L’humanité a-t-elle introduit (par erreur) la vie sur la Lune?


En avril dernier, la sonde Beresheet s’est écrasée sur notre satellite. Avec à son bord une cargaison pour le moins étonnante.

Des petites bestioles gambadent-elles joyeusement sur notre satellite? | NASA via Unsplash

Près de quatre mois après le crash de la sonde israélienne Beresheet, premier engin spatial privé devant se poser sur la Lune, une question reste toujours sans réponse: que sont devenus les tardigrades qu’elle embarquait?

Ces micro-organismes d’une taille moyenne d’1 millimètre sont connus des scientifiques pour leur capacité à survivre dans des environnements très hostiles (températures de −272 à + 150°C, exposition aux rayons X ou ultraviolets, vide spatial…)

Qu’allaient-ils faire dans cette galère?

Comment les tardigrades se sont-ils retrouvés à bord de la sonde Beresheet? Ils faisaient partie de la précieuse cargaison de Nova Spivack, entrepreneur, capital-risqueur et auteur américain, fondateur de l’Arch Mission Foundation.

Cet organisme sans but lucratif asimovien envisage de créer une bibliothèque du savoir humain sous forme d’archives devant être dispersées sur la Terre, la Lune, Mars ou à travers le système solaire.

Cette première bibliothèque lunaire, de la taille d’un DVD, contenait pas moins de trente millions de pages d’informations, soit la quasi-totalité du Wikipédia anglais. Entre chaque couche de nickel, une fine épaisseur de résine d’époxy a été ajoutée dans laquelle ont été insérés des follicules pileux et échantillons sanguins appartenant à Spivack et vingt-quatre autres individus. S’y trouvaient également des fragments prélevés sur des lieux sacrés, dont un morceau d’écorce de l’Arbre de la Bodhi, cher aux bouddhistes.

On a, enfin, saupoudré un équipage composé d’un millier de tardigrades sur la bande utilisée pour sécuriser la cargaison.

Selon Spivack et ses équipes, il y a de fortes chances pour que cette bibliothèque ait résisté au crash de la sonde. «C’est assez ironique, mais notre cargaison pourrait bien être la seule chose qui ait survécu», a déclaré le créateur de l’Arch Mission Foundation.

Quid des tardigrades?

En supposant que les tardigrades aient survécu, doit-on craindre une colonisation de notre satellite par une armée d’animaux microscopiques dont l’aspect fait songer au fruit du croisement malheureux d’une chenille et d’un bonhomme Michelin?

Un tardigrade, ça ressemble à ça. | Peter von Bagh via flickr

Nova Spivack se veut rassurant. Les tardigrades à l’état de dormance auraient besoin d’être rapatriés sur terre ou dans une atmosphère pour se réhydrater, et ce, sans garantie de les ramener à la vie. Des scientifiques ont cependant déjà réussi à réveiller des tardigrades endormis, les sortant d’un somme d’une dizaine d’années –leur durée de survie est estimée beaucoup plus longue.

La suite au prochain épisode

Ce n’est pas le premier envoi de l’Arch Mission Foundation dans l’espace. En 2018, ses archives prenaient place à bord de la Tesla d’Elon Musk, plus précisément dans la boîte à gants de la voiture. Celle-ci a dépassé Mars en novembre dernier et poursuit son voyage en diffusant Space Oddity, de David Bowie, programmé sur son autoradio.

De son côté, la NASA autorise l’envoi d’ADN ou de tardigrades si la mission doit permettre de mieux comprendre le phénomène de la vie. La Lune n’a d’ailleurs pas attendu Spivack pour recevoir de l’ADN: les astronautes des missions Apollo ont laissé derrière eux pas loin de 100 sacs de déjections avant de rentrer sur Terre.

Cet automne, l’Arch Mission Foundation devrait lancer une campagne de crowdfunding pour collecter les échantillons ADN de personnes volontaires, destinés eux aussi à prendre le chemin des étoiles.

En outre, Spivack et ses équipes devraient envoyer de nouvelles archives codées dans de l’ADN synthétique. Un atout de taille, puisqu’une simple fiole de liquide peut contenir des téraoctets de données.

Source: Korii

La sonde israélienne Bereshit se prépare à alunir


La sonde israélienne se sert de ses moteurs pour réduire la distance de la lune et amorcer son alunissage.

Bereshit prenant un ‘selfie’ avec la Terre à une distance de 265 000 kilomètres au-dessus de la surface de la planète dans une photo publiée le 24 mars 2019. (Crédit : Bereshit)

Dimanche matin, après être entrée en orbite lunaire, la sonde spatiale israélienne a réussi à réaliser la première série de manœuvres pour ralentir et effectuer des orbites plus petites autour de la lune avant de tenter un alunissage sur le 11 avril dans la Mer de Sérénité.

Dimanche, tous les moteurs de Bereshit ont été allumés pendant 271 secondes, consommant 55 kg du combustible qui lui reste.

La manœuvre a permis de réduire la distance de la sonde par rapport à la lune de 10 400 kilomètres à seulement 750 kilomètres. Le point le plus proche dans son orbite est resté à 460 kilomètres de la la surface de l’orbite.

Dans les quatre jours qui restent jusqu’à la tentative d’alunissage, les ingénieurs vont réaliser une série de manœuvres pour transformer l’orbite elliptique actuelle de Bereshit en orbite circulaire à 200 kilomètres de la surface de la lune.

Jeudi, les ingénieurs de Bereshit ont exécuté la manœuvre la plus compliquée, un saut de l’espace parfaitement exécuté qui a permis à la sonde de la taille d’une voiture de passer d’une orbite autour de la Terre à une orbite autour de la lune – faisant d’Israël le septième pays dans le monde à réussir cet exploit.

Afin que la sonde réussisse à entrer dans l’orbite autour de la lune, Bereshit a dû ralentir de 8 500 kilomètres par heure à 7 500 kilomètres par heure. Même si cela peut encore sembler très rapide pour de simples humains, pour des ingénieurs, c’est l’équivalent orbital de piler sur les freins. Les ingénieurs ont accompli cela en retournant la sonde, de sorte que ses moteurs poussent dans la direction opposée, réduisant ainsi la vitesse.

Il a fallu environ neuf minutes aux huit différents moteurs pour lentement ralentir la sonde dans la bonne direction, et un peu moins de six minutes pour que les moteurs réduisent la sonde à la vitesse correcte.

Les Etats-Unis, la Russie (en tant qu’URSS), le Japon, la Chine, l’Agence spatiale européenne et l’Inde ont tous réalisé des orbites autour de la lune avec des sondes, mais seulement les Etats-Unis, la Russie et la Chine ont réussi à alunir ; les autres sondes ont perdu le contrôle et se sont écrasées à la surface.

Si Israël parvient à alunir le 11 avril comme prévu, il s’agira de la première fois qu’une expédition financée par le privé y arrive.

La sonde spatiale Bereshit a pris cette photo de la surface de la lune avec la Terre en arrière plan le 5 avril 2019. (Crédit : Bereshit)

La sonde à 370 millions de shekels (91 millions d’euros) est un programme commun entre l’ONG israélienne SpaceIL et les Industries aérospatiales d’Israël, financé presque entièrement par des donations de philanthropes juifs célèbres.

« Il y a un risque important pour que nous nous écrasions, a déclaré Ofer Doron, directeur général de la division espace des Industries aérospatiales d’Israël. C’est très dangereux, il est difficile de prédire si nous allons réussir ».

Au total, la sonde a voyagé presque 6 millions de kilomètres et il lui reste encore un demi-million de kilomètres à parcourir. C’est le voyage le plus lent et le plus long jamais effectué par une sonde vers la lune. La distance de la Terre à la lune est en moyenne d’environ 385 000 kilomètres.

En utilisant la force gravitationnelle de la terre et de la lune et en activant seulement les moteurs aux points les plus proches et les plus éloignés des ellipses, les ingénieurs ont pu réduire drastiquement le volume de combustible nécessaire pour le voyage. Le combustible représente toujours la majorité du poids de Bereshit. Au lancement, la sonde pesait un total de 600 kilogrammes, dont 440 kilogrammes étaient du combustible.

Bereshit, qui signifie « Genèse » en hébreu, a décollé le 22 février de Cap Canaveral en Floride au sommet d’une fusée Falcon 9 de SpaceX, compagnie privée et basée au Etats-Unis, de l’entrepreneur Elon Musk.

La capsule spatiale Bereshit exposée avant son lancement, le 17 décembre 2018. (Ariel Schalit/AP)

Le projet a été lancé alors qu’Israël est entré dans le défi Google LunarX pour que des groupes non-gouvernementaux lancent un vaisseau spatial vers la lune. Google a mis un terme à la compétition en 2018 sans avoir de vainqueur, mais l’équipe israélienne a décidé de continuer ses efforts de manière privée.

Si Bereshit réussit à alunir le 11 avril, le vaisseau spatial devrait mener deux ou trois jours d’expérience pour collecter des données sur les champs magnétiques de la lune avant de s’éteindre. Il restera sur la lune, peut-être jusqu’à la fin du système solaire, s’ajoutant aux environ 181 000 kilogrammes de débris produits par l’homme qui jonchent la surface lunaire.

Source: Times of Israël

La première sonde lunaire israélienne a commencé son voyage


Le premier atterrisseur lunaire israélien a été lancé jeudi depuis la base américaine de Cap Canaveral, en Floride, dans le cadre de ce qui est aussi la première mission lunaire financée par des fonds privés. Si elle réussit, l’Etat hébreu deviendra la quatrième puissance à faire alunir un engin après les États-Unis, la Russie et la Chine. Lire la suite