se sont tenus fin mai accablent l’Iran, notamment sur la question syrienne. Le Qatar, qui a participé à ce sommet, a rejeté ses conclusions. La Russie, la Syrie et l’Iran ont aussi exprimé leur désaccord.

Le Qatar a rejeté le 2 juin les conclusions des sommets auxquels il a participé la semaine dernière en Arabie saoudite sur l’escalade des tensions régionales avec l’Iran, affirmant que ces communiqués reflétaient la politique américaine en ce qui concerne l’Iran. Ces conclusions concernent notamment la question de l’influence iranienne en Syrie.

A l’occasion de ces sommets, Riyad a obtenu un soutien quasi unanime face à son grand rival iranien de la part de ses alliés arabes, réunis à l’occasion de trois sommets à La Mecque.

En ce qui concerne la Syrie, le communiqué final du sommet d’urgence de la Ligue arabe a dénoncé «l’ingérence iranienne» dans la crise syrienne et ses conséquences pour l’avenir de la Syrie, sa souveraineté, sa sécurité, son indépendance, son unité nationale et son intégrité territoriale. Les efforts déployés pour régler la crise syrienne conformément au contenu de la Convention de Genève 1 et des résolutions internationales.

«Le Qatar émet des réserves sur les sommets du Golfe et de la Ligue arabe car certaines dispositions sont contraires à la politique étrangère de Doha», a déclaré le ministre des Affaires étrangères qatari, le cheikh Mohammed ben Abderrahmane al-Thani, à la chaîne de télévision al-Araby. «Les communiqués des sommets du Golfe et de la Ligue arabe avaient été préparés en avance et nous n’avons pas été consultés», a ajouté le chef de la diplomatie du Qatar.

La Syrie a également vigoureusement rejeté la déclaration finale de la ligue arabe sur l’influence iranienne. «La déclaration elle-même constitue une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures de la Syrie», a déclaré le 31 mai une source officielle du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué à l’agence SANA.

La diplomatie syrienne a affirmé que la présence iranienne était légitime car organisée à la demande du gouvernement syrien et avait contribué à soutenir les efforts de la Syrie dans la lutte contre le terrorisme que certains des participants à ce sommet soutiennent.
Pointant sans la citer l’Arabie saoudite, la source officielle syrienne a regretté en revanche que le sommet de la ligue arabe ne condamne pas l’implication d’autres pays dans les affaires syriennes, sans légitimité ni légalité et apportent un soutien indéfectible sous diverses formes aux groupes terroristes prolongeant la crise en Syrie».

Le président russe Vladimir Poutine s’est également inscrit en faux sur la question de l’implication iranienne en Syrie. «L’Iran, en coopération avec la Russie et la Turquie, a apporté une contribution considérable et beaucoup de choses positives», a-t-il déclaré.
«Je pense que, grâce à la position iranienne, à celle de la Turquie et de la Russie, nous avons réussi à faire beaucoup pour mettre fin à l’effusion de sang en Syrie. L’Iran a énormément contribué à ce dossier», a déclaré Vladimir Poutine lors d’une réunion avec les responsables des agences de presse internationales lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg le 6 juin.

L’Iran a pour sa part accusé l’Arabie saoudite de «semer la division» au Moyen-Orient.

Source: RT France

Ultimatum : les Etats-Unis donnent 8 semaines à la Turquie pour renoncer à ses missiles russes


Ankara, qui acquis des missiles russes S-400 alors qu’il avait déjà acquis le F-35, avion furtif américain, est la cible d’un ultimatum de la part de Washington, qui lui laisse jusqu’à fin juillet pour renoncer aux S-400.

Les Etats-Unis ont annoncé ce 7 juin qu’ils donnaient à la Turquie jusqu’à fin juillet pour renoncer à l’acquisition de missiles russes S-400, qu’ils considèrent comme incompatibles avec le nouvel avion furtif américain F-35 qu’Ankara veut aussi acquérir.

Si d’ici le 31 juillet la Turquie n’a pas renoncé au système russe de défense antiaérienne S-400, les pilotes turcs qui s’entraînent actuellement aux Etats-Unis sur le F-35 seront expulsés et les contrats de sous-traitance attribués à des entreprises turques pour la fabrication du F-35 seront annulés, selon la secrétaire adjointe à la Défense chargée des acquisitions, Ellen Lord.

La responsable américaine a justifié cet ultimatum par le fait que la Turquie, alliée des Etats-Unis au sein de l’Otan, ait envoyé du personnel en Russie pour commencer à s’entraîner sur le S-400.

Mais il intervient aussi trois jours après de nouvelles déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a assuré qu’il ne reculerait pas sur l’acquisition du système russe, ajoutant que la Turquie ne pourrait envisager d’acheter le système antimissile américain Patriot que si les conditions étaient aussi favorables que celles offertes par la Russie pour ses S-400. «Mais malheureusement nous n’avons pas reçu de proposition positive de la partie américaine au sujet des Patriot», a-t-il déclaré.

Le chef du Pentagone Patrick Shanahan a indiqué pour sa part avoir envoyé une lettre à son homologue turc Hulusi Akar pour l’informer de ces décisions. Il a précisé à la presse que l’offre américaine pour les Patriot était «très concurrentielle».

Source: RT France

Sommet sans précédent sur la sécurité à Jérusalem avec Moscou et Washington


Le conseiller US à la sécurité nationale John Bolton et son homologue russe Nikolay Patrushev devraient discuter de la Syrie et de l’Iran avec Meir Ben-Shabbat le mois prochain.

Le conseiller américain pour la sécurité nationale John Bolton, (à gauche), est accueilli par le président du Conseil de sécurité russe Nikolai Patrushev à Moscou, Russie, le 22 octobre 2018. (Service de presse du Conseil de sécurité russe via AP)

Jérusalem accueillera le mois prochain une réunion trilatérale sans précédent de hauts responsables de la sécurité d’Israël, de Russie et des États-Unis, a annoncé mercredi la Maison Blanche.

« En juin, l’ambassadeur John Bolton, conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, le conseiller à la sécurité nationale israélien Meir Ben-Shabbat et le secrétaire russe du Conseil de sécurité Nikolay Patrushev se réuniront à Jérusalem (Israël) pour discuter des questions de sécurité régionale, a déclaré le secrétaire de presse de la Maison Blanche dans un communiqué diffusé juste avant la dissolution de la Knesset et la convocation de nouvelles élections, prévues le 17 septembre.

Quelques minutes après le vote, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a évoqué la réunion prévue, soulignant son caractère unique et son importance pour la sécurité nationale d’Israël.

« Il y a beaucoup de choses que nous voulons faire », a déclaré Netanyahu aux journalistes, visiblement agacé. « C’est ce que nous voulons faire, pas des élections inutiles… Jamais une rencontre comme celle-ci n’a eu lieu en Israël. Jamais ».

Il n’a pas révélé le contenu de l’ordre du jour.

La rare réunion tripartite devrait porter principalement sur la Syrie, en particulier sur les efforts de l’Iran pour se retrancher militairement près des frontières israéliennes, et sur le retrait prévu des troupes américaines de ce pays déchiré par la guerre.

Moscou est un proche allié de Téhéran et de Damas, tandis que Jérusalem et Washington sont les ennemis jurés de la République islamique.

Ben-Shabbat a rencontré Bolton le mois dernier à Washington, principalement pour discuter de l’Iran et d’“autres acteurs déstabilisateurs”, avait déclaré le haut responsable de l’administration américaine à l’époque.

Lui et Ben-Shabbat ont réitéré leur « engagement commun à lutter contre les activités malveillantes de l’Iran et d’autres acteurs déstabilisateurs au Moyen Orient et dans le monde entier », a tweeté Bolton.

Ben-Shabbat a rencontré Patrushev pour la dernière fois en septembre 2018 à Moscou pour discuter des « questions régionales au Moyen Orient, dont la situation en Syrie », selon un rapport du cabinet du Premier ministre. « Le conseiller à la sécurité nationale Ben-Shabbat a souligné qu’Israël insiste pour que les forces iraniennes quittent toute la Syrie », lit-on dans le rapport.

Source: Times of Israël

Plan de paix US: Moscou soupçonne des « primes économiques » pour se détourner de la solution à deux Etats


La Russie a critiqué mardi la conférence organisée par les États-Unis à Bahreïn le mois prochain à laquelle elle ne se rendra pas, craignant que Washington ne tente de proposer des initiatives économiques pour « contrecarrer le principe » d’une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.

Les Etats-Unis doivent dévoiler les 25 et 26 juin lors d’une conférence à Manama le volet économique de « l’accord ultime » entre Israéliens et Palestiniens dont le contenu politique n’a toujours pas été annoncé.

« Le désir persistant de remplacer la tâche de parvenir à une solution politique globale par un ensemble de ‘primes’ économiques, rendant plus flou le principe de la création de deux États pour deux peuples, suscite de vives inquiétudes », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Washington tente de « modifier les priorités de l’agenda régional et d’imposer une vision alternative du règlement israélo-palestinien », selon Moscou qui considère « inacceptable de s’écarter du cadre juridique international du conflit et de l’Initiative de paix arabe de 2002 ».

Le gendre et conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, en tournée régionale pour trouver des appuis à son plan de paix israélo-palestinien, a rencontré le roi du Maroc Mohammed VI mardi à Rabat.

Jeudi, accompagné de son bras droit Jason Greenblatt et de l’émissaire américain pour l’Iran Brian Hook, il se rendra à Jérusalem pour s’entretenir avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

A ce stade, seuls les Emirats Arabes unis et le Qatar ont confirmé leur présence au rendez-vous de Bahreïn qui doit réunir des responsables gouvernementaux, des représentants de la société civile et du monde des affaires sur le thème « De la paix à la prospérité ».

Les dirigeants palestiniens, eux, ne feront pas le déplacement: boycottant l’administration américaine depuis que Washington a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017.

M. Kushner a dit refuser de parler de la solution « à deux Etats », israélien et palestinien, soulignant que les approches traditionnelles n’avaient pas permis de parvenir à un accord.

Il a indiqué attendre notamment la formation d’un gouvernement en Israël avant de révéler son plan, mais à quelques heures de la date butoir pour l’annonce d’une coalition, c’est la perspective de nouvelles élections qui se profile de plus en plus nettement.

Source: i24 News

Iran : le Kremlin s’inquiète de « l’escalade des tensions » malgré les assurances américaines


Les relations déjà tendues entre Washington et Téhéran se sont envenimées depuis une semaine.

Le Kremlin s’est inquiété mercredi de la poursuite de « l’escalade des tensions » autour de l’Iran malgré les déclarations du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo assurant en Russie ne pas vouloir de guerre avec Téhéran.

« Pour l’instant, nous constatons que l’escalade des tensions sur ce thème se poursuit », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, accusant les Etats-Unis de « provoquer » l’Iran.

Les relations déjà tendues entre Washington et Téhéran se sont envenimées depuis une semaine: l’Iran a suspendu certains de ses engagements pris en vertu de l’accord de 2015 encadrant son programme nucléaire, un an après le retrait américain de ce texte, tandis que l’administration Trump a renforcé ses sanctions contre l’économie iranienne.

Accusant Téhéran de préparer des « attaques » contre les intérêts américains au Moyen-Orient, le Pentagone a dépêché dans la région un porte-avions, un navire de guerre, des bombardiers B-52 et une batterie de missiles Patriot.

« Fondamentalement, nous ne cherchons pas une guerre avec l’Iran », a affirmé M. Pompeo mardi soir lors d’une conférence de presse avec son homologue russe Sergueï à Sotchi (sud de la Russie), avant de rencontrer Vladimir Poutine.

« On peut difficilement parler de quelconques assurances: il y a une situation évidente qui est la tendance à la poursuite de l’escalade », a réagi M. Peskov.

Ce dernier a ajouté « voir avec regret les décisions prises par l’Iran » mais indiqué « comprendre que l’Iran ne prend pas ces décisions volontaires mais en réaction à la pression »: « Et ce sont précisément les actions des Etats-Unis qui provoquent l’Iran ».

Mercredi, le département d’Etat américain a ordonné à son personnel diplomatique non-essentiel de quitter l’ambassade de Bagdad et le consulat d’Erbil (nord).

La Russie, comme les Européens et la Chine, sont favorables à un maintien de l’accord sur le nucléaire signé en 2015.

Source: i24 News

Poutine : la Russie doit se doter d’un système de défense contre les armes hypersoniques


Pour protéger la Russie des menaces extérieures, Vladimir Poutine a estimé que son pays devait mettre sur pied un système de défense contre les armes hypersoniques avant que ces dernières ne soient développées par d’autres pays.

«Nous devons nous doter de moyens de protection contre [les armes hypersoniques] avant que [celles-ci] ne soient mises en service par d'[autres] armées», a déclaré ce 13 mai Vladimir Poutine lors d’une visite dans le plus grand centre d’essais militaires de l’aviation russe, situé dans la région russe d’Astrakhan (sud).  

Le président russe a rappelé que Moscou était à ce jour le seul pays au monde à posséder une arme hypersonique, faisant référence au test réussi du missile hypersonique Avangard fin 2018. «Mais nous savons aussi parfaitement que les nations les plus importantes du monde développeront de telles armes tôt ou tard», a-t-il averti. 

Soulignant que les forces armées devaient assurer «un contrôle croissant de l’espace aérien» russe, le locataire du Kremlin a souhaité que les capacités de défense de la Russie afin de repousser «les menaces potentielles aériennes et spatiales» soient renforcées.

En mars 2018, lors de son discours annuel devant les représentants des deux chambres du Parlement russe, Vladimir Poutine avait consacré une partie de son allocution au matériel militaire, en particulier hypersonique et sous-marin, développé par la Russie.

Le chef d’Etat russe avait insisté sur le caractère défensif du développement de ces nouvelles armes, qu’il avait présenté comme une «réponse» de la Russie à l’activité militaire américaine, dénoncée par Moscou comme «belliqueuse» et «antirusse».

Source: RT France

Washington tente de renouer les relations avec l’AP, affirme Riyad al-Maliki


Le chef de la diplomatie a souligné que Washington « ne trouvera aucun Palestinien pour accepter » un plan de paix sans un état palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.

Le ministre des Affaires étrangères Riyad al-Malki (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Les États-Unis tentent de renouer les contacts avec l’Autorité palestinienne dans la perspective de l’annonce de son plan de paix pour le Moyen-Orient, a indiqué vendredi le ministre des Affaires étrangères de Ramallah Riyad al-Maliki.

L’Autorité palestinienne a officiellement coupé ses relations avec Washington en décembre 2017, après sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

L’administration Trump doit dévoiler son plan tant attendu début juin, mais les Palestiniens l’ont déjà rejeté et jugé trop favorable à Israël.

Malki a indiqué au journal en langue arabe basé à Londres Asharq Al-Awsatque les officiels américains tentaient de reprendre les discussions, mais a souligné que « les contacts étaient toujours entièrement gelés ».

Il a également assuré que Washington « ne trouvera aucun Palestinien pour accepter » son accord si celui-ci n’inclut pas un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.

Il a rejeté toute idée d’incitations économiques pour influencer l’opinion palestinienne. « Le problème n’est pas financier, mais un principe et le droit des Palestiniens de lever l’injustice qui pèse sur eux ».

Le ministre des Affaires étrangères a affirmé que d’autres Etats arabes soutenaient leur position.

« Les pays arabes respectent et comprennent notre position, et ils transmettent nos positions claires à l’administration américaine ».

Lors d’une réunion du cabinet de sécurité de l’ONU jeudi, Maliki a déclaré : « Ce n’est pas un plan de paix mais plutôt les conditions d’une reddition, et aucune somme d’argent ne peut rendre cela acceptable ».

Jeudi, l’Autorité palestinienne a indiqué qu’elle avait demandé à l’Union européenne de reprendre le flambeau de la défense d’une solution à deux Etats si le plan américain à venir n’incluait pas d’Etat palestinien.

L’ambassadeur de l’Autorité palestinienne aux Nations unies Riyad Mansour a confié à des journalistes avoir appelé des responsables européens, lors de récentes réunions à Bruxelles, à se saisir de l’initiative et d’empêcher les États-Unis d’être le principal acteur du processus de paix au Moyen-Orient.

L’envoyé palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, au Conseil de sécurité de l’ONU, 8 décembre 2017 (Crédit : Nations unies)

Les Palestiniens ont demandé à l’UE d’appeler à une conférence internationale qui réaffirmerait le consensus sur la solution à deux Etats et rejetterait l’approche de la Maison Blanche.

« Nous les impliquons », a expliqué Mansour aux journalistes au sujet de ces rencontres. « Ils doivent agir ».

« Nous serions extrêmement heureux de voir qu’il y a plus d’un acteur dans ce domaine, qui tente de déterminer comment progresser ».

Il a également indiqué que Ramallah souhaitait que la Russie renforce ses efforts diplomatiques au Moyen-Orient et suggéré que les Nations unies pourraient convoquer le quartet pour la paix dans la région.

Le quartet, « au moins, consiste en un processus collectif et pas en une seule partie… qui tente de décider comment avancer ». Il a précisé que les choses pouvaient avancer sur la base des positions convenues par le passé.

D’après Mansour, les Palestiniens sont reconnaissants des deux conférences internationales organisées par la France, « mais ils n’ont rien fait depuis » — ainsi que de la proposition de Vladimir Poutine d’accueillir un sommet entre le pd de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu.

Jusqu’à présent, estime l’ambassadeur à l’ONU, les Palestiniens n’ont vu aucun résultat de ces initiatives.

Pour lui, les actions de l’administration américaine — notamment la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la fin des aides aux réfugiés palestiniens — et la menace de Netanyahu d’annexer les implantations israéliennes en Cisjordanie ne résoudront pas ce conflit durable et ne mèneront pas à la paix.

Il s’est dit convaincu que les Palestiniens se réjouissaient toujours du « soutien massif sur la scène internationale », mais a laissé entendre que si la voie diplomatique échouait, la bataille pourrait se tourner vers la démographie.

« Si c’est ça qu’ils veulent nous imposer un — un seul Etat — le peuple palestinien accélérera ses machines de reproduction et accroîtra sa population pour faire face à l’apartheid, » a-t-il déclaré.

Source: Times of Israël

En Sibérie, la fin du permafrost


En Yakoutie, le réchauffement climatique provoque la fonte de sols jusqu’ici gelés toute l’année. Des milliers d’habitations menacent de chavirer dans la boue en été, tandis que les villages du nord sont submergés par des inondations noires.

On l’appelle en Russie le «gel éternel» et rien n’est plus fallacieux. Les Yakoutes sont en train de l’apprendre à leurs dépens. La totalité de cette république perdue au fin fond de la Sibérie orientale, grande comme 72 fois la Suisse, repose sur le pergélisol (ou permafrost), une couche de terre gelée d’une profondeur dépassant parfois 1000 mètres. Où que l’on creuse le sol – même au milieu du bref été continental, au cours duquel la température atteint les 40°C – on tombe rapidement sur une terre dure comme du béton. Enfin, c’était le cas avant le réchauffement global. Désormais, la couche dégelée (ou «couche active» en jargon scientifique) descend jusqu’à 3 mètres de profondeur.

«Tous les Yakoutes ont remarqué le phénomène», raconte Valentina Dmitrieva, présidente d’Eyge, une association locale de protection de la nature. «Nous enterrons traditionnellement nos défunts en été 2 mètres sous terre. Avant, il fallait verser de l’eau bouillante pour dégeler les 50 derniers centimètres. Aujourd’hui, la terre est déjà molle», poursuit Dmitrieva, qui est aussi directrice des programmes de recherche à l’Université fédérale du Nord-Est à Yakoutsk.

Des pilotis de béton

Les conséquences de ce dégel accéléré font penser aux sept maux de l’apocalypse: déformation du sol, érosion ultra-rapide des berges de l’océan Arctique, inondations d’eaux noires, marais et lacs engloutissant les pâturages, «forêts ivres» où les arbres s’inclinent de manière chaotique, réveil de microbes et bactéries centenaires capables de déclencher des épidémies…

A Yakoutsk, les immeubles construit sur de piliers en béton ancrés dans le permafrost sont menacés par le réchauffement. Emmanuel Grynszpan

Même en milieu urbain, le phénomène saute aux yeux. A Yakoutsk, la capitale de la région, le pergélisol offrait une fondation d’une dureté sans égale aux bâtiments. Mais les 400 000 habitants de la ville «la plus froide du monde» ont du souci à se faire. Tels des mille-pattes de béton, toutes les constructions sont perchées sur des pilotis plantés dans le pergélisol. Un espace de 1 à 2 mètres est laissé vide entre le rez-de-chaussée et le sol pour que la chaleur des habitations ne fasse pas fondre le sol les supportant, et afin que l’air glacial refroidisse la «couche active». Jusqu’en 2000, la norme obligeait les constructeurs à planter des pilotis de 8 mètres pour les immeubles. Ce qui signifie qu’aujourd’hui, pendant plusieurs mois, ces constructions de cinq étages ne sont plus maintenues que sur les 5 derniers mètres. Conséquence: des fissures lézardent des dizaines de bâtiments construits à l’époque soviétique. Elles sont vite colmatées par la mairie, mais pas assez pour empêcher de faire jaser. D’autant que certains bâtiments se sont déjà effondrés. Officiellement, 331 constructions ont été déclarées «inutilisables» par les autorités. Seules 165 seront effectivement détruites, faute de financement.

Les lacs débordent, tout se transforme en marais, c’est un désastre et de nombreux villages doivent être reconstruits.

Semion Gotovtsev, de l’Institut du pergélisol de Yakoutsk

«Les autorités ont tendance à fermer les yeux et à autoriser la construction d’immeubles dépassant les 15 étages, alors que nous avons toujours recommandé de ne pas aller au-delà de cinq niveaux», prévient Semion Gotovtsev, directeur du laboratoire de géo-cryologie à l’Institut du pergélisol de Yakoutsk. Pour lui, de nombreuses maisons risquent de s’effondrer et «personne ne sait combien de temps elles vont tenir car on ignore à quelle vitesse la couche active va descendre». En outre, le scientifique note que Yakoutsk connaît aussi «de gros problèmes avec les lignes électriques, les canalisations d’eau et de gaz qui traversent des sols différents».

«Nous allons avoir de mauvaises surprises»

Pour pallier le plus urgent, des rangées de «thermosiphons» sont plantées le long des immeubles les plus menacés. En forme de «Y», ils ressemblent à des radiateurs inversés dont le pied est planté dans le sol. Ces appareils captent l’air glacial et, grâce à un liquide de refroidissement, injectent du froid dans la couche active pour qu’elle regèle plus rapidement. Très inquiet, Semion Gotovtsev pointe aussi un phénomène encore mal étudié, appelé «thermokarstique» (érosion du sous-sol). «On sait que des grottes se forment sous terre, mais nous ne disposons pas aujourd’hui des moyens techniques et financiers pour les détecter. Nous allons avoir de mauvaises surprises, y compris dans le centre de Yakoutsk, car ce phénomène va s’accélérer», redoute-t-il. La presse locale s’est déjà émue d’affaissements de terrain durant l’été dernier.

Il est déjà trop tard pour les centaines maisons en bois de deux étages appelées ici «baraques». Elles sont presque toutes complètement déformées et en piteux état, ce qui ne les empêche pas d’être toujours habitées. En devenant instable et mouvante, la couche active a aussi fait valser des infrastructures posées à la va-vite sur le sol à l’époque soviétique, comme des chemins de fer et des routes. Plus grave, la pollution provoquée par des milliers de fuites venant de gazoducs et d’oléoducs hâtivement construits alerte Greenpeace.

Succession d’inondations

Beaucoup plus marqué dans le Grand Nord, avec déjà 3°C de plus qu’il y a trente ans, le réchauffement climatique engendre des cercles vicieux dans un milieu très fragile. Auparavant, le climat continental hyper-sec ne donnait que 40 mm de précipitations par an. «Il arrive aujourd’hui qu’on ait 80 mm en une seule journée», note Valentina Dmitrieva. Résultat: l’intensité des inondations est décuplée. Celles, habituelles, qui accompagnent la fonte des neiges fin mai, accélèrent l’érosion des bords de rivière. Une seconde vague d’inondations survient fin juillet à cause des pluies anormales. Mais le plus terrible, c’est la troisième inondation, fin août. Elle est provoquée par les lacs qui débordent [la Yakoutie en compte plus d’un million] et les eaux noires résultant de la fonte du pergélisol, juste avant le retour de l’hiver. Les habitations n’ont pas le temps de sécher que le gel survient et tout doit être abandonné. Il n’y a pas de budget pour aider la population, le gouvernement de la république n’est pas préparé pour ce genre de catastrophe. Les villages du nord de la Yakoutie, où vit 10% de la population de la république, sont très isolés. Même les aéroports sont inondés.

Les inondations dans la région de Yakoutsk sont de plus en plus fréquentes. Viktor Korotayev/REUTERS

Les pluies anormalement importantes viennent de la rétraction de la calotte glaciaire polaire, qui découvre depuis une décennie l’océan Arctique, note Semion Gotovtsev. Ces masses humides venues du nord dérèglent le climat et décuplent les précipitations. En hiver, elles créent un manteau neigeux épais, qui isole le sol de l’air glacial. Le froid de la surface ne peut plus pénétrer en profondeur. Le surplus neigeux contribue ainsi à l’apparition de «talik», c’est-à-dire de couches dégelées toute l’année. «Le cycle de l’eau est bouleversé, insiste Gotovtsev. Les lacs débordent, tout se transforme en marais, c’est un désastre et de nombreux villages doivent être reconstruits. De très nombreuses digues de pergélisol doivent être renforcées, parce qu’en fondant, elles vont s’effondrer. C’est un processus très rapide et on observe une nette accélération au cours de la dernière décennie.»

Quelques craintes exagérées

Le péril touche particulièrement la toundra couvrant le nord de la Yakoutie. Dans le sud, la forêt (taïga) résiste mieux aux changements climatiques, mais les processus thermokarstiques déforment à ce point le terrain que les arbres se mettent à pencher dans tous les sens, d’où l’expression locale de «forêt ivre». La taïga est toutefois menacée par les incendies (à 60% causés par l’activité humaine) et par la coupe de bois excessive à des fins commerciales, assure Trofim Maximov, directeur du centre de biochimie et de climatologie à l’Institut des sciences naturelles de Yakoutsk. «Si nous étendons la forêt, nous pouvons contrer le réchauffement climatique, et pas uniquement en Yakoutie. Mais il faut des financements et c’est pourquoi nous devons convaincre la population et les politiques.»

Dans la vague de fléaux s’abattant sur la Yakoutie, il semblerait que quelques exagérations aux contours eschatologiques se soient glissées. Par exemple l’annonce que de monstrueuses poches de méthane formées par la fonte du pergélisol pourraient monter à la surface et éclater (voire exploser). «C’est une erreur due à l’utilisation d’une modélisation erronée basée sur des mesures épisodiques lors de périodes trop courtes. Quinze ans, c’est trop peu pour étudier l’évolution du terrain», rassure Trofim Maximov. Le terrifiant dégel de microbes et bactéries centenaires, voire millénaires, connus ou inconnus, ne s’est pas non plus vérifié. La «peste sibérienne», appelée chez nous fièvre charbonneuse, a effectivement refait surface à cause du dégel de charniers, mais la maladie est aujourd’hui facilement traitée par des antibiotiques. La maladie rongeant le «gel éternel» semble en revanche plus incurable que jamais.

Source: Le Temps.ch

«La crise séparatiste au Cameroun, aussi meurtrière en 20 mois que Boko Haram en 4 ans»


L’ONG International Crisis Group déplore dans un récent rapport l’enlisement de la crise qui secoue les régions anglophones du Cameroun et fait des recommandations. Selon l’ONG, la crise anglophone «s’est embourbée» et a déjà fait 1.850 morts en 20 mois d’affrontements. Pour elle, «la solution pérenne réside dans le dialogue et le consensus».

En vingt mois d’affrontements armés dans les deux régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, le conflit a fait «1.850 morts, 530.000 déplacés internes et des dizaines de milliers de réfugiés».

Dans son récent rapport sur la crise anglophone au Cameroun, rendu public le 2 mai, International Crisis group (ICG), une ONG spécialisée dans la prévention et le suivi des conflits, plante d’emblée le décor avec des chiffres alarmants.
Ils traduisent bien l’escalade qui s’est instaurée depuis l’éclatement de la crise sociopolitique en octobre 2016, à la suite des revendications corporatistes des enseignants et des avocats, muées au fil du temps en revendications séparatistes.

«En seulement 20 mois, la crise qui s’est installée dans les régions anglophones du Cameroun a généré le même nombre de victimes civiles et militaires que le conflit Boko Haram en quatre ans. Un record dans l’histoire récente du Cameroun, alors même que les forces gouvernementales ne parviennent pas à stopper l’irrésistible ascension des milices séparatistes», commente Joseph Lea Ngoula, analyste des questions sécuritaires interrogé par Sputnik.

Pour l’ICG, «l’intransigeance des belligérants risque de générer de nouvelles violences et de prolonger le conflit, qu’aucun camp ne semble en mesure de remporter militairement dans la courte durée», avertit l’organisation. Le rapport de l’ICG s’inquiète du fait que

«Le conflit dans les régions anglophones du Cameroun s’est embourbé. Il n’existe aucun dialogue entre Yaoundé et les séparatistes, qui campent sur leurs positions: l’un mise sur une victoire militaire et refuse toute discussion sur la forme de l’État, les autres exigent l’indépendance.»

En conséquence, l’ONG estime qu’il devient plus qu’urgent de s’engager sur la voie du «dialogue et du consensus». Cependant, pour en arriver à ces pourparlers, elle estime qu’il faudra parvenir à des concessions réciproques à même de rétablir un minimum de confiance et d’enrayer la spirale de la violence.

«Le gouvernement camerounais devrait soutenir la conférence générale anglophone pour permettre aux anglophones de se mettre d’accord sur leurs représentants à un éventuel dialogue national, tout en redonnant une voix aux anglophones non séparatistes», préconise le think tank.

Pour rappel, les leaders religieux, conduits par le cardinal Christian Tumi, avaient initié l’organisation de la conférence générale des anglophones en 2018. Une rencontre qui devait débattre des solutions à apporter pour faire cesser la crise en cours dans ces régions du Cameroun, dans un contexte où les options explorées jusqu’ici se sont avérées inefficaces. La conférence n’a jamais eu lieu, faute d’une autorisation officielle de Yaoundé. Des mesures dilatoires que commente pour Sputnik Moussa Njoya, un analyste politique camerounais:

«Avec les différentes pressions extérieures que subit le gouvernement camerounais, celui-ci pourrait finir par favoriser la tenue de cette conférence. En 2018, le gouvernement a essayé par tous les moyens que cette conférence n’ait pas lieu. Il a même réussi à créer une suspicion de connivence entre le Cardinal Christian Tumi [initiateur de cette conférence, ndlr] et les séparatistes.

De l’autre côté, vous avez certains sécessionnistes radicaux qui font dans la surenchère. Ils claironnent partout que ceux qui vont dialoguer avec le régime de Yaoundé sont des traîtres. Tandis que dans le camp gouvernemental, nombreux sont ceux qui estiment que les fédéralistes comme les sécessionnistes sont des ennemis de la nation et qu’il n’est donc pas possible de dialoguer avec eux», explique l’analyste Moussa Njoya à Sputnik.

Selon l’ICG, il est important que le Président Paul Biya fasse preuve de conciliation entre les belligérants:

«Dans le cadre d’un discours réconciliateur, le Président camerounais devrait reconnaître l’existence du problème anglophone et la légitimité des revendications exprimées par les populations anglophones. Il devrait aussi ordonner des enquêtes sur les abus des forces de sécurité, prévoir des compensations pour les victimes et s’engager à reconstruire les localités détruites. Enfin, il devrait libérer les centaines d’activistes anglophones actuellement détenus, y compris des figures importantes du mouvement séparatiste», recommande encore le rapport.

Pour ce qui est des concessions prescrites aux séparatistes, l’organisme estime que

«Les séparatistes devraient renoncer à leur stratégie de villes mortes le lundi et de boycott de l’école et exclure de leurs rangs les combattants qui ont commis des abus contre les civils.»

Des mesures qui sont proposées par nombre d’acteurs de la société civile comme préalable au dialogue entre les parties prenantes au conflit. À ce sujet, Moussa Njoya explique:

«Le gouvernement camerounais pourrait démontrer sa bonne foi et sa volonté de décrisper la situation, dans un contexte sociopolitique véritablement tendu, en procédant à la libération d’un certain nombre d’acteurs de la crise tels que Mancho BBC, Ayuk Tabe et les autres leaders anglophones qui ont été appréhendés depuis 2017. 


Côté séparatistes, il faudrait pouvoir espérer un mouvement global de dépôt des armes et de normalisation. Mais pour l’instant, nous avons affaire à un ensemble d’acteurs qui tirent profit de cette situation à travers les kidnappings contre paiement de rançon, ou les butins de guerre, à travers les impôts que l’on impose aux populations. Des combattants s’approprient des biens en termes de véhicules, de maisons, etc. dans ces zones en crise au nom de la lutte», analyse-t-il.

Cependant, l’ICG ne s’arrête pas là et prescrit, dans son rapport, une palette de sanctions internationales contre les réfractaires:

«L’Union européenne et les États-Unis, en particulier, devraient envisager des sanctions ciblées contre les pontes du pouvoir et les hauts gradés qui continuent de faire obstacle au dialogue (interdictions de voyages, gels des avoirs) et les séparatistes qui prônent ou organisent la violence (poursuites judiciaires). La procureure générale de la Cour pénale internationale devrait ouvrir des enquêtes préliminaires sur les abus des deux parties, afin de souligner que la poursuite des violences aura des conséquences judiciaires», suggère notamment l’ONG.

Concernant la mise en place d’un dispositif de pressions internationales plus accentuées sur le Cameroun, l’expert des questions sécuritaires Joseph Lea Ngoula note quant à lui que d’autres partenaires ignorés jusqu’à présent, comme la Russie et la Chine, pourraient être appelés à la rescousse par les autorités camerounaises:

«En dehors des partenaires occidentaux, dont le rôle a été abondamment souligné dans le rapport, les acteurs russes et chinois semblent négligés. Pourtant, ces deux membres permanents du Conseil de sécurité vont jouer un rôle capital au sein des arènes onusiennes dans les mois qui viennent sur la question camerounaise. 

Yaoundé semble de plus en plus s’appuyer sur eux comme des alliés face à la pression occidentale qui s’accentue. Ils seront sans doute sollicités pour combler le désavantage suscité par une baisse de l’aide occidentale et entraver l’inscription de la question camerounaise au Conseil de sécurité. Un rôle qui pourrait ne pas déplaire à la Russie, qui cherche à se repositionner en Afrique», affirme Joseph Lea Ngoula.

Face à la mauvaise volonté des deux camps pour tenter de trouver une résolution à cette crise, ce nouveau rapport d’International Crisis Group tire, une fois de plus, la sonnette d’alarme sur le risque d’un enlisement à long terme du conflit. Entre la sécession voulue par les séparatistes et la décentralisation en trompe-l’œil proposée par Yaoundé, «des solutions médianes doivent être explorées pour conférer plus d’autonomie aux régions», prône l’ICG. Pour Moussa Njoya, si un tel rapport a le mérite de mettre chacun devant ses responsabilités, il n’y a que peu d’espoir qu’il sera suivi d’effet:

«Espérons que le gouvernement camerounais et les partenaires au développement en tiendront compte. Il y a toujours des enseignements à tirer de ce genre de rapport. C’est pour cela que je déplore la réaction frileuse du gouvernement camerounais à chaque fois qu’un rapport le rappelant à l’ordre paraît. Il devrait plutôt prendre ce qu’il y a de bon et rejeter ce qu’il estime ne pas correspondre à la réalité du terrain. Tout va donc dépendre de la volonté des autorités de Yaoundé, mais j’ai peu d’espoir», conclut Moussa Njoya au micro de Sputnik.

Source: Sputnik News