L’Allemagne réaffirme sa souveraineté contre l’Union Européenne


  • Cette décision apparemment obscure … a remis en question la légitimité de l’ordre juridique et politique supranational de l’UE … La décision de la Cour allemande marque une nouvelle étape dans le débat sur l’équilibre entre souveraineté nationale et souveraineté supranationale.
  • L’Union européenne est aujourd’hui engagée dans une lutte de pouvoir avec l’État membre le plus puissant, l’Allemagne. Cette querelle juridique menace non seulement la monnaie unique européenne, l’euro, mais l’UE elle-même.
  • « Le discours unilatéral et zélé que certains utilisent ici ne laisse pas d’étonner. A l’évidence depuis 50 ans, la Cour de justice européenne pousse pour que le droit européen prime sur le droit national ; mais sur la même durée, presque toutes les Cours constitutionnelles et toutes les Cours suprêmes nationales défendent leurs prérogatives. Tant que nous ne vivons pas dans un super-État européen, l’adhésion d’un pays est régie par son droit constitutionnel. » – Le juge Peter Michael Huber, membre de la Cour constitutionnelle allemande qui a contribué à la rédaction de l’arrêt.
  • « Il ne faut jamais oublier que l’Europe n’est pas un État fédéral, mais une communauté juridique qui s’est développée sur la base d’un noyau économique fondateur dans des domaines clairement limités par la souveraineté nationale. Toute souveraineté de l’Union européenne dérive de la souveraineté des États membres constituants. » – Klaus-Peter Willsch, membre du parlement allemand.

La Cour constitutionnelle allemande a rendu un arrêt sans précédent qui vise au cœur le pouvoir de décision de la Banque centrale européenne et de la Cour de justice des Communautés européennes.

Cet arrêt en apparence obscur qui réaffirme la souveraineté nationale sur les achats d’obligations de la Banque centrale européenne a remis en question la légitimité de l’ordre juridique et politique supranational de l’UE.

L’Union européenne est maintenant engagée dans une lutte de pouvoir avec son État membre le plus puissant, l’Allemagne. Ce conflit juridique menace d’anéantir non seulement la monnaie unique européenne, l’euro, mais l’UE elle-même.

Le 5 mai, la Cour constitutionnelle allemande (Bundesverfassungsgericht, BVerfG) a statué que la politique d’achat de dettes publiques de la Banque centrale européenne, une politique monétaire connue sous le nom de quantitative easing (assouplissement quantitatif), est illégale en vertu du droit allemand, car ni le gouvernement allemand ni le parlement allemand n’ont ordonné ces rachats.

Depuis mars 2015, la Banque centrale européenne a racheté 2 700 milliards d’euros de dette publique. A la même date, dans le but de stabiliser la zone euro pendant la crise de la dette souveraine européenne, cette même Banque centrale européenne a lancé un programme phare de relance, dit programme d’achat de titres du secteur public (public sector purchase program).

La Banque centrale européenne avance que ses achats massifs d’obligations d’État représentent un stimulus monétaire nécessaire au redémarrage économique de la zone euro. Les critiques rétorquent que ces achats d’obligations ont inondé les marchés avec de l’argent pas cher et ont encouragé les gouvernements à des dépenses excessives, notamment ceux d’Europe du sud qui sont déjà criblés de dettes.

L’arrêt en 110 pages de la Cour constitutionnelle allemande affirme que non seulement la politique massive de rachat de dettes de la Banque centrale européenne n’était pas justifiée, mais que ces achats n’ont pas respecté le « principe de proportionnalité » inscrit à l’article 5 du traité sur l’Union européenne.

Ce principe de proportionnalité qui est au fondement des pouvoirs que les États membres délèguent à l’UE, stipule qu’aucune action de l’UE ne saurait franchir les limites de ce qui est nécessaire pour atteindre un objectif quelconque.

La Cour constitutionnelle allemande a donc ordonné à la Banque centrale allemande de cesser sa participation au programme de rachat de dettes à moins que la Banque centrale européenne ne prouve, dans les trois mois qui suivent le jugement, la « proportionnalité » de son action. Sans participation allemande, le programme risque d’être interrompu.

La Cour allemande a également accusé la Cour de justice de l’Union européenne d’avoir « outrepassé son mandat judiciaire ». En décembre 2018, la Cour européenne a donné un avis favorable au programme de rachat de dettes de la Banque centrale européenne. Le tribunal allemand a déclaré que la décision de la Cour européenne était ultra vires (outrepassait son pouvoir) et devenait par conséquent non contraignante. La décision de la Cour constitutionnelle allemande pose un défi sans précédent à la Cour de justice de l’UE, la plus haute instance de l’Union européenne en matière de droit.

De par sa construction ou par défaut, la décision de la Cour allemande, prise et rendue publique au plus fort de la pandémie de coronavirus, a généré une extraordinaire incertitude financière, juridique et politique à un moment où l’Europe vivait un choc économique sans précédent.

L’Italie et l’Espagne, les pays de la zone euro les plus touchés par la pandémie, sont aussi les économies qui ont le plus besoin du soutien de la Banque centrale européenne, laquelle s’est récemment engagée à acheter 750 milliards d’euros supplémentaires d’obligations. Les experts économiques ont déclaré que si la Banque centrale européenne était contrainte de cesser d’acheter des obligations d’État, la perte de liquidité qui en résulterait pourrait mettre en défaut de paiement l’Italie et l’Espagne et conduire à l’effondrement de la zone euro.

Le jugement de la Cour constitutionnelle allemande marque une nouvelle étape dans le débat sur l’équilibre entre souveraineté nationale et pouvoir supranational. Compte tenu de l’enjeu, les responsables de l’UE ont marqué le coup. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’Allemagne n’avait aucun droit légal de contester l’UE et a menacé d’engager une action en justice :

« Le récent jugement de la Cour constitutionnelle allemande a mis en exergue deux sujets touchant à l’Union européenne : le système de l’Euro et le système juridique européen.

« Nous prenons bonne note de la déclaration très claire de la Cour de justice européenne du 8 mai.

« De même, la Commission européenne défend trois principes de base : que la politique monétaire de l’Union est une compétence exclusive ; que le droit européen prévaut sur le droit national ; et que les jugements rendus par la Cour de justice européenne sont contraignants pour les cours de justice nationales.

« La parole ultime sur le droit européen est rendue au Luxembourg.

« La Commission européenne a la tâche de sauvegarder le fonctionnement correct du système de l’Euro et du système juridique européen ».

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a fait savoir qu’elle n’était en rien découragée par l’arrêt de la Cour constitutionnelle allemande :

« Nous sommes une institution indépendante, responsable devant le Parlement européen, et nous agissons en fonction du mandat qui est le nôtre. Nous continuerons de faire tout ce qui est nécessaire … pour remplir ce mandat. Nous ne nous laisserons pas décourager. »

Dans un communiqué de presse, la Cour de justice des Communautés européennes a insisté sur la non-compétence de l’Allemagne :

« D’une manière générale, il est rappelé que, selon une jurisprudence constante de la Cour de justice, un arrêt rendu à titre préjudiciel par cette Cour lie le juge national pour la solution du litige au principal. Afin d’assurer une application uniforme du droit de l’Union, seule la Cour de justice, créée à cette fin par les États membres, est compétente pour constater qu’un acte d’une institution de l’Union est contraire au droit de l’Union. Des divergences entre les juridictions des États membres quant à la validité de tels actes seraient en effet susceptibles de compromettre l’unité de l’ordre juridique de l’Union et de porter atteinte à la sécurité juridique. Tout comme d’autres autorités des États membres, les juridictions nationales sont obligées de garantir le plein effet du droit de l’Union. Ce n’est qu’ainsi que l’égalité des États membres dans l’Union créée par eux peut être assurée. »

Dans une interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung, le juge Peter Michael Huber membre de la Cour constitutionnelle allemande, qui a contribué à la rédaction de l’arrêt, a répondu :

« Le discours unilatéral et zélé que certains utilisent ici ne laisse pas d’étonner. A l’évidence, la Cour de justice européenne pousse depuis 50 ans pour que le droit européen prime sur le droit national ; mais sur la même durée, presque toutes les Cours constitutionnelles et toutes les Cours suprêmes nationales ont défendu leurs prérogatives. Tant que nous ne vivons pas dans un super-État européen, l’adhésion d’un pays est régie par son droit constitutionnel. »

Huber a averti la Commission européenne que sa menace d’une action en justice aurait des conséquences :

« Une procédure d’infraction [action en justice] provoquerait une surenchère, qui aurait pour effet de plonger l’Allemagne et les autres États membres dans un conflit constitutionnel difficile à résoudre. À long terme, l’Union européenne en sortirait affaiblie pour ne pas dire mise en danger ».

Dans le Süddeutsche Zeitung, Huber a ajouté :

« La présidente de la Commission européenne, von der Leyen, estime que le droit européen s’applique toujours et sans aucune restriction. Elle a tort. D’autres États membres de l’UE estiment aussi que les constitutions nationales prévalent sur le droit européen.

« Le message adressé à la BCE est à dosage homéopathique. Cette institution ne devrait pas se considérer comme le « maître de l’univers ». Une institution comme la Banque centrale européenne, qui jouit d’une mince légitimité démocratique, n’est acceptable que si elle agit dans le cadre strict de ses attributions ».

Friedrich Merz, membre des conservateurs Démocrates-Chrétiens qui se bat pour succéder à Angela Merkel en tant que chancelier, a déclaré que la décision du tribunal allemand aura des conséquences d’une portée considérable:

« Ce jugement marquera l’histoire juridique européenne. La politique économique allemande devra s’inquiéter à l’avenir des conséquences négatives des programmes de rachat de dettes de la Banque centrale européenne. »

Martin Wolf, éditorialiste pro-européen, a affirmé dans le Financial Times :

« En l’absence d’autres programmes de soutien de la zone euro, les risques de défaillance ont bondi. En effet, les écarts de taux sur les obligations du gouvernement italien ont notablement augmenté depuis l’annonce de la Cour. Une crise pourrait avoir des effets dévastateurs ; et conduire peut être à une fracture de la zone euro.

« D’autres Etats-membres pourraient emboiter le pas de l’Allemagne dans son rejet du pouvoir juridictionnel de la CJE et de l’UE. La Hongrie et la Pologne sont des candidats évidents. Les historiens qui étudieront cette période pourraient considérer cela comme le tournant décisif vers la désintégration de l’Europe …

« Le point le plus clair est le suivant : la Cour constitutionnelle a décrété que l’Allemagne aussi pouvait reprendre le contrôle. En conséquence, elle a créé une crise potentiellement insoluble. »

Sur le très influent blog Tichys Einblick, Klaus-Peter Willsch, membre du parlement allemand, a écrit que l’arrêt de la Cour constitutionnelle avait fracassé les prétentions absolutistes de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et de la Cour de justice des Communautés européennes :

« Une chose ne doit jamais être oubliée : l’Europe n’est pas un État fédéral, mais une communauté juridique qui s’est développée sur la base d’un noyau économique fondateur dans des domaines clairement limités par la souveraineté nationale. Il n’est pas de souveraineté de l’Union européenne qui ne tire sa légitimité de la souveraineté des Etats membres. C’est pourquoi l’article 5, paragraphe 2, du traité sur l’Union européenne dispose :

« En vertu du principe d’attribution, l’Union n’agit que dans les limites des compétences qui lui sont conférées par les États membres dans les traités pour atteindre les objectifs qui y sont énoncés. Les compétences qui ne sont pas conférées à l’Union dans les traités sont celles des États membres. »

« J’en conclus que la critique de la décision des juges allemands les plus importants est non seulement inappropriée, mais aussi totalement infondée.

« La semaine dernière, notre Cour constitutionnelle a défendu les intérêts des citoyens allemands. Elle a rappelé à la Banque centrale européenne et à la Cour de justice européenne les limites de la loi applicable. Il nous appartient maintenant, en politique, d’accepter et d’appliquer avec satisfaction la décision de la Cour constitutionnelle fédérale au lieu d’accuser nos juges constitutionnels d’être devenus des ennemis de l’Europe ! L’État constitutionnel allemand vit et protège ses citoyens ! Nous devrions tous nous en réjouir ! »

Source: Gatestone Institute

L’UE veut contraindre Israël à abandonner ses plans d’annexion de pans de la Cisjordanie


« Nous ne sommes pas au stade de parler de sanctions »

L’Union européenne va lancer une offensive diplomatique pour empêcher Israël de poursuivre son plan d’annexion de certains pans de la Cisjordanie, a annoncé vendredi le chef de la diplomatie européenne.

L’Espagnol Josep Borrell a assuré que l’UE comptait utiliser « toutes ses capacités diplomatiques » pour tenter de dissuader le nouveau gouvernement israélien d’aller de l’avant avec ce projet, approuvé dans le cadre du plan de paix de Donald Trump.

Les pays de l’UE sont inquiets des conséquences d’une annexion qui, selon eux, violerait le droit international et nuirait aux chances de paix. Mais ils sont divisés sur les mesures à prendre contre Israël.

« Les positions au sein de l’UE sont différentes », rappelle Josep Borrell. Or toute sanction nécessite l’unanimité. « Nous ne sommes pas au stade de parler de sanctions », insiste-t-il.

« Tout le monde s’est mis d’accord sur la nécessité d’accroître nos efforts et nos pressions auprès de tous les acteurs concernés au Moyen-Orient », a-t-il déclaré à l’issue d’une visioconférence avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE.

« Nous sommes prêts à le faire et nous le ferons dans les prochains jours en utilisant toutes nos capacités diplomatiques afin d’empêcher toute sorte d’action unilatérale », a-t-il expliqué.

L’UE souhaite s’entretenir avec Washington, les pays arabes, Israël et les Palestiniens, a-t-il précisé.

Le nouveau gouvernement israélien doit prêter serment dimanche devant la Knesset. L’accord de coalition entre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et Benny Gantz prévoit l’annexion de parties de la Cisjordanie dès le 1er juillet. 

Le roi de Jordanie a menacé Israël vendredi d’un « affrontement majeur » en cas d’annexion de la Cisjordanie. 

Source: i24 News

Le choix d’Emmanuel Macron sur l’élargissement de l’UE fait grincer des dents en Europe


Défavorable à l’entrée de la Macédoine du Nord et de l’Albanie dans l’Union européenne, Emmanuel Macron s’est attiré les foudres de ses partenaires européens. Néanmoins, le sujet de l’élargissement devrait rapidement être mis de nouveau sur la table.

L’Union européenne, ou quand un clou chasse l’autre. A peine débarrassés, pour le moment, de la problématique du Brexit, après l’accord annoncé par le Premier ministre britannique et le président de la Commission européenne, les dirigeants européens font face à un nouveau casse-tête : l’élargissement de l’Union européenne (UE).

Les discussions se sont poursuivies tard dans la nuit du 17 au 18 octobre entre les dirigeants des 27 pays membres au sujet d’une possible adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord à l’UE. «Les débats ont été longs et difficiles», souligne une source diplomatique française auprès de l’AFP.

Sur ce dossier, Emmanuel Macron s’est attiré les foudres de certains de ses partenaires en bloquant, lors d’une réunion des ministres des Affaires européennes le 15 octobre à Luxembourg, l’ouverture des négociations d’adhésion avec les deux Etats. «C’est une lourde erreur historique», a regretté Jean-Claude Juncker, lors de la conférence de presse tenue lors du sommet européen le 18 octobre à Bruxelles.

Donald Tusk, président du Conseil européen, a jugé à l’issue des débats qu’il s’agissait d’une «erreur» de la part de la France que de s’opposer à ces pourparlers sur l’élargissement de l’UE car «une écrasante majorité des Etats membres soutient l’ouverture de ces négociations». Outre la France, le Danemark, l’Espagne et les Pays-Bas ont eu aussi refusé l’ouverture de discussions sur une possible adhésion de l’Albanie à l’UE. La France a en revanche été la seule à s’opposer à l’ouverture de négociations avec la Macédoine du Nord.

«Si l’UE veut être respectée, elle doit respecter ses engagements»

Il y avait pourtant une volonté forte de la part des institutions européenne d’entamer le processus d’élargissement. La future présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait salué avant le sommet «l’extraordinaire performance» réalisée par les deux pays ces dernières années, insistant sur la nécessité de «leur envoyer un signal fort».

Faute de signal positif, plusieurs dirigeants européens ont fait part, le 18 octobre au matin, de leur déception à l’égard du choix français. «Ne pas ouvrir les portes de l’UE serait une erreur étant donné que la Macédoine du Nord et l’Albanie ont fait ce que l’on attendait d’eux et c’est maintenant à l’UE de tenir parole. Beaucoup de choses sont dites à propos des valeurs européennes et il est donc important pour l’Europe de garder sa crédibilité dans cette affaire», a fait savoir la représentation polonaise au sein de l’UE sur Twitter.

Les partisans d’un élargissement de l’UE soutiennent que refuser l’adhésion de ces pays pourraient les pousser à se rapprocher de la Turquie, de la Chine et de la Russie, tous trois déjà très présents dans les Balkans. Zoran Zaev, le Premier ministre nord-macédonien avait argué que ses citoyens n’accepteraient pas toujours d’être éconduits, alors que le pays avait répondu aux exigences bruxelloises, notamment en changeant de nom afin de mettre un terme à la querelle avec son voisin grec.

«Tout le monde admet que la Macédoine du Nord a fait beaucoup : elle a changé le nom du pays, elle a changé sa constitution et a tout fait pour être invitée», a réagi le président lituanien Gitanas Nauseda. «Si l’UE veut être respectée, elle doit respecter ses engagements», a renchéri Jean-Claude Juncker.

L’Albanie : (vice) championne de l’asile en France

S’exprimant devant la presse lors du conseil des ministres franco-allemand, le 16 octobre, à Toulouse, Emmanuel Macron avait rappelé que la «région des Balkans occidentaux est totalement stratégique pour l’Europe» et qu’il fallait donc «l’arrimer» au Vieux Continent. Néanmoins, le président français avait précisé qu’il restait «des choses à faire avant d’ouvrir les négociations». Il a confirmé son propos ce 18 octobre lors d’une conférence de presse à la sortie du sommet européen : «Avant tout élargissement, sachons nous réformer.»

Car si Paris ne s’oppose pas sur le principe à un élargissement de l’UE, la secrétaire d’Etat chargée des Affaires européennes, Amélie de Montchalin, avait-elle appelé, dès sa sortie de la réunion des ministres des Affaires européennes, à «réformer» la procédure d’adhésion considérée comme «inefficace» et «frustrante». «Malheureusement, peu osent le dire publiquement», regrette une source diplomatique reprise par l’AFP.

Certains diplomates européens accusent le président français d’adopter ce positionnement pour des raisons de politique interne. En effet, la crainte d’un afflux d’immigrés en cas d’une plus grande ouverture des frontières n’est guère une perspective réjouissante pour les Français. Une réalité soulevée à demi-mots par le président de la République. «Comment voulez-vous que j’explique à mes concitoyens que le deuxième pays qui demande le plus l’asile [politique] en France, ce sont des gens qui viennent de l’Albanie», s’était-il demandé le 16 octobre. Selon les chiffre de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), 7 173 demandes d’asile en provenance d’Albanie ont été enregistrées en France 2018, plaçant ce pays au deuxième rang en la matière, derrière l’Afghanistan (9 577 demandes).

En Albanie également, le journal Tema a reproché, le 18 octobre, à Emmanuel Macron de vouloir «gagner en popularité en étant le président qui n’a pas permis l’élargissement et a fait des Albanais le symbole des migrants face aux xénophobes de Marine Le Pen».

Toujours est-il que le débat est loin d’être clos comme l’a confirmé le président du Conseil européen : «Nous reviendrons sur la question avant le sommet pour les Balkans occidentaux à Zagreb en mai 2020.» Le dossier devrait à nouveau être mis sur la table lors du prochain sommet UE-Balkans à Zagreb en Croatie prévu pour le printemps. L’ancienne république yougoslave, qui prendra la présidence de l’UE début 2020 pour six mois, a déjà annoncé vouloir faire de l’élargissement une de ses priorités.

Source: RT France

Brexit : Les négociations entre Londres et Bruxelles au point mort


L’Union européenne a donné jusqu’à la fin de la semaine au gouvernement britannique pour présenter un accord satisfaisant.

A trois semaines du Brexit, prévu le 31 octobre, les tensions entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ne cessent de grimper, Bruxelles accusant le Premier ministre britannique Boris Johnson de jouer avec « l’avenir de l’Europe ».

L’Union européenne a donné jusqu’à la fin de la semaine au gouvernement britannique pour présenter un accord satisfaisant permettant d’éviter le scénario tant redouté du « no deal ». Mais les deux partis ne cachent pas leur pessimisme. Après un entretien téléphonique, ce mardi, entre Boris Johnson et Angela Merkel, une source à Downing Street a jugé un accord « pratiquement impossible ».

Pour Bruxelles, Boris Johnson joue avec « l’avenir de l’Europe et du Royaume-Uni »

Selon cette source, la chancelière allemande a prévenu le chef du gouvernement conservateur qu’un accord était « extrêmement improbable » faute de nouvelles propositions de Londres prévoyant un maintien de l’Irlande du Nord britannique dans l’union douanière européenne. Ce que le Royaume-Uni refuse, son plan prévoyant simplement un alignement réglementaire, mais pas douanier, avec la République d’Irlande voisine, membre de l’UE. Il s’agit d’éviter le rétablissement d’une frontière physique entre les deux Irlande et de préserver la paix sur l’île, après plusieurs décennies de violences.

Sur Twitter, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, a accusé Boris Johnson de jouer avec « l’avenir de l’Europe et du Royaume-Uni » en se prêtant à un « stupide jeu de reproches » sur les responsabilités d’un échec des négociations.

« Nous restons ouverts à la finalisation d’un accord de Brexit juste mais il faut un gouvernement britannique désireux de travailler avec l’UE pour y arriver », a renchéri le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, sur le même réseau social.

« Maintenant nous devons voir quelque chose bouger du côté de l’UE »

De difficiles négociations se poursuivaient mardi à Bruxelles pour éviter un « no deal » le 31 octobre, sur la base d’un projet présenté mercredi dernier par Boris Johnson pour tenter de mettre fin au casse-tête de la frontière irlandaise. Le plan britannique a été rejeté en l’état par les Européens. Ils refusent le droit de veto que Londres souhaite accorder à l’assemblée et à l’exécutif nord-irlandais et les propositions pour les contrôles douaniers entre les deux Irlande. « Ces discussions atteignent un point critique. Le Royaume-Uni a fait un grand pas en avant et maintenant nous devons voir quelque chose bouger du côté de l’UE », a commenté un porte-parole britannique.

Londres avait tenté lundi d’apporter des clarifications. Mais selon une source européenne, « rien n’a bougé ». « A ce rythme-là, on voit mal comment on pourrait être prêt pour le Conseil » européen des 17 et 18 octobre, a dit une autre source. Arrivé au poste de Premier ministre fin juillet, Boris Johnson s’est engagé à sortir le Royaume-Uni de l’UE à tout prix le 31 octobre, malgré une loi le contraignant à demander un report si aucun accord n’est trouvé d’ici au 19 octobre, juste après ce sommet européen présenté comme celui de la dernière chance.

Source: 20 Minutes

« Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme » (Jacques Attali)


« L’islam n’est pas une menace pour la France ; il en est une composante depuis le 8ème siècle. »

« Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme. Les juifs et les musulmans, menacés tous les deux par lui, doivent s’unir face aux fantasmes du grand remplacement, » a tweeté vendredi le polytechnicien et écrivain Jacques Attali pour présenter son nouveau billet intitulé « Derrière le souverainisme, se cache trop souvent la haine des musulmans ».

« L’islam n’est pas une menace pour la France ; il en est une composante depuis le 8ème siècle. C’est même par lui, et par les philosophes juifs, que la pensée grecque est arrivée en France au tournant du premier millénaire. Et jamais le monde ne s’est mieux porté que quand Judaïsme, Chrétienté et Islam travaillaient ensemble à faire triompher la raison sur l’obscurantisme, » considère l’écrivain.

Selon M. Attali, les discours « hostiles aux musulmans de France sont mortifères, », se référant à celui d’Eric Zemmour à la Convention de la droite samedi dernier qui a provoqué la polémique dans l’hexagone.

« En particulier quand ils viennent de juifs », ajoute-t-il « qui devraient ne pas oublier que l’antisémitisme vise à la fois les uns et les autres. Il faut donc à tout prix dénoncer les discours délirants, d’Éric Zemmour, de William Goldnadel, ou même, dans de trop nombreuses de ses déclarations, d’Alain Finkielkraut ; et de tant d’autres ». 

« Il est triste de voir des descendants de juifs d’Algérie oublier le rôle magnifique que les musulmans algériens ont joué pour soutenir et protéger leurs parents, aux temps horribles de l’antisémitisme triomphant » poursuit-il.

L’avocat Gille-William Goldnadel a réagi aux propos de Jacques Attali dans un tweet.

« Tellement ravi de faire partie du top three avec Zemmour et Finkielkraut de la liste des honnis du contrefacteur Attali . Celui qui ferma les yeux par courtisanerie aux complaisances de Mitterand pour Bousquet , l’organisateur de la déportation des petits juifs français. »

Selon Attali, « la France n’est grande que quand elle est ouverte, accueillante […] dans le brassage et l’intégration d’idées et de familles nouvelles, venues enrichir la communauté nationale. »

Source: i24 News

Face aux sanctions américaines Paris promet des mesures de rétorsion en concertation avec l’UE


Si Washington applique courant octobre les sanctions annoncées le 2 octobre contre certains produits européens, le gouvernement français prévoirait des mesures de rétorsion, selon la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

«Evidemment nous prévoirons des mesures de rétorsion.» C’est ce qu’a fait savoir la porte-parole du gouvernement français Sibeth Ndiaye en réaction à l’annonce par Washington de potentielles sanctions sur certains produits européens. Paris agira en concertation avec l’Union européenne.  

«Nous avons toujours dit devant l’OMC que nous considérions qu’il vaut mieux trouver des solutions amiables plutôt que s’engager dans des conflits commerciaux», a ajouté Sibeth Ndiaye sur BFMTV et RMC, au lendemain de l’annonce par les Etats-Unis de l’instauration de tarifs douaniers punitifs en octobre. «Je regrette que nous soyons engagés dans cette guerre commerciale avec les Etats-Unis car, quand on se fait la guerre, on a assez peu de chances de voir la croissance collective augmenter», a également déclaré la porte-parole du gouvernement français.

Sibeth Ndiaye a portant refusé de préciser la forme que pourraient prendre lesdites mesures, car, selon elle, il s’agit là d’«une menace des Américains» et «pas [de sa] réalisation». «Nous avons toujours dit aux Etats-Unis, depuis plusieurs mois, que nous considérions qu’il vaut mieux trouver des solutions amiables plutôt que s’engager dans des conflits commerciaux», a insisté la porte-parole.

Des tarifs douaniers américains dès le 18 octobre

Les Etats-Unis ont annoncé le 2 octobre qu’ils allaient frapper 7,5 milliards de dollars de produits européens de tarifs douaniers punitifs, quelques heures seulement après avoir remporté une «grande victoire» à l’OMC dans l’interminable affaire des subventions à Airbus.

Ces taxes douanières seront imposées à partir du 18 octobre : 10% sur les avions importés de l’Union européenne et 25% sur d’autres produits, dont le vin, le fromage, le café et les olives, selon une liste publiée par les services du représentant américain au Commerce (USTR).

La majeure partie des sanctions sera appliquée aux importations en provenance de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne et du Royaume-Uni, «les quatre pays à l’origine des subventions illégales» accordées à l’avionneur européen, selon l’USTR.

Le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer a expliqué que Washington espérait entamer des négociations avec l’Union européenne afin de résoudre ce conflit au bénéfice des travailleurs américains.

La réaction du ministre français de l’Economie Bruno Le Maire ne s’est pas fait attendre. Selon lui, les Etats-Unis feraient «une erreur économique et politique» s’ils décidaient d’imposer ces sanctions tarifaires. Soulignant la volonté des Européens de faire redescendre les tensions, il a également affirmé qu’ils étaient prêts à «répondre de façon ferme» aux sanctions.

Source: RT France

Brexit: Boris Johnson dévoile son « offre finale » à l’UE


Le Premier ministre britannique Boris Johnson doit présenter devant le Parti conservateur mercredi son « offre finale » sur la sortie de l’UE, présentée comme à prendre ou à laisser pour éviter un Brexit sans accord dans moins d’un mois.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson doit présenter devant le Parti conservateur mercredi son « offre finale » sur la sortie de l’UE, présentée comme à prendre ou à laisser pour éviter un Brexit sans accord dans moins d’un mois.

Selon ses services, ces propositions formelles présentées lors de son discours du clôture du congrès de son parti à Manchester doivent permettre d’arriver à « un compromis juste et raisonnable ».

Mais « si Bruxelles ne noue pas le dialogue sur cette offre, alors ce gouvernement cessera de négocier jusqu’à ce que nous ayons quitté l’UE » le 31 octobre, ont-ils prévenu dans un communiqué.

L’objectif est de résoudre en particulier le casse-tête de la frontière irlandaise pour mettre fin à trois ans d’une saga qui a plongé le Royaume-Uni dans une profonde crise politique, sans un « no deal » aux conséquences économiques potentiellement désastreuses.

Ce plan, dont les détails qui ont fuité ont été accueillis froidement à Dublin, a été aussitôt commenté dans la presse britannique comme une dernière sommation aux Européens. C’est un « ultimatum » pour le tabloïd The Sun, une « menace » pour The Guardian tandis que The Telegraph s’interroge: « Les Européens veulent-ils continuer avec cette saga qui semble sans fin ? »

Deux frontières 

A 29 jours de la date prévue pour le départ du Royaume-Uni de l’UE, le temps presse pour trouver un accord de divorce.

Celui négocié par Theresa May, la prédécesseure de Boris Johnson, avait été rejeté à trois reprises par le Parlement britannique, mécontent notamment du « filet de sécurité » (ou « backstop » en anglais), mécanisme visant à éviter le retour d’une frontière en Irlande entre la province britannique du Nord et la république membre de l’UE au sud, après le Brexit.

Selon The Telegraph, la nouvelle proposition britannique prévoit que l’Irlande du Nord reste dans le marché unique européen jusqu’en 2025, tout en formant une union douanière avec le Royaume-Uni.

Il y aurait donc en quelque sorte deux frontières: des contrôles douaniers entre les deux Irlande et des contrôles réglementaires en mer d’Irlande, qui sépare la Grande-Bretagne de sa province nord-irlandaise.

« Ce ne sera certainement pas acceptable pour le gouvernement irlandais, mais aussi pour l’UE dans son ensemble », a jugé la ministre irlandaise des Affaires européennes Helen McEntee, sur la chaîne irlandaise RTE.

Sous sa forme actuelle, le « backstop » prévoit de maintenir le Royaume-Uni tout entier dans une union douanière avec l’UE, ainsi qu’un alignement règlementaire sur l’UE plus poussé pour l’Irlande du Nord.

La perspective du rétablissement d’une frontière entre les deux Irlande en cas de « no deal » inquiète particulièrement Dublin, qui y voit une menace pour la paix en Irlande du Nord, difficilement établie en 1998 après trois décennies de violences entre des républicains nationalistes (catholiques), partisans de la réunification de l’île, et loyalistes unionistes (protestants), défenseurs du maintien dans la Couronne britannique.

« C’est une partie très triste de notre histoire », a souligné le sénateur irlandais Neale Richmond, du parti du Premier ministre. « Si nous revenons à l’ère des contrôles douaniers, des divisions, à notre frontière (…) beaucoup de choses inquiétantes pourraient malheureusement arriver », a-t-il prévenu sur la BBC4, jugeant les propositions relayées dans la presse « extrêmement décevantes ».

« Réalisons le Brexit ! » 

Boris Johnson a prévenu qu’en cas d’échec des négociations avec l’UE, il ne demanderait « en aucune circonstance » de report du Brexit à Bruxelles. Une loi lui impose pourtant de demander un nouveau report s’il n’obtenait pas d’accord avec l’UE d’ici le 19 octobre, juste après le prochain sommet européen.

« Réalisons le Brexit! », doit-il dire devant les militants lors d’une prise de parole en fin de matinée, se présentant comme le sauveur du Brexit, voté en 2016 par 52% des Britanniques, face au leader de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, qui a refusé de prendre position en faveur du retrait ou du maintien.

Un appel du pied du dirigeant tory aux électeurs soutenant le « Leave » alors que se profilent des élections générales anticipées au Royaume-Uni. En précampagne électorale, l’exécutif a multiplié les promesses d’investissements dans les services publics.

Jusqu’ici, la stratégie de Boris Johnson a systématiquement été mise en échec par le Parlement, où il ne dispose plus de majorité. Les tensions avec les députés ont atteint un nouveau paroxysme la semaine dernière après l’annulation par la Cour suprême de sa décision de suspendre le Parlement durant cinq semaines.

Source: Challenges

L’UE s’écroulera-t-elle sous peu pour finir en guerre civile? De nombreux Européens le pensent


Un sondage montre que les citoyens européens ne pensent pas que l’UE puisse survivre. L’Union européenne s’effondrera dans 20 ans et pourrait même aboutir à une guerre civile, estiment même certains d’entre eux.

La plupart des Européens craignent que l’UE ne s’écroule au cours des 20 prochaines années et une personne sur trois pense qu’elle pourrait même sombrer dans la guerre civile, révèle un sondage réalisé par YouGov.

Plus de la moitié des électeurs de pays comme la France, l’Allemagne, l’Italie et la Pologne pensent que la désintégration du bloc d’ici 2040 est une «possibilité réaliste».

Leur verdict s’avère pessimiste alors que le soutien populaire accordé au projet européen atteint pourtant de nouveaux sommets sur tout le continent en raison du chaos provoqué par le Brexit au Royaume-Uni.

Les chiffres sont particulièrement impressionnants en Slovaquie (66%) et en France. Dans ce dernier pays, 58% des personnes interrogées pensent que l’UE risque fort ou très probablement de s’effondrer au cours des deux prochaines décennies.

Les Suédois, les Danois et les Espagnols sont les seuls à se montrer beaucoup moins pessimistes.

En France et en Pologne, près d’un tiers des personnes interrogées ont déclaré qu’une guerre entre les États membres de l’UE était possible dans les prochaines années.

Ce sondage a été réalisé auprès d’électeurs en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Autriche, en Slovaquie, en Roumanie, en Grèce, en République tchèque et en Pologne.

Source: Sputnik News

Cette banque qui pourrait déclencher une nouvelle crise financière mondiale


Le plus grand organisme de crédit de l’Union européenne (UE), la Deutsche Bank, pourrait se trouver à l’origine de la prochaine crise mondiale. Le Fonds monétaire international (FMI) a déjà reconnu cette banque allemande comme la plus grande menace pour le système financier mondial.

La Deutsche Bank, ce pilier de l’économie européenne, pourrait-elle connaître le sort de Lehman Brothers et quel risque représenterait sa faillite?

Un gouffre financier

Les problèmes de la Deutsche Bank sont apparus il y a plusieurs années, quand un trou de 12 milliards d’euros a été découvert dans sa balance financière.

Josef Ackermann, son président à l’époque, avait décidé de dissimuler cette réalité en falsifiant la comptabilité. Tout en présentant aux actionnaires de fausses informations, il affirmait que la banque disposait de fonds suffisants pour pallier toutes les difficultés. La publicité agressive déployée par la banque permettait également de maintenir l’image d’un établissement financier sûr et fiable, et, en grande partie, le soutien du gouvernement allemand.

Mais le trou financier de la banque s’est creusé, et la direction a engagé des mesures de plus en plus risquées pour redresser la situation. Ainsi, la banque s’est lancée dans les machinations avec le taux de référence Libor (avec la participation d’autres grands acteurs tels que les britanniques Barclays et Royal Bank of Scotland, la suisse UBS et la Société générale française). Quand cette information a fait surface, la Deutsche Bank a reçu une amende de 2,5 milliards de dollars, alors que l’agence S&P a revu à la baisse sa note de crédit de trois marches d’un coup, jusqu’à BBB+.

Après cela ont été révélés d’autres cas de fraude et d’abus, notamment avec les titres hypothécaires qui étaient vendus par la banque avant la crise de 2008, ainsi que des accusations de blanchiment d’argent. Par effet boule de neige, les montants des plaintes et les frais de justice ont grimpé, et, avec eux, les pertes.

L’éventuelle faillite de la Deutsche Bank a été évoquée pour la première fois par les analystes en 2013, quand l’établissement a reconnu avoir besoin de capitaux supplémentaires. Les responsables ont d’abord tenté de régler le problème en vendant 4,5 milliards d’euros d’actions. Puis il a été proposé aux investisseurs 8 milliards d’actions, mais avec une remise de 30% par rapport à leur valeur marchande, ce qui a suscité l’indignation de ceux qui avaient acquis ces titres plus tôt.

Deux ans plus tard, les tests de résistance ont mis en évidence que la Deutsche Bank manquait encore d’argent. Fin 2016, pour la première fois depuis la crise financière mondiale, la banque a rapporté des pertes nettes de presque 7 milliards d’euros.

Les titres dérivés, une «arme de destruction massive»

Au même moment, le FMI a qualifié la Deutsche Bank de «plus grande source de risque parmi les banques mondiales d’importance systémique». Depuis, on entend régulièrement des prévisions annonçant la faillite du plus grand établissement financier européen.

C’est le portefeuille gigantesque de titres dérivés, estimé à 46.000 milliards d’euros — soit 14 fois le PIB de l’Allemagne — qui est considéré comme la menace principale.

Par ailleurs, l’investisseur Warren Buffett a noté que les outils dérivés étaient «une arme de destruction massive qui se transforme, mute et se multiplie jusqu’à ce qu’un événement ne mette en évidence la toxicité de ces actifs».

De plus, la banque gère plus de 550 milliards d’euros d’épargnes. Les analystes craignent qu’à un moment donné, après une nouvelle annonce concernant les problèmes financiers de ce plus grand établissement bancaire allemand, les épargnants puissent commencer à retirer leur argent de leurs comptes, provoquant d’abord une crise de liquidités au sein de la banque, puis, dans l’ensemble, au niveau du système financier européen. Les troubles ne se limiteront alors pas au Vieux Continent, car le secteur bancaire allemand joue un rôle central dans l’économie mondiale. Par conséquent, la Deutsche Bank pourrait engendrer un effondrement général, de la même manière que l’américaine Lehman Brothers en 2008.

Et après?

L’un des scénarios à l’étude prévoyait la possibilité d’une fusion avec la Commerzbank, qui connaît elle aussi des problèmes. Mais en fin de compte les régulateurs allemands ont jugé cette opération inopportune puisque la fusion promettait des risques et des frais supplémentaires pour la deuxième banque d’appui de l’économie allemande.

«La fusion des deux banques-zombies ne créerait pas un «champion national», mais un zombie bien plus grand», a commenté l’agence de presse Bloomberg.

Les analystes constatent que la Deutsche Bank continue de dégringoler. Ses revenus diminuent, ses dépenses augmentent, sa popularité chute, alors que le coût pour attirer l’argent ne cesse d’augmenter. Les immenses amendes ne font qu’empirer la situation: en dix ans, elles ont dépassé 17 milliards de dollars au total.

En 2018, la réputation de la Deutsche Bank a subi un nouveau coup dur avec le scandale des Panama Papers, qui a découlé d’une investigation journalistique sur les possessions offshore des grands acteurs mondiaux. A tous ces problèmes s’ajoute la perte, l’an dernier, de 750 millions de dollars sur les ventes d’actions.

«La crise de la Deutsche Bank, provoquée par les erreurs et les délits financiers de sa direction, pourrait déclencher une crise économique mondiale. En réalité, la principale banque allemande est la plus grande entreprise criminelle allemande», affirme l’économiste américain William Black.

En même temps, ce dernier indique que la Deutsche Bank sera sauvée par tous les moyens: elle est trop importante pour faire faillite.

«Ce qui pourrait provoquer une autre crise économique. Si la plus grande banque du pays ne fonctionne pas entièrement, la troisième économie mondiale entrera certainement dans une récession. Et la même chose arrivera à l’UE», avertit l’expert.

Source: Sputnik News

La Suisse et l’Iran développent un canal de paiement pour contourner les sanctions US


La Suisse travaille sur son propre canal de paiement avec l’Iran pour contourner les sanctions états-uniennes et suit de près le lancement du mécanisme de règlement spécial (SVP) conçu par l’UE avec l’Iran, a annoncé l’ambassadeur suisse à Téhéran.

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